La paie au mérite séduit

Vous avez tout à fait raison, M. le peuple, même si les syndicats s’y refusent, voir le dernier article.


Extrait de : La paie au mérite séduit, Annie St-Pierre, Le journal de Québec, 08/09/2011

Une grande majorité des Québécois souhaitent que le salaire des enseignants soit dorénavant basé sur leur performance en classe et que les profs incompétents soient congédiés par les directeurs d’école.

C’est ce qui se dégage d’un sondage réalisé par Léger Marketing à la demande de l’Institut économique de Montréal, et publié jeudi matin.

En plein cœur de la rentrée scolaire, cette enquête révèle que 67 % des Québécois désirent que la rémunération des professeurs ne soit plus fixée uniquement par le ministère de l’Éducation et par une convention collective mais plutôt avec une notion d’efficacité.

Ainsi, les meilleurs enseignants seraient mieux payés que leurs collègues moins performants, peu importe l’ancienneté ou le niveau de scolarité, comme c’est le cas présentement.

Cette volonté est particulièrement forte chez les hommes qui se sont prononcés à 73 % en faveur de cette réforme de la rémunération au mérite, comparativement à 61 % chez les femmes.

Auprès des francophones, 65 % appuient cette nouvelle forme de salaire orientée sur le succès en classe alors que les trois quarts de non-francophones interrogés sont d’accord avec celle-ci.

Si on veut rétablir l’imputabilité dans tous établissements publics, un jour, il faudra casser cette trilogie : Ancienneté, Permanence et Sécurité d’emploi. Ces paramètres ont été acquis par simple copinage entre syndicats et acteurs politiques, réduisant, la notion de l’imputabilité et d’efficacité, ce que les pays scandinaves ont très bien compris, d’ailleurs.

Convention collective : sont tellement contraignantes, qu'on n'arrive pas à donner les meilleurs services aux élèves.

L'ancienneté : favorise la rétention des professeurs sur des bases qui n'ont rien à voir avec la qualité de leur travail.

La convention collective, la loi en éducation, impose la règle du commun dénominateur, de la standardisation: tout le monde il est égal, tout le monde il est pareil, la direction de l'école fait comme si la compétence allait de soi en l'attribuant automatiquement à tous les permanents,
aucun système d'évaluation?

« Les Québécois réalisent que les enseignants ne sont pas différents des autres professions dans l’économie québécoises. Ils se demandent pourquoi on ne récompenserait pas les meilleurs et on pourrait ainsi recruter des bons enseignants qui ne sont attirés présentement par la profession en raison de la faiblesse des salaires », expose M. Germain Belzile, directeur de la recherche à l’Institut économique de Montréal.

Par contre, 23 % de l’ensemble des répondants à ce sondage s’opposent à verser des salaires plus élevés aux enseignants qui auraient des taux de réussite supérieurs.

La responsabilité

L’enquête de Léger marketing, faite entre le 22 et le 25 août auprès de 1 005 personnes, s’attarde sur les responsabilités confiées aux directions d’établissements scolaires à l’égard de leur personnel enseignant. Ainsi, 87 % des Québécois disent que les directeurs d’école doivent avoir le pouvoir de congédier les professeurs inefficaces, seulement 7 % s’y opposent.

Le sondage précise qu’une minorité de Québécois, seulement 39 %, sont en faveur d’accorder l’autonomie aux directeurs d’établissements en matière salariale. Davantage de répondants s’y opposent, soit 46 %, alors que 15 % n’ont pas d’opinion sur cette question.

« J’ai l’impression que la population est méfiante à l’égard des directions d’école. Les gens ont peur que ce soit des amis qui soient mieux payés et nous pensons que les répondants souhaitent des critères plus objectifs à cet égard », analyse M. Belzile.

Peut-être, mais il faut laisser l’attitude à la direction de l’école, attention, le comité de sélection et de rémunération, pourrait être composé du directeur d’école, du corps enseignants et les parents.

Si on veut que l’établissement public soit efficace, on doit transférer deux responsabilités majeures, l’organisation de travail et la rémunération.

La paie au mérite séduit


Extrait de : La CSQ réplique: «la paie au mérite n’est pas la solution», Agence QMI, 8 septembre 2011

La Centrale des syndicats du Québec croit que la formule de paie au mérite entraînerait des effets pervers dans le système scolaire du Québec.

 « Si quelqu’un trouve une étude à quelque part dans le monde qui prouve que la rémunération à la performance est une solution concrète, qu’on me l’apporte », a répliqué le président du syndicat qui représente les enseignants du Québec, M. Réjean Parent.

Il ment littéralement à la population.

J’invite M. Parent de constater la réussite des 6000 Charters Schools américains (écoles autonomes).

Instaurer un tel système de rémunération au Québec, tel que le souhaite la majorité des Québécois dans le sondage, nuirait plutôt à l’éducation des enfants, selon lui. « En se basant sur le succès des professeurs en classe, on ne peut pas tenir compte des difficultés scolaires des élèves et on crée de la concurrence malsaine entre les enseignants », a souligné le président du syndicat.

Nulle part dans le monde il n’existe une telle formule, a mentionné Réjean Parent, à l’exception de Singapour, où la performance est l’un des facteurs qui influencent le salaire des enseignants.

   Vraiment, ou il est ignorant ou il simule la bêtise.

Cahier spécial : Le modèle scandinave

 

Scandinave - Page d'entêteLes Scandinaves paient beaucoup d'impôts, ils exigent en échange des comptes publics équilibrés et des administrations efficaces, performantes, accessibles et transparentes.

 

La fonction publique est largement décentralisée et gérée comme des entreprises du privé : comptabilités équilibrées, mises en concurrences, contrats temporaires, primes de résultats, salaires individuels, évaluations permanentes et en cas de non-satisfaction, licenciement immédiat.

 

Une culture de résultat, aucun privilège particulier entre les employés du secteur public ou du privé tous sont logés sur la même enseigne, pour que l’État soit efficace, tout le monde est imputable.

« Au Québec, on a le meilleur système d’éducation dans le monde et payer les professeurs au mérite serait nier leur engagement professionnel et la qualité du corps professoral qu’on a », a-t-il dit.

Il ajoute qu’une formation de six semaines suffit pour envoyer un enseignant devant une classe dans certains États américains, ce qui est nettement loin des exigences québécoises.

Solution

Le président de la centrale syndicale propose plutôt de mieux organiser le système d’éducation en soutenant davantage les élèves en difficulté afin d’améliorer le bilan scolaire.

« Le problème actuel du système de rémunération des enseignants est qu’ils ne sont pas payés à la hauteur de ce qu’ils valent », a-t-il soutenu, en ajoutant que ce n’est pas par la paie au mérite qu’on réglera le décrochage au Québec.