Le vote libre servirait la démocratie selon Pierre Paradis

La démocratie au Québec est une illusion pour le peuple.

On vous donne la permission de voter à chaque 4 ans, mais un premier ministre majoritaire devient un dictateur dans notre mode de scrutin.

Exemple flagrant : 80 % de la population demande une enquête sur la construction et il se fout de votre gueule, car il n’y a aucune loi constitutionnelle qui l’y oblige.


Extrait de : Le vote libre servirait la démocratie selon Pierre Paradis, Geneviève Lajoie, Journal de Québec, 19/09/2011

Si Jean Charest autorisait ses députés à voter librement à l’Assemblée nationale, la « démocratie » s’en porterait mieux, estime le rebelle député libéral Pierre Paradis.

Seul élu libéral à avoir enfreint la traditionnelle ligne de parti lors de l’adoption du projet de loi privatisant le parc du Mont-Orford en 2006, M. Paradis croit que ce serait une bonne chose que le Parti libéral du Québec emboîte le pas au Parti québécois et permette dans certains cas le vote libre en Chambre.

« Si c’est balisé correctement, je pense que ça servirait la démocratie », a-t-il affirmé au Journal, lors d’un entretien téléphonique. Toutefois, insiste-t-il, le vote libre ne doit pas être utilisé à toutes les sauces, il ne devrait pas être permis par exemple au moment de l’adoption du budget ou d’autres projets de loi à saveur économique ou constitutionnelle.

Un vote libre sous condition, pas fort !

Projet de loi 204

Votera-t-il avec son parti sur le controversé projet de loi Labeaume-Maltais sur l’amphithéâtre ? « Je n’ai pas trop de difficultés avec le projet de loi 204. À partir du moment où le premier ministre s’est commis de 200 millions de dollars, la grosse décision est prise et le fait que (le ministre) Laurent Lessard s’en vienne avec une loi pour étendre ça aux autres municipalités, ça fait en sorte que ce ne soit pas un traitement de faveur », précise le député de Brome-Missisquoi.

Pierre Paradis persiste à croire que la politique est un jeu d’équipe, (ou un jeu de magouillage) mais que les élus de l’Assemblée nationale devraient être plus libres concernant certains sujets plus régionaux par exemple. Le dossier sur lequel il s’est permis de déroger à la ligne de parti, c’en était d’ailleurs un de comté.

« J’avais fait des vérifications auprès de ma population qui était affectée. J’avais la moitié de la montagne dans mon comté. Un moment donné, il faut que tu te poses la question : est-ce que tu es le représentant de Québec dans ton comté ou le représentant de ton comté à Québec ? J’ai voté selon ma conscience. »

Même après toutes ces années, Pierre Paradis se souvient à quel point ce fut un moment éprouvant. « C’est difficile de voter contre la position de ton parti, c’est extrêmement difficile... et tu es seul », se rappelle-t-il.

Le député de Brome-Missisquoi, qui a été ministre dans le gouvernement de Robert Bourassa, se souvient que lorsqu’il a voté contre la ligne de parti en 2006, il avait dû rencontrer le whip en chef du gouvernement, Norman MacMillan à cette époque, pour s’expliquer.

Y avait-il eu des représailles ? « Norm est encore mon bon ami », a répondu M. Paradis, qui reconnaît tout de même que ça n’a plus jamais été pareil après et qu’il ne participe généralement plus aux caucus libéraux.

Est-ce que la « culture » du PLQ rend impensable un assouplissement de la ligne de parti et une ouverture au vote libre chez les députés ? « Si c’était ancré si fort que ça dans la culture du parti, j’aurais été expulsé... »