Hydro a versé un milliard $ aux firmes de génie-conseil

M. les Québécois vous êtres les propriétaires d'Hydro-Québec, et vous êtres incapables de savoir si la société d'État est bien gérée.

La corruption n'est pas seulement liée à la construction, mais l'ensemble de la gouvernance du Québec.

La transparence est un principe fondamental pour réduire le phénomène du 3C : Collusion, Copinage et Corruption.


Extrait de : Hydro a versé un milliard $ aux firmes de génie-conseil, TVA Nouvelles, 5 octobre 2011

TVA Nouvelles a appris qu'Hydro-Québec a versé, entre 2000 et 2010, près d'un milliard $ à 21 firmes de génie-conseil québécoises pour la réalisation de plus de deux mille cinquante contrats.

Après analyse de ces contrats, qui ont été déposés au Parlement par la société d'État sur un ordre de l'Assemblée nationale, on arrive à la conclusion qu'un contrat sur quatre a été payé plus cher que lors de son attribution par Hydro-Québec; en moyenne, 43 % affiche des dépassements de coûts.

Autre donnée intéressante, 90 % de ses contrats attribués aux 21 firmes de génie-conseil l'ont été sans appels d'offres.

Parmi les plus importants contrats, celui du consortium Énergie Gérance Eastmain, composé des firmes de génie-conseil, Axor, groupe SM international, BPR et Dessau.

Un contrat de 300 millions $ pour gérer les travaux de construction des barrages sur la rivière Eastmain 1 A-Sarcelle-Rupert.

Entre 2000 et 2010, la firme de génie-conseil SNC-Lavalin a obtenu pour la réalisation de 117 contrats près de138 millions, 75 millions de plus que le montant prévu lors de l'attribution de ces contrats, un écart de 121 %.

Une situation qualifiée d'inquiétante par le Parti québécois.

« On a payé 200 millions de plus que prévu et on se rend compte que les contrats vont toujours aux mêmes firmes » s'étonne le député de Marie-Victorin, Bernard Drainville.

« Est-ce qu'Hydro-Québec est en train de faire la même erreur que le ministère des Transports a fait en se fiant trop sur les firmes de génie-conseil plutôt que de garder notre expertise à l'interne avec nos ingénieurs? » ajoute-t-il.

Dans les règles de l'art

Hydro-Québec affirme qu'il ne s'agit pas de dépassement de coûts.

La société explique qu'elle ne connait pas à 110 % l'ampleur de travaux à réaliser au départ. « On a la conception générale, l'ingénierie détaillée est réalisée en cours de projet » déclare Marie-Élaine Deveault porte-parole chez Hydro-Québec. « Ce sont des ajouts qui s'additionnent au mandat de la firme. Le montant final est prévu dans le budget initial », dit-elle.

Hydro soutient ne pas faire de favoritisme lors de la sélection des firmes. « Les firmes sont choisies plutôt pour leur capacité d'exécution des travaux, également pour la spécialité et la phase du projet auquel on est rendu c'est comme ça que se fait le choix des firmes » souligne Mme Deveault.

Le critique péquiste en matière d'Énergie reste perplexe et réclame plus que jamais l'intervention du vérificateur général chez Hydro-Québec.

« Il faut que le vérificateur général puisse aller chez Hydro-Québec sans demander la permission à Hydro Québec.

N'est-ce pas incroyable, le vérificateur est le chien de garde du peuple, mais il est incapable de vérifier la gestion de la société d'État, par contre Hydro-Québec n'a aucune gêne à augmenter les tarifs hydro-électriques sans avoir aucun souci si elle est bien gérée.

Deuxièmement, il y a beaucoup de contrats qui sont donnés de gré à gré, il faut remettre la concurrence dans l'octroi des contrats » ajoute le député Drainville, qui a l'intention de demander des comptes au ministre des Ressources naturelles.

Depuis 7 ans, le vérificateur général Renaud Lachance souhaite un élargissement de son mandat pour aller vérifier la gestion chez d'Hydro-Québec.

Une demande qui a toujours été refusée par le conseil d'administration de la société d'État.

Pas fort, comme transparence …