5 milliards en salaires pour les médecins

Évidemment, nos médecins ne sont pas assez payés, c'est évident, ce sont les États-Unis qui ont commencé le bal, il y a quelques décennies avec faisant de la surenchère.

Les pays occidentaux ont suivi, puisque l'on parle de la mondialisation, pourquoi ne pas payer un médecin au salaire de 60,000 $ comme en Europe de l'Est.

Quel malheur ! il ne faut pas toucher leur privilège, un autre groupe d’intérêt qui maintient l’immobilisme en santé.


Extrait de : 5 milliards en salaires, Éric Lemay, Journal De Montréal, 14/10/2011 07h00

Pour la première fois de l'histoire, la paye des médecins du Québec a dépassé 5 milliards $. Si les médecins formaient un ministère, ils auraient le plus gros budget après la santé et l'éducation.

Cela représente plus que deux fois l'aide aux familles du Québec et un peu plus que le montant total versé aux universités et aux cégeps. Depuis cinq ans, la hausse de salaire moyenne des médecins a été de 9 %. Pendant ce temps, les autres travailleurs ont vu leur salaire varier entre 1,7 % et 3,8 % selon l'Institut de la statistique du Québec.

Évidemment, ils vivent sur un autre planète.

«On ne vole personne. On donne un service qui a une valeur. (Comme si le reste du monde, ne donne pas de valeur). Il y a cinq ans, on était payé la même chose que les gens paient pour leur garage. C'est normal qu'on paye les docteurs si vous voulez vous faire soigner», lance le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, le Dr Gaétan Barrette. Ce dernier estime que la rémunération moyenne des spécialistes est d'environ 180 $ l'heure.

En mai dernier, le Journal révélait que 57 médecins médeavaient gagné plus de 1 million $ en 2009-2010.

Plus de médecins et plus d'ouvrage

Une des raisons qui explique la hausse de rémunération est le rattrapage salarial obtenu par les médecins en 2007 et qui s'étendra jusqu'en 2016.

L'augmentation du nombre de médecins entre aussi en ligne de compte au cours des dernières années. Ce qui fait toutefois sauter la banque, c'est le fait que le nombre d'actes médicaux est en forte hausse.

Selon les données fournies par la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ), le nombre d'actes médicaux est passé de 84,8 millions à 96,5 millions entre 2009 et 2010. «C'est parce que la demande est là. Dans les années 1990, on contrôlait la santé par l'offre en mettant un plafond. On est maintenant à l'inverse, on a formé (des médecins) et on demande d'en faire plus. C'est le discours de l'accessibilité», indique le Dr Barrette.

Peut-être leur donner un salaire à la place ?

 

Le salariat médical dans le monde

 

Il est tout à fait étonnant, pour celui qui l'ignore, d'apprendre que 14 % des médecins québécois (internes, résidents, chercheurs, professeurs, médecins de médecine industrielle, d'hygiène publique, etc.) et 80 % des médecins des pays scandinaves (démocratiques, libres et prospères) sont salariés.

 

Source : Pour le salariat des médecins

La faute au vieillissement ?

Pour son homologue de la Fédération des médecins omnipraticiens, le vieillissement de la population joue un rôle important. «Les gens vivent plus longtemps et pas toujours en bonne santé. La médecine se complexifie et la rémunération est à l'acte pour la majorité des médecins», souligne le Dr Louis Godin.

Malgré tout, ce dernier soutient que les médecins québécois sont toujours payés environ 40 % de moins que leurs homologues du reste du Canada. De ce côté, il estime que le rattrapage d'ici 2016 devrait rétrécir l'écart.

Le Dr Godin continue toutefois de marteler que les membres de sa fédération ne sont pas assez payés par rapport aux médecins spécialistes. «C'est un enjeu de relève. Il reste des postes en formation qui sont vacants. Il y a bien des chances qu'on va regarder la façon d'apporter des correctifs à la hausse», prévient-il.

À la RAMQ, la part des coûts de programme consacrée aux médicaments et aux services pharmaceutiques a légèrement diminué depuis deux ans.