La révolte contre l'UPA s'intensifie

La plupart des productions (porc, boeuf, agneau, céréales, productions émergentes) sont déficitaires année après année et ne survivent que par l'aide financière des gouvernements ou par des revenus d'appoint.

Nous sommes en général d'accord pour aider des secteurs industriels en crise qui, , mais dans une mesure raisonnable et à condition que cet argent serve à corriger les erreurs passées et à réorienter et restructurer ces industries de façon à restaurer leur rentabilité. C'est ce que le discours de l'UPA ne dit pas: soutenir oui, mais pour réorienter, pas pour continuer à produire à perte.

Un appel contre le monopole

 

Jean Pronovost maintient que cette exclusivité syndicale doit prendre fin.

 

Il considère qu'il y a de la place pour une variété assez importante de fermes au Québec. Il observe que « les plus petites d'entre elles, les plus spécialisées ou celles qui veulent utiliser des niches de marchés particulières trouvent difficilement leur place dans le système ».

 

Pour Jean Pronovost, l'UPA a été très utile aux agriculteurs. Toutefois, dans le contexte actuel, elle freine et restreint l'agriculture et ceux qui veulent en faire. À titre de comparaison, il affirme que protéger l'exclusivité de l'UPA serait comme exiger qu'il n'y ait qu'une seule chaîne de restaurants au Québec.

 

Source : UPA, Un appel contre le monopole


Extrait de : La révolte contre l'UPA s'intensifie, Jean-François Rousseau, Argent, 8 septembre 2011

La critique envers le monopole de l'Union des producteurs agricoles (UPA) prend de l'ampleur. Les regroupements d'entrepreneurs voulant mettre un terme au pouvoir de l'entité syndicale se multiplient.

Après la création de l'Union paysanne et de l'Union des agriculteurs libres (UAL), voilà que les Céréaliers du Québec ont lancé jeudi une campagne de financement pour la défense des producteurs agricoles désireux de demeurer maîtres de leur entreprise, sans la tutelle d’une organisation syndicale comme l'UPA, qu’ils jugent inefficace.

Le président des Céréaliers du Québec, Louis R. Joyal, a dénoncé le contrôle exercé par l’Union des producteurs agricoles sur le système agricole actuel. L'UPA est le seul syndicat reconnu par le gouvernement de Québec.

Selon lui, l'expérience vécue dans le secteur du blé de consommation humaine est la démonstration éloquente que le système agricole actuel ne peut plus durer.

« Actuellement, l'UPA nous offre des services que nous sommes obligés de financer alors que nous considérons qu'ils ne répondent pas à nos besoins », affirme M. Joyal.

L'organisation déplore notamment la mise en place d'une nouvelle structure de mise en marché du blé de consommation humaine. La bureaucratie entourant la création de l'agence de vente du blé en 2005 a fait exploser les coûts.

La tarification pour la mise en marché d'une culture est passée de 1 $ la tonne à près de 50 $ la tonne, ce qui a eu comme effet de diminuer considérablement la production de blé de consommation humaine, indique M. Joyal.

Dès l'année suivante, la création de l'agence, les agriculteurs de blé d'alimentation humaine ont en effet diminué leur production de 28 %.

Les Céréaliers du Québec estiment que plus de 25 % des agriculteurs de la province sont insatisfaits des décisions prises par l'Union des producteurs agricoles.

Les Céréaliers du Québec demandent des changements qu'ils estiment nécessaires pour la survie des fermes. « Combien de temps pourrons-nous encore endurer que l'entité syndicale accréditée [UPA] prenne des décisions qui sont contraires à nos valeurs, à nos droits et à la rentabilité de nos entreprises ? » a demandé le président Joyal.

Même s'il n'est pas obligatoire pour un entrepreneur agricole d'adhérer à l'UPA, nombreux sont ceux qui soulignent ne pas avoir beaucoup de liberté dans leur décision. Celui qui décide de ne pas payer sa cotisation syndicale perd divers avantages, dont une ristourne sur la taxe foncière.

En effet, le gouvernement du Québec rembourse près de 70 % du montant payé en taxe foncière si l'agriculteur a payé sa cotisation syndicale.

Belle méthode corrompue pour maintenir un monopole syndical,
vive les groupes d’intérêts ! Fou furieux

La contribution annuelle demandée par l'UPA s'élève en moyenne à 300 $ par entreprise agricole enregistrée.

Pour les Céréaliers du Québec, l’objectif est d’amasser 250 000 $ d’ici les deux prochaines années pour supporter des démarches politiques afin de changer la Loi sur les producteurs agricoles et la Loi sur la mise en marché des produits agricoles et agroalimentaires.