L'économie mondiale dans une "nouvelle phase dangereuse cet automne

Robert Zoellick : le président de la Banque mondiale.


Extrait de : Pour Robert Zoellick, l'économie mondiale dans une "nouvelle phase dangereuse cet automne" AFP, La libre.be, 03/09/2011

"La crise financière en Europe est devenue une crise des dettes souveraines, avec de graves implications pour l'Union monétaire, les banques et la compétitivité de certains pays", a-t-il notamment déclaré.

L'économie mondiale va entrer dans une "nouvelle phase dangereuse cet automne", a estimé samedi à Pékin le président de la Banque mondiale (BM) Robert Zoellick, à l'ouverture d'une conférence sur l'avenir de la Chine à l'horizon 2030.

"La crise financière en Europe est devenue une crise des dettes souveraines, avec de graves implications pour l'Union monétaire, les banques et la compétitivité de certains pays",

a-t-il déclaré.

"Les Etats-Unis sont confrontés aux questions de la dette, des dépenses, de la réforme de l'impôt pour soutenir la croissance du secteur privé"

, a poursuivi le président de la Banque mondiale.

"Dans le contexte international actuel d'une croissance ralentie et d'une confiance affaiblie",

M. Zoellick a appelé la Chine à accélérer son passage d'une économie tirée par l'investissement et les exportations à un modèle accordant une plus large place à la consommation, à l'innovation ainsi qu'à

"l'intégration sociale pour surmonter la division entre citadins et ruraux".

"En juillet de cette année, le groupe Banque mondiale a classé la Chine dans la catégorie des économies à revenus moyens supérieurs. La Chine est bien positionnée pour rejoindre le groupes des pays à hauts revenus d'ici 15 à 20 ans à venir"

, a-t-il expliqué.

"Mais c'est une transition que seuls peu de pays ont accomplie - et malheureusement, beaucoup ont échoué",

a averti le président de la BM, qui se trouve en Chine jusqu'à lundi.

"Les pays à revenu moyen ne peuvent plus dépendre de modèles de croissance qui ont fonctionné lorsqu'ils étaient pauvres, sinon ils risquent de perdre dans la compétition avec les pays à bas salaires ainsi que vis-à-vis des pays à revenus élevés en matière d'innovation et de changement technologique", a-t-il encore dit.

Jugeant que "les responsables chinois savent ce qu'il faut faire", ils les a appelés à "transcrire leurs projets en actions".

Les partenaires commerciaux de la Chine, Etats-Unis en tête, demandent à Pékin une réévaluation du yuan ainsi qu'un meilleur accès au marché chinois afin d'équilibrer leurs échanges avec la deuxième économie mondiale.

"Les décisions en Europe, aux Etats-Unis, les décisions en Chine nous affectent tous", a souligné Robert Zoellick, selon lequel "le monde a besoin de moteurs de croissance".