Le dilemme linguistique

Réponse de Michel Pagé sur l’article de M. André Pratte ‘Le dilemme linguistique


Cher M. André Pratte,

Vous écrivez ce matin dans votre éditorial que le recul relatif des francophones est "inéluctable". Après avoir fait preuve d'un degré étonnant de déni de la décroissance de la vitalité démolinguistique du français ( au Québec, et au Canada) voilà que vous versez dans le défaitisme!

MÉMOIRE PRÉSENTÉ À LA COMMISSION DES RELATIONS

La décroissance était annoncée depuis longtemps, résultat de paramètres effecteurs très clairs que décrivaient depuis longtemps les démographes ( depuis Messieurs M. Henripin, C. Castonguay, Marc Termote, etc. depuis les années 80) La situation a bien failli progresser utilement, mais c'était sans compter l'insoutenable insensibilité du gouvernement libéral Charest pour les questions linguistiques depuis 2003.

Les études "académiques" (IRPP, INRS, etc..) ou de l'OQLF hésitent ou évitent de proposer des solutions: elles décrivent, au politicien lucide et responsable de le faire. La décroissance future n'est pas inéluctable si les moyens cohérents sont utilement déployés, sainement déployés de manière à influer sur chacun des paramètres différentiels importants: immigration francophone qualifiée, francisation sérieuse tout azimut, francisation des petites PME, respect par l'Administration de la Charte de la langue française, respect par les institutions fédérales de l'emploi en français en sol québécois et de la capitale nationale (promesse NPD), système d'éducation intégral en français (ce qui n'est pas le cas à cause des écoles passerelles et de l'arrêt à la onzième année de l'enseignement en français (alors que le Canada anglais, les É.U, etc. obligent à l'enseignement en anglais jusqu'à 18 ans, la fin des douze années du High school...) et ainsi de suite. Je crois que le chapitre 6 du petit livre "Un passé, un destin ou l'avenir d'un peuple, ISBN 978-2-9812205-1-6 peut constituer un bon résumé consensuel de ce qui pourrait être fait dans les grandes lignes.

Bref s'il vous-plait, ne versez pas dans le défaitisme, n'entraînez pas diaboliquement les autres au défaitisme, après avoir tout nié: cette attitude ne serait ni utile ni utile, ou les deux à la fois. Je vous exprime qu'il n'y a pas de dilemme linguistique, mais que de l'ambiguïté; qu'un manque de conscience nationale, coeur et l'âme d'une société stable, viable et prospère.

Mes respects. Le plus positivement du monde.

Bien votre

Michel Pagé

Montréal


 

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    # by Anonyme - 26 octobre 2011 à 16 h 51

    octobre 2011/ Coalition :

    Parmi les développements récents ou annoncés qui méritent une protestation solidaire de tous les Canadiens-français et des Québécois et de l’Assemblée Nationale du Québec, nous relevons :

    1. la nomination d’un deuxième juge unilingue anglophone à la Cour Suprême (mi-octobre) ;
    2. la nomination d’un Vérificateur Général unilingue anglophone par le gouvernement conservateur (26 oct);
    3. Le projet de loi annoncé du gouvernement canadien attribuant plus de sièges à des provinces anglophones, ce qui réduirait le poids représentatif du Québec et de l’ensemble du Canada-français.

    Nous déplorons et dénonçons vivement que le Sénat, majoritairement anglophone et conservateur, ait déjà rejeté un premier projet de loi de Monsieur Y. Godin du NPD, franco-Acadien émérite défenseur des droits des francophones hors Québec et de l’égalité entre les deux langues officielles, visant à établir le principe que les juges de la Cour Suprême devraient être bilingues.

    Le respect de la dualité linguistique et nationale du Canada, et du Québec lieu central de la nation canadienne-française requiert un stricte respect de la Loi sur les langues officielles, et la totale et entière participation à égalité entre le français et l’anglais et la représentation canadienne-française au sein des institutions et du parlement canadien.
    M.P.