Mais où sont passés les responsables de la dette?

Un texte qui mérite votre attention.


Extrait de : Mais où sont passés les responsables de la dette?, CarlV,Les Echos, 04/08/2011

Comme d'habitude, il a fallu attendre que la Bourse éternue pour découvrir brutalement un problème ancien: la dette souveraine incontrôlée. Et bien sûr, le moment est venu pour les gouvernements de désigner des coupables de façon aléatoire pour détourner l'attention.

Mais où sont passés les responsables du désastre de la dette?

Cet article ne se contente pas d'élaborer une analyse, il essaie aussi de ne pas verser dans l'opinion et le jugement manichéens, et tente également de proposer certaines solutions.

Tout d'abord, de quelle dette parlons-nous? Au sens le plus large, de la dette de l'ensemble du monde occidental, que ce soit au niveau des Etats-Unis, de l'Europe ou du Japon. Nous vivons maintenant une crise de la dette souveraine, non plus la dette des particuliers ou des entreprises, mais la dette des pays.

Et cette crise pose immédiatement un problème de taille: une entreprise est "en général" soumise aux lois, et les particuliers le sont en permanence. Ils sont "contrôlés" et donc en cas de dérapage, soumis tôt ou tard à un rappel à l'ordre, qui peut même aller jusqu'à la procédure judiciaire de mise en faillite ou simplement de condamnation assortie de tout l'arsenal des moyens judiciaires émargeant au Code Civil.

Et c'est très bien ainsi: lorsqu'une banque dépasse les bornes par exemple en colportant des prêts "pourris" à ses clients, elle se fait tôt ou tard rattraper, la crise de la bulle immobilière de 2008 l'a bien démontré, et cela se termine par une faillite pure et simple ou par le versements de dommages et intérêts aux parties lésées. A fortiori lorsqu'un particulier se livre à la fraude aux dépens d'autres parties, comme l'affaire Madoff l'a illustré, il est bien évidemment condamné à de lourdes peines, et dans le cas de Madoff cela signifie la prison à vie.

Ceci n'est malheureusement pas le cas avec la crise de la dette "souveraine":

L'Etat n'est théoriquement pas contrôlé par une "autorité" supérieure, et de plus l'Etat fait les lois, donc les défait et les adapte à ses besoins le cas échéant.

Il ne viendrait à personne l'idée de contester que les deux exemples ci-dessus méritaient bien de telles sanctions, au minimum. Les pyramides d'argent sont illégales depuis des lustres et punissables de peines très sévères. Sauf quand c'est l'Etat qui commet le crime:

Depuis à peu près 30 ans, les Etats s'endettent uniquement pour rembourser leurs dettes précédentes, alors même que leurs dépenses continuent d'augmenter plus vite que leur recettes.

N'importe quel particulier ou entreprise se verrait purement et simplement refuser le moindre prêt dans ces conditions, mais pas l'Etat.

N'importe quel particulier ou entreprise n'aurait qu'une option pour sortir de l'ornière: accepter de ne pas dépenser plus que le montant des revenus, ou recettes, et même un peu moins pour provisionner le remboursement de sa dette antérieure.

Pas l'Etat: n'étant pas contrôlé, il a pu en même temps augmenter le montant des dépenses, et se surendetter au-delà de tout ce qui est imaginable. Mais toutes les histoires ont une fin, et un système économique ne peut résister longtemps aux lois physiques naturelles. Toutes les pyramides d'argent s'effondrent un jour, et en général d'un seul coup.

Nos gouvernants ont hypothéqué non seulement l'avenir de nos enfants, mais tout simplement la continuité du pays.

D'une façon quasi psychotique, ils ont joué avec l'argent du contribuable sans donner en retour, et maintenant toutes les techniques sont épuisées. La Grèce, l'Italie et le Portugal sont une fenêtre sur ce qui attend les autres pays occidentaux: au lieu de payer les erreurs commises et immédiatement équilibrer un budget sur base des recettes existantes, ces gouvernements ont choisi de faire payer la population, qui n'est pour rien dans leur mauvaise gestion des finances publiques depuis plusieurs dizaines d'années.

Et voilà bien l'erreur: non seulement le budget est toujours en déséquilibre, mais l'augmentation de la pression fiscale sur une population déjà à bout n'aura qu'un seul effet, une nouvelle diminution des rentrées fiscales, et une précipitation du ou des pays dans une dépression sans précédent.

Le problème avec la dette souveraine est double: il n'apparait pas dans ce thermomètre de l'économie qu'est la bourse, puisque par définition celle-ci basée sur les entreprises, pas les Etats. Donc cela permet de donner l'illusion de santé économique pendant un certain temps, mais celle-ci repose sur du sable...

Et de surcroît, la dette souveraine requiert du courage: celui d'équilibrer dépenses et recettes. Personne, dans aucun pays, n'a eu ce courage jusqu'à présent. Il est tellement plus facile d'accuser les autres, les "spéculateurs" chers à Sarkosy et Barroso. Ou les agences de cotation par exemple, qui au demeurant n'ont strictement aucun autre pouvoir que de poser un rating sur un rapport.

Quels spéculateurs, Messieurs?

Les petits épargnants? Impossible pour eux de faire bouger la bourse fut-ce d'un point. Non, eux doivent se contenter de perdre toutes leurs économies et plans de pension suite à votre gestion déplorable.

Les banques alors? Les banksters comme on les appelle aux USA. Mais c'est vous-même, gouvernements, qui leur avez prêtés en 2008 des milliards d'euros ou de dollars que vous n'aviez pas, étant vous-même sur-endettés.

Et qu'on fait ces banques avec l'argent prêtés par l'Etat?

Loin d'aider la petite entreprise locale, elles ont investi massivement en actions et
bons du trésor,
aux USA comme chez nous, provoquant un réveil de l'inflation des matières premières, augmentant la production de la planche à billets, augmentant de façon sensible le poids de la dette souveraine et, pire encore, provoquant des émeutes et guerres civiles dans un grand nombre de pays moins nantis, dont la population est incapable d'absorber l'inflation que vous avez créée à seule fin de ne pas régler le problème de la dette souveraine.

Ce problème n'est toujours pas réglé. La seule chose que nous savons, c'est que plus on attend, plus le "retour de bâton" sera douloureux. La dépression qui s'annonce et que VOUS, gouvernants, avez créée, ne sera pas due aux spéculateurs.

Elle sera due à des gouvernements qui mentent à leur population depuis des décennies, et qui refusent obstinément de réduire leur train de vie.

Mon tout petit pays, la Belgique, en est un exemple, juste un exemple: surendetté et au bord du gouffre financier, mais refusant de diminuer son train de vie: 6 gouvernements sur le même territoire microscopique, 7 parlements, 57 ministres, 1.250.000 fonctionnaires (sur un total de 4 millions d'actifs dans le pays, et je compte les fonctionnaires). Jusqu'à présent, rien ne bouge. Idem aux USA, l'accord sur la dette ne règle rien: il autorise simplement à dépenser encore plus, on a simplement relevé le "plafond"...

Idem au niveau de l'Union Européenne, dont les députés viennent de voter (pour eux-même...) une augmentation de la pension à 9.000 euros mensuels, qu'il toucheront dès l'âge de 50 ans. Pour eux, pas d'extension de la durée de cotisation jusqu'à 67 ans. Comment vont-ils financer cela? Lisez les articles de presse concernés: Barroso parle de plus en plus régulièrement d'une TVA européenne, qui viendra s'ajouter à la TVA locale.

La seule chose que nous pouvons prévoir, c'est que l'effondrement arrivera d'un seul coup. Sans prévenir


 

  1. gravatar

    # by Anonyme - 9 août 2011 à 16 h 57

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