Faut-il avoir peur de la main-d’oeuvre asiatique ?,


Extrait de : Faut-il avoir peur de la main-d’oeuvre asiatique ?, Bernard Zimmern, Fondations IFrap, 12 octobre 2011

·         La crise financière actuelle a été causée par la politique monétaire laxiste des gouvernements et des banques centrales américaines et européennes qui ont favorisé la bulle immobilière et les subprimes aux USA ou l’explosion incontrôlée des dérivés financiers.

·         Mais la crise industrielle et celle des balances des paiements a sa source profonde dans le tsunami de main-d’œuvre très bon marché qui déferle du sud-est asiatique et dont les symboles sont les Chinois supplantant les travailleurs du Maghreb dans les travaux d’infrastructure, la construction d’un pont entre San Francisco et Berkeley dont tous les éléments sont construits en Chine et transportés par barges, les panneaux en verre les plus difficiles du musée du verre de Toledo coulés en Chine, etc. « Mon obsession est de créer chaque année 25 millions d’emplois nouveaux pour les Chinois », autant que tout l’emploi en France, avouait Hu Jin Tao, le Président chinois, à Georges Bush.

·         Si l’on ajoute le reste du sud-est asiatique, l’Indonésie, la Malaisie, le Vietnam, etc. c’est vraisemblablement le double qui déferle sur le marché mondial ouvert, par Internet, les avions gros porteurs et les porte-conteneurs.

·         Si cette thèse est exacte, la crise actuelle ne sera pas comme les crises « ordinaires », un mouvement de pendule, un excès de production comme l’illustre le célèbre cycle du porc, mais une crise qui va durer tant que les milliards d’êtres humains qui vivent encore avec moins d’1 euro par jour n’auront pas intégré le marché mondial comme producteurs et consommateurs.

·         Si c’est exact, la seule solution pour que l’Occident avancé garde ses emplois, se trouve dans le développement de produits et services qui n’existent pas encore et qui ne peuvent donc être copiés par les PVD. C’est le jeu joué grâce à des entreprises innovantes dans des domaines très différents comme Apple, BMW, Louis Vuitton ou L’Oréal.

·         C’est le jeu que devrait jouer la France sur une beaucoup plus grande échelle si elle cessait de se borner à des incantations au dieu Innovation et mettait en place la seule manière de transformer l’innovation en emplois : le financement massif par le privé de start-up.

Un raisonnement facile, mais drôlement compliqué à faire :

·        Premièrement les Chinois sont rendus aussi brillants que nous, il génère autant d’ingénieur que l’Amérique et l’Europe réunis.

·        Et les multinationales investissent en Chine car le développement coûte moins chers, car la main d’œuvre est dix fois moins chers, y compris les ingénieurs.

·        Troisièmement les multinationales n’ont aucune fidélité avec les pays d’origine, ils ne sont imputables qu’aux actionnaires.

Le discours était peut-être valable il y a dix ans, mais il est totalement dépassé actuellement.

Bienvenue, dans la réalité économique.


PS : Et pour ceux qui s’inquiéteraient d’une chute de la croissance chinoise, rappelons qu’ils ont urbanisé en quelques années 400 millions d’agriculteurs mais qu’il en reste encore 400 millions. Pékin n’en est qu’à son sixième périphérique…