Nouveau plan de rigueur pour la Grèce

Voici un exemple d’un État providence qui a été irresponsable en pensant que l’argent pousse dans les arbres.

Par contre, en maintenant la Grèce sous respirateur artificiel, ça ne résout pas le manque de compétitivité, mais cela est une autre histoire.

Voici les conditions que la Troika a imposées pour la prochaine énième plan d'austérité.

Les retraites dorées et non dorées viennent de sauter, un plafond de 1 700 euros par mois vient d’être imposé.

Bien sur les syndicats et la population vont s’opposer, ils ont en partis raison, les maintenir dans un carcan économique pour sauver les banques allemandes et françaises, est très loin de satisfaire la faveur populaire.


Le secrétaire général en charge de la politique budgétaire a présenté dimanche dans un courriel envoyé à tous les ministères, les quinze commandements de la "troïka", concernant le secteur public, parmi lesquels :

·         L'interruption des conventions à durée déterminée ou indéterminée,

·         L'instauration du chômage technique dans tous les organismes publics,

·         Le gel des retraites d'ici 2015 et la fusion ou la fermeture d'une trentaine des organismes publics".

·         Il devrait notamment prévoir le départ de 25 000 fonctionnaires d'ici à la fin de l'année.

·         La mise en chômage technique de 70 000 autres

·         Un plafonnement des retraites aux alentours de 1 700 euros par mois.


Extrait de : Nouveau plan de rigueur, nouvelle grève générale pour la Grèce, LEMONDE.FR avec Reuters et AFP, 21.09.11

A l'heure où le gouvernement grec s'apprête à dévoiler le détail d'un énième plan d'autérité, censé permettre le déblocage d'une nouvelle tranche d'aide internationale, les syndicats du pays montrent une nouvelle fois les dents contre une politique accusée d'enfoncer durablement l'économie grecque.

Mercredi 21 septembre, les deux principales fédérations syndicales des secteurs public et privé appellent à une grève générale les 5 et 19 octobre.

"Nous nous battrons jusqu'au bout afin de faire échec à cette politique", a déclaré à Reuters Ilias Iliopoulos, secrétaire général de la centrale du secteur public Adedy. "On en a assez de la troïka [Union européenne, Fonds monétaire international et Banque centrale européenne] et de ce gouvernement." L'Adedy, qui avait dans un premier temps appelé à une grève de vingt-quatre heures pour le 6 octobre, a décidé d'avancer ce mouvement d'une journée pour s'associer à la contestation du secteur privé organisée par la fédération GSEE.

Depuis le début de la crise, en mai 2010, et la soumission de la Grèce à une austérité draconienne, l'Adedy et la GSEE ont observé plusieurs grèves générales et organisé des manifestations, émaillées souvent de graves incidents. L'Adedy et GSEE revendiquent quelque 2,5 millions d'adhérents, soit la moitié de la population active du pays.

DÉPART DE 25 000 FONCTIONNAIRES

Ces grèves sont annoncées alors qu'un conseil des ministres restreint était en train, à Athènes, de décider d'un nouveau train de mesures de rigueur, sous la pression des créanciers du pays (l'UE et le FMI), afin de combler le déficit abyssal des comptes publics et d'atteindre les objectifs budgétaires fixés pour 2011.

Selon le correspondant du Monde à Athènes, ce plan prévoirait notamment le départ de vingt-cinq mille fonctionnaires d'ici à la fin de l'année, la mise en chômage technique de soixante-dix mille autres et un plafonnement des retraites aux alentours de 1 700 euros par mois. Une augmentation de la taxe sur le fioul domestique est également annoncée, en plus du nouvel impôt sur les propriétés immobilières, hautement impopulaire dans un pays où 70 % des personnes sont propriétaires.

Les nouvelles mesures d'austérité interviennent alors que la Grèce va connaître sa quatrième année consécutive de récession en 2012, avec un recul de l'économie estimé à 2 %, alors que cela devait être l'année du retour de la croissance.

"HEUREUSEMENT QUE NOUS SOMMES SOUS CONTRÔLE"

"Devons-nous prendre des mesures supplémentaires d'austérité ? Oui", a déclaré le ministre des finances, Evangelos Vénizélos, avant la réunion, ajoutant que le pays avait besoin du soutien de ses bailleurs de fonds internationaux.

A l'opposé de la position des syndicats, Evangelos Vénizélos s'est félicité que le pays soit soumis au contrôle de la troïka de ses créanciers, voyant là le seul moyen d'éviter un nouveau dérapage budgétaire et de garantir la sortie de crise. Les défaillances grecques "ne sont pas un problème d'intentions mais de capacité, d'habitudes, de structures (...). Heureusement que nous sommes sous contrôle, car cela nous permet d'avoir du 'self-control', et nous sauve", a-t-il avancé, justifiant ainsi le tour de vis supplémentaire préparé par son gouvernement.

Le ministre s'exprimait devant le Parlement, au lendemain d'une téléconférence avec la troïka dont l'enjeu est le déblocage en octobre de la sixième tranche de huit milliards d'euros du prêt consenti en mai 2010 par la zone euro et le FMI. A l'issue de ces entretiens, la Grèce et la Commission ont annoncé le retour à Athènes la semaine prochaine de la troïka et se sont prévalus de "progrès" dans l'ajustement de la cure d'austérité administrée au pays.