Retraites de moins en moins dorées, sauf pour le secteur public


Extrait de : Retraites de moins en moins dorées, sauf pour le secteur public, René Vézina, les Affaires.com, 25-09-2011

RBC impose dorénavant à ses nouveaux employés un régime de retraite à cotisations déterminées, abandonnant le principe de prestations déterminées. En d’autres mots, c’est à ces salariés qu’il revient maintenant de gérer leur fonds – sans assurance de rendement.

Air Canada penchait vers la même stratégie pour son personnel au sol, mais un arbitre vient de trancher en faveur d’un régime hybride, empruntant à l’un et à l’autre des régimes. Mais la brèche est maintenant ouverte.

PLUS : La RBC abandonne son régime de retraite à prestations déterminées

Que voulez-vous ! Les gens vivent plus longtemps que jamais. L’économie est plus incertaine que jamais. Les régimes de retraite deviennent plus coûteux que jamais.

Devant l’évidence, la pérennité des régimes devient un enjeu central dans les relations de travail. Mais les ajustements ne surviennent que dans le secteur privé. Pas dans le secteur public.

Facile à comprendre : les régimes béton pèsent de plus en plus lourd sur le bilan des entreprises, surtout celles qui existent depuis longtemps. La Banque Royale et Air Canada, pour revenir sur celles-ci, doivent veiller à la retraite de dizaines de milliers de retraités. Elles y sont obligées en vertu du pacte qu’elles ont conclu avec leurs travailleurs, syndiqués ou pas. 

Mais les nouveaux joueurs, les nouveaux transporteurs aériens, par exemple, n’ont pas les mêmes obligations. WestJet n’existe que depuis quelques décennies. Les retraités sont encore rares. Le poids du régime n’est pas aussi pesant. C’est un avantage concurrentiel important.

De là cette remise en question qui gagne en intensité dans le secteur privé. Et le mouvement ne fait que commencer, parce que la volatilité des marchés rend de plus en plus difficile toute prévision réaliste sur les rendements à venir. Les entreprises redoutent forcément une détérioration des régimes, et la nécessité de devoir y injecter toujours plus de fonds pour protéger les prestations.

Mais dans le secteur public, toute discussion à cet égard est perçue comme un outrage par les travailleurs. Et les gouvernements n’insistent pas trop. Facile :  ils n’ont pas de concurrents, eux. Ils ne risquent pas de voir un concurrent profiter de la lourdeur de leur régime pour gagner des parts de marché. 

Et si le régime tombe en déficit, lesdits gouvernements comblent le manque à gagner… en refilant ultimement la facture aux contribuables, dont une partie croissante des taxes et impôts ira à solidifier la retraite des employés de l’État.

Dans un monde idéal, on n’aurait jamais à se préoccuper de cette affaire. Tout le monde travaillerait, tout le monde aurait droit à une retraite dorée… et tout le monde irait au ciel. Mais jamais, nulle part, dans aucun État, on n’a pu offrir cette garantie pour de bon. La réalité finit toujours par rattraper les illusions.

Tôt ou tard, le débat fera irruption dans le secteur public lui aussi. Mais en attendant, surveillez l’actualité : vous allez voir de plus en plus d’annonces de changements dans les régimes de retraite. Ce n’est que l’une des conséquences des turbulences profondes que nous traversons.


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