Roche et Kruger préfèrent ailleurs !

En moins d’une semaine, deux investissements majeurs à l’extérieur du Québec.

Pourquoi ?

1.      Qui veut investir dans une province où la liberté économique est une des plus faibles de l’Amérique du Nord.

2.      Qui veut investir dans une province, quand nous lisons régulièrement dans les médias, corruption, copinage et collusion.

3.      Qui veut investir dans une province qui ne respecte même plus le droit de la propriété (Agence Revenu Québec).

4.      Qui veut investir dans une province qui n’a même plus d’argent pour réparer les infrastructures et en déficit structurel depuis plus de 11 ans.

Et j’en passe …

Chères provinces de plus en plus pauvres et de moins en moins attirantes pour les investisseurs étrangers.


Extrait de : Roche investit en Ontario: un «signal d'alarme» pour le Québec, Philippe Mercure, La Presse, 22 août 2011 Philippe Mercure

(Montréal) L'annonce de la multinationale pharmaceutique suisse Roche d'investir 190 millions de dollars et de créer 200 emplois en Ontario soulève des inquiétudes au Québec. La nouvelle ravive les discussions sur la stratégie du gouvernement Charest pour attirer les investissements, en plus de relancer le débat sur les fameuses «ententes secrètes» signées par l'Ontario avec les entreprises pharmaceutiques.

Roche a annoncé mardi dernier la création d'un important centre de développement pharmaceutique à Mississauga, près de Toronto, qui coordonnera les tests sur les patients effectués dans le monde entier. Pour certains observateurs, cette annonce montre que le Québec, jadis la plaque tournante de la recherche sur les nouveaux médicaments au Canada, perd du terrain au profit de l'Ontario.

Rappelons que Merck a fermé l'an dernier le plus ancien et plus important centre de recherche pharmaceutique de la région montréalaise.

«Je pense que cet investissement est comme un signal d'alarme, dit Mélanie Bourassa Forcier, professeure de droit pharmaceutique à l'Université de Sherbrooke. Il doit nous pousser à nous questionner sur l'efficacité de la stratégie biopharmaceutique québécoise et de la politique du médicament.»

Grâce aux «ententes secrètes» ?

L'annonce ontarienne ravive aussi le débat sur ce qu'on a appelé les «ententes secrètes», des contrats controversés que signent l'Ontario et l'Alberta avec les entreprises pharmaceutiques.

Ces provinces se sont entendues avec les multinationales pour faciliter l'inscription de leurs nouveaux médicaments sur la liste des produits remboursés par les régimes publics, souvent même si les bénéfices pour les patients n'en justifient pas totalement les coûts.

En échange de cet accès facilité au marché, les entreprises renvoient l'ascenseur aux gouvernements provinciaux en leur accordant des rabais sur les médicaments ou en promettant des investissements dans la province.

En mai 2010, le gouvernement Charest avait demandé à la Régie de l'assurance maladie du Québec d'enquêter sur les ententes ontariennes, dont les termes sont tenus secrets.

«C'est peut-être l'existence de ces ententes qui explique l'investissement de Roche en Ontario, dit Mélanie Bourassa Forcier, de l'Université de Sherbrooke. Mais on ne le saura jamais, parce que les ententes sont confidentielles.»

D'autres observateurs de l'industrie ont affirmé à La Presse Affaires voir un lien probable entre les «ententes secrètes» de l'Ontario et l'investissement de Roche.

Québec ne veut pas commenter l'investissement de Roche et refuse d'expliquer ses réticences à signer des ententes comme le font l'Ontario et d'autres provinces.

Quand tu es cassé comme un clou, tu n’as plus de marge de manœuvre.

Au ministère de la Santé, l'attachée de presse du ministre Yves Bolduc, Natacha Joncas Boudreau, se contente d'affirmer que chaque province a adopté des stratégies différentes et rappelle que «le Québec attire une part des investissements pharmaceutiques hautement supérieure à son poids démographique».

«En unissant leurs forces, le Québec et l'Ontario pourront rivaliser avec les plus grandes grappes en sciences de la vie du monde non pas en tant que compétiteurs, mais en tant que partenaires», dit de son côté le ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation.

L’Ontario préfère faire des ententes avec l’Alberta qui est beaucoup plus solide financièrement, que le Québec, qui a reçu plus de 120 milliards péréquation depuis 20 ans et vie toujours au crochet des autres provinces, vaut mieux faire des ententes avec un ‘Winner’ qu’un ‘Looser’.

À la Régie de l'assurance maladie, l'enquête sur les ententes secrètes en Ontario a peu progressé depuis 15 mois. «On est en attente d'information du gouvernement de l'Ontario», dit le porte-parole, Marc Lortie.

«C'est long, je suis d'accord avec vous», convient-il.

»Bonne nouvelle pour le Canada»

Montréal In Vivo, qui représente les entreprises de sciences de la vie de la région montréalaise, refuse de s'alarmer. Sa présidente, Michèle Savoie, souligne que le siège social de la filiale canadienne de Roche est en Ontario et qu'il est normal que ce soit là que l'entreprise investisse.

Mais, ça ne crée pas des ‘jobs’ payantes au Québec
(ceux qui paient des impôts).

«La décision de Roche n'était pas de savoir si on investit au Québec ou en Ontario, mais bien si on investit au Canada ou ailleurs dans le monde. Dans ce contexte, on considère que c'est une bonne nouvelle que l'entreprise a choisi le Canada.»

Mme Bourassa Forcier, qui partage ce point de vue, croit toutefois que le Québec doit se lancer dans une révision en règle de sa politique du médicament.

Il a été impossible de joindre Roche dans le cadre de cet article


Extrait de : Projet de Kruger à Memphis: le PQ dénonce la participation de la Caisse, Sylvain Larocque, La Presse Canadienne, 19 août 2011

Le Parti québécois a vivement dénoncé vendredi l'investissement de la Caisse de dépôt et placement du Québec dans un projet d'expansion de la papetière Kruger au Tennessee.

Le mandat de la Caisse est de «favoriser le développement économique du Québec et non pas la délocalisation des investissements de nos propres entreprises vers d'autres marchés», a tonné le député Nicolas Marceau, égratignant au passage le «manque de leadership et de cohérence» du gouvernement dans ce dossier.

Pas nécessairement vraie, la CDP est là, pour rentabiliser les fonds de retraite, même si certains sont insolvables, non pour satisfaire les egos des politiciens qui sont incapables de rendre la province compétitive.

Kruger a confirmé vendredi un investissement de 316 millions $ US dans son usine de Memphis, lequel accroîtra de 18 pour cent la capacité de production globale de l'entreprise montréalaise. Les autorités régionales ont consenti à Kruger des crédits d'impôts totalisant 45 millions $ US sur 15 ans.

La Caisse de dépôt prêtera 211 millions $ à Kruger pour l'aider à réaliser ce projet. Vendredi, le grand patron de l'institution, Michael Sabia, a défendu l'investissement en affirmant que la Caisse se devait d'appuyer le développement des entreprises québécoises, que ce soit dans la province ou à l'extérieur.

Or, une autre société d'État, Investissement Québec, tentait depuis des mois de convaincre Kruger d'effectuer son investissement à son usine de Crabtree, dans Lanaudière.

Pauvre Investissement Québec, déjà la province est une des moins compétitives de l'Amérique du Nord, mais notre voisin de proximité utilise leur monnaie de singe, pour délocaliser les usines vers les États-Unis, d'autant plus, leur bassin de population à satisfaire est nettement supérieur au Canada.

Ce sont les dommages collatéraux de la bataille monétaire qui est cours, le Québec ne peut y faire grand-chose, sauf regarder la parade passée.

Dans un communiqué publié vendredi, le chef de l'exploitation de Produits Kruger, Mario Gosselin, a tenu à rappeler que depuis 1997, l'entreprise a investi plus de 450 millions $ dans ses usines canadiennes, dont 230 millions $ pour la modernisation des installations de Crabtree. (Oui, mais il y a plus 14 ans).