Les exportations d'Hydro sont moins rentables que jamais


Extrait de : Les exportations d'Hydro sont moins rentables que jamais, Hélène Baril, La Presse, 15 septembre 2011

(Montréal) Alors que Québec mise sur son or bleu pour renflouer ses coffres, les exportations d'électricité n'ont jamais été si peu rentables. Depuis le début de l'année, Hydro en aurait tiré un profit à peine supérieur à son coût de production.

«La marge bénéficiaire paraît mince», estime l'auteur de ce calcul, Olivier Charest, analyste en énergie de l'Association québécoise des consommateurs industriels d'électricité (AQCIE), qui regroupe les alumineries et les autres plus importants clients industriels d'Hydro-Québec.

Entre janvier et juillet, l'analyste a établi qu'Hydro-Québec a réalisé un profit net de 2,81 cents le kilowattheure sur ses principaux marchés d'exportation. C'est à peine supérieur à son coût moyen de production, qui est de 2,14 cents le kilowattheure.

Ce calcul repose sur les prix moyens observés dans les principaux marchés d'exportation d'Hydro-Québec, soit New York, la Nouvelle-Angleterre et l'Ontario, qui sont de l'information publique. Entre janvier et août, ce prix moyen a été de 4 cents le kilowattheure, duquel il faut déduire le coût du transport, les pertes d'énergie durant le transport et les frais de courtage, pour obtenir le revenu net de 2,81 cents le kilowattheure.

Hydro-Québec ne donne jamais cette information dans ses rapports annuels et trimestriels, déplore le porte-parole de l'AQCIE, Luc Boulanger. «Ce n'est pas normal qu'on doive avoir recours à des sources indirectes pour connaître la véritable rentabilité des exportations.»

Exacte, ce qui est tout à fait inacceptable, typique de la gouvernance au Québec, aucune transparence et imputabilité.

C’est vous, M. le peuple qui être le propriétaire d’Hydro-Québec et ils n’ont même pas la décence, de vous informer du niveau de rentabilité de leurs exportations.

Par contre, ils ont l’indécence d’augmenter les coûts tarifaires selon leurs humeurs.

Entre temps, on construit des barrages qui ne sont même pas rentables, uniquement pour le projet La Romaine, huit milliards $ seront dépensés pour construire quatre centrales, qui produiront 1550 MW.

Chaque kW/h provenant de ce complexe coûtera douze cents à produire. Or, Hydro-Québec ne peut espérer exporter de l'électricité à plus de cinq cents le kW/h en raison des prix actuels de l'électricité.

Huit milliards de dettes pour les futures générations, avec des projets qui sont non rentables, malheureusement IMPUTABILITÉ est un mot qui  a disparu dans les dictionnaires des politiciens québécois et des gestionnaires d'Hydro-Québec.

Tant qu’à être corrompu, allons-y gaiement !

La société d'État révèle parfois des chiffres sur la rentabilité de ses exportations, mais il faut insister pour les obtenir. Par exemple, à l'annonce de ses résultats du deuxième trimestre publiés le 26 août dernier, elle a affirmé avoir obtenu un prix moyen de 4,6 cents le kilowattheure sur les marchés d'exportation. Il est toujours question de prix moyen, jamais de profit net.

Ces chiffres «mêlent tout», selon Luc Boulanger, et ils ajoutent encore plus de confusion dans le débat où s'affrontent deux opinions: vaut-il mieux exporter ou utiliser l'électricité au Québec pour créer de l'activité économique?

Il n'est pas question d'exiger d'Hydro-Québec des informations stratégiques qui pourraient nuire à sa position concurrentielle, précise-t-il, mais plus de transparence est nécessaire pour se faire une idée des enjeux.

Surtout, quand c’est le peuple qui paie !

Depuis des années, l'Association québécoise des consommateurs industriels d'électricité affirme qu'il est plus avantageux pour le Québec d'utiliser son électricité pour créer des emplois plutôt que de l'exporter. Elle a déjà calculé que chaque kilowattheure utilisé par les entreprises grandes consommatrices d'électricité rapporte 14 cents en retombées économiques directes pour le Québec. Le kilowattheure exporté ne rapporte rien de plus que son prix de vente. Le Québec a tout à gagner à transformer son électricité en emplois, affirme l'ACQIE.

 «C'est encore plus vrai aujourd'hui avec un revenu d'exportation net inférieur à 3 cents le kilowattheure», soutient son porte-parole. «Si le Québec avait tout misé sur les exportations plutôt de continuer d'approvisionner les alumineries, comme plusieurs le réclamaient, on serait mal pris aujourd'hui», soutient Luc Boulanger.

La rentabilité des exportations d'Hydro est au plus bas en raison de l'économie chancelante aux États-Unis, des bas prix du gaz naturel qui déterminent le prix de l'électricité et de la force du dollar canadien, qui réduit les profits encaissés en dollars américains.

On savait très bien que les gaz de schiste allaient faire fondre les profits l’exportation pour multiples décennies, qu’a t’ont fait à la place  ?

On a créé des emplois et accru notre PIB pour bien paraître en camouflant des projets qui sont non rentables, comportement typique des politiciens carriéristes qui ne pense qu’à court terme.

On est dans une conjoncture difficile, reconnaît Luc Boulanger. «Mais quelles que soient les conditions du marché, la rentabilité des exportations décroît à mesure que la quantité exportée augmente. Il ne faut pas oublier ça.»