Des récompenses pour les médecins qui prescrivent peu ?

Face au déficit abyssal de la Sécurité sociale en France, certaine suggestion serait de "récompenser" les médecins dont les consultations ne débouchent pas sur une prescription.

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L'explosion des médicaments

 

Il y a de plus en plus de consommation au nom de la prévention et, de ce fait même, on devient des malades à vie", souligne André-Pierre Contandriopoulos, professeur titulaire au département d'administration de la santé de l'Université de Montréal.

 

Ce dernier indique que les fabricants de médicaments exercent une pression énorme pour vendre toujours plus de pilules et ça marche. "Si on fait passer de
5 % à 10 % le pourcentage de gens qui ont de l'hypertension, ce sont des revenus garantis à long terme."

 

Surtout les personnes âgées

 

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En 2009-2010, le coût total du régime d'assurance-médicaments a été de 3,1 milliards $, soit 175 millions $ de plus que l'année précédente. Si une partie de la facture est assumée par les patients eux-mêmes, le gouvernement a tout de même dû allonger 2,2 milliards $, soit un peu plus que le coût de construction du futur CHUM.

 

Même si les 65 ans et plus ne représentent que le tiers des participants au régime public, ils représentent 60 % des dépenses. "Il y a de plus en plus de gens âgés, mais surtout de plus en plus de médicaments par personne. C'est ce qu'on appelle la polypharmacie", dit la Dre Cara Tannenbaum, spécialiste en gériatrie.

 

13 médicaments par personne

 

La spécialiste n'est toutefois pas contre les médicaments qui permettent de prévenir des infarctus ou les thromboses, ou de traiter le diabète. Elle croit toutefois qu'on doit s'interroger sur l'utilisation de plus en plus importante des médicaments. "On a une culture de prise de médicaments. Il y a des choix à faire. Il doit y avoir une gestion appropriée. Quelqu'un doit faire le calcul pour savoir s'il ne serait pas plus approprié, dans certains cas, de payer pour de la physiothérapie ou de la psychologie ", conclut-elle.


Extrait de : Des récompenses pour les médecins qui prescrivent peu ?, RTL.fr, 12/09/2011

Face au déficit abyssal de la Sécurité sociale, se pose la question de la quantité de médicaments consommés en France. La Cour des Comptes a réclamé jeudi dernier dans un rapport plus de rigueur dans l'accès au remboursement des remèdes comme dans la fixation des prix ou la maîtrise des prescriptions. Le député UMP de l'Hérault, Jacques Domergue, a aussitôt suggéré comme piste d'économies de "récompenser" les médecins dont les consultations ne débouchent pas sur une prescription. L'élu réclame une réflexion avec l'ensemble des acteurs pour encourager de telles pratiques.

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"En raison principalement d'une surcharge de travail, un certain nombre de médecins peuvent avoir la tentation de prescriptions systématiques alors qu'un dialogue plus approfondi dans le cadre d'une consultation plus longue avec les patients permettrait certainement de réduire de façon significative le nombre de prescriptions stériles (médicaments, biologie, radiologie, transports...)", juge le député UMP, par ailleurs professeur de médecine et chirurgien à Montpellier.

Sur 36 milliards d'euros de médicaments consommés en France en 2009, la dépense remboursée par l'Assurance-Maladie a représenté 26,8 milliards d'euros.

Face à une consommation de médicaments par les Français "exceptionnellement forte", la Cour des Comptes a réclamé jeudi dans un rapport plus de rigueur dans l'accès au remboursement des médicaments comme dans la fixation des prix ou la maîtrise des prescriptions.