Transporteurs : une taxe à la congestion dès septembre

Des infrastructures délabrées influencent l’économie d’une province, une des variables de la liberté économique.

Transportation - 2

This component assesses the transportation infrastructure in each province including highways, urban transit, air, rail, and marine service. It examines the extent, use, accessibility, cost, and condition of each mode of transportation


Extrait de : Transporteurs : une taxe à la congestion dès septembre, Argent, 7 septembre 2011

Au moins trois transporteurs montréalais imposeront dès cet automne une nouvelle taxe à leurs clients en raison de la congestion automobile, a appris TVA Nouvelles.

Certains l’appliqueront même à partir du mois de septembre, en espérant que le reste de l’industrie suivra la tendance.

Ce n’est pas la première fois que les entreprises de camionnage parlent de leur volonté d’imposer une taxe sur le trafic, mais aucune d’elles n’avait confirmé jusqu’à maintenant qu’elle la mettrait en application dans les prochaines semaines.

Transport Robert et Groupe Guilbault, deux compagnies basées à Boucherville ont déjà contacté leurs clients en vue d’imposer la taxe d’ici la fin du mois. Transforce y penserait également. « Si un client veut absolument recevoir sa marchandise entre 8 h et 10 h par exemple, il devra payer un supplément », a expliqué Jean-Robert Lessard, vice-président au marketing pour Transport Robert.

Des pertes trop importantes

Salaire et carburant inclus, un camion coûte environ 75 $ l’heure. À cause de la congestion automobile à l’heure de pointe, l’industrie du camionnage perd plus de 80 millions $ par année, selon des données fournies par l’Association du camionnage du Québec. Ces estimations ne tiennent pas compte des chantiers routiers et des accidents. Le Groupe Guilbault affirme que ses pertes s’élèvent à un demi-million de dollars. Transport Robert les évalue à un million de dollars annuellement.

« On fait moins de livraisons à cause du trafic, donc ça prend un autre camion pour couvrir le reste », a mentionné Sylvain Martel, camionneur depuis 30 ans pour Transport Robert.

Des terminaux qui coûtent cher

Les transporteurs appréhendent aussi ce qui va se passer au cours des prochaines années dans l’ouest de Montréal avec les travaux prévus à l’échangeur Turcot et la possible reconstruction du pont Champlain.

Plusieurs transporteurs ont dû acquérir des bâtiments et des terrains dans le secteur dans le but de bâtir des centres d’opération ou des terminaux qui pourraient desservir uniquement cette région. Ainsi, les camions n’auraient pas à traverser la ville et le trafic pour se retourner au siège social, la plupart du temps situé sur la Rive-Sud, en banlieue de Montréal.

Les impacts pour les consommateurs

La taxe varierait en fonction des heures et des secteurs et aurait forcément une incidence sur le coût des produits puisque les clients pourraient être tentés de refiler la facture aux consommateurs.

Aussi, les transporteurs souhaitent de plus en plus livrer la nuit pour éviter les bouchons de circulation aux heures de pointe. Si cette tendance se développe, elle modifierait l’horaire de centaines d’employés au Québec.