Jarislowsky: une révolution à prévoir aux États-Unis?

Corruption étatique : où le pouvoir politique est sous l’emprise des groupes d’intérêts.


Si les choses ne changent pas rapidement aux États-Unis, une tranche de la population pourrait bien décider de faire la « révolution » sous une forme ou une autre, pense Stephen Jarislowsy.

Le président et chef de la direction de Jarislowsky Fraser a en a fait l’affirmation alors que le mouvement Occupons Wall Street en est à sa quatrième semaine, et qu’il traversera au nord de la frontière demain à Toronto, Vancouver et Montréal.

À son avis, si le taux de chômage se situe officiellement à 9,1 %, environ 16 % de la population américaine est sans emploi. Et s’il est évident à ses yeux que le secteur financier n’a pas suffisamment été réformé, des modifications doivent aussi être effectuées au financement politique. Avec le système actuel permettant aux entreprises (et à Wall Street) de donner sans limites, les politiciens ne s’attardent pas aux véritables problèmes affectant les familles du pays.


De plus je reprends un article sur le libre-échange équitable par le président Jarislowsky Fraser, c’est un peu l’équivalent de la TVA Sociale par Arnaud Montebourg.


Extrait de : Il faut une taxe internationale pour rééquilibrer les écarts de salaire, dit Jarislowsky, Mathieu Lavallée . les affaires.com . 12-01-2011

Le président de Jarislowsky Fraser, Stephen A. Jarislowsky, serait en faveur d'une taxe sur les biens et marchandises, qui permettrait de rééquilibrer les différences salariales entre les pays.

Le financier a défendu cette idée lors d'un débat organisé ce midi à Montréal par le CIRANO visant à « repenser le commerce international ».

En fait, cela représenterait une façon de passer du libre-échange au libre-échange équitable, une idée qu'il avait déjà développée dans les pages de Les Affaires en novembre dernier.

« Le cuivre, le pétrole, le gaz naturel, toutes ces ressources ont le même prix partout sur la planète. En fait, il n'y a qu'une seule ressource qui n'a pas le même prix selon le pays où l'on se trouve, ce sont les salaires », a-t-il lancé devant l'auditoire rassemblé dans les locaux du CIRANO.

Concrètement, un bien de consommation qui serait fabriqué en Chine ou en Inde - des pays où les salaires sont beaucoup plus bas que dans les pays occidentaux - se verrait taxé lorsque vendu ici, aux États-Unis ou en Europe par exemple. Cette taxe annulerait alors les économies réalisées par les entreprises en payant des salaires plus faibles.

« La solution, c'est de réaliser que le travail humain 
est une ressource comme une autre », a-t-il précisé.

La taxe que M. Jarislowsky se refuse à qualifier de tarif – ce qui serait interdit par les règles actuelles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) – viendrait compenser le fait que cette ressource n'a pas le même prix selon les pays.

Cette mesure permettrait de protéger davantage d'emplois dans les pays développés, mais serait aussi favorable à la Chine, puisque cela créerait un contexte où Beijing n'aurait plus le choix d'augmenter la valeur de sa monnaie. Ce qui, ultimement, augmenterait plus rapidement le niveau de vie des Chinois, ajoute M. Jarislowsky.

Un tel système n'éliminerait pas la compétition entre les pays pour autant, soutient-il, mais la rendrait plus équitable alors que toutes les ressources pour la production de marchandises auraient le même prix. La compétition se déplacerait alors sur le terrain de la productivité et de l'efficacité par exemple, ce qui ne mettrait pas pour autant fin au phénomène de la délocalisation.

Un tel système de taxation pour diminuer le déséquilibre créé par les écarts de salaires devrait être mondial pour fonctionner, soutient-il, mais quelques exceptions pourraient s'appliquer à des pays comme Haïti pour leur permettre de se développer.