La 3D s’installe dans les blocs opératoires


Extrait de : La 3D s’installe dans les blocs opératoires, Aurélie Coulon, Le Temps, Jeudi20 octobre 2011

Grâce à un système de réalité virtuelle inédit, les neurochirurgiens des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) pourront mieux guider leurs instruments lors d’interventions dans le cerveau des patients

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Ouvrir moins tout en soignant plus efficacement: voilà l’enjeu de la chirurgie moderne. Celle du cerveau n’est pas épargnée. Grâce à un système inédit de visualisation en trois dimensions (3D), les neurochirurgiens des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) pourront mieux guider leurs instruments d’intervention dans le cerveau des patients. Ce projet, dit «3D-4D», a été présenté mercredi lors de la 5e Journée de l’innovation des HUG.

Le système correspond à un simple écran installé dans le bloc opératoire, qui génère des images 3D, visibles sans les lunettes spéciales.

Ceci se passe en temps réel, intégrant cette quatrième dimension (4D) à la visualisation 3D. «Le dispositif permet d’avoir, pendant l’acte chirurgical, une vision fidèle de la complexité des réseaux de vaisseaux sanguins», dit Vitor Mendes Pereira, chef de l’unité de neuroradiologie interventionnelle des HUG.

Opérations plus rapides

Plusieurs pathologies sont concernées. En particulier les anévrismes cérébraux, pouvant être responsables d’hémorragies. Un anévrisme correspond à un gonflement de la paroi d’un vaisseau qui risque de rompre sous l’effet de la pression sanguine. Pour prévenir cette situation, les chirurgiens introduisent un microcathéter dans une artère, au niveau de l’aine. Cet infime tube est acheminé, en suivant la «route» des vaisseaux sanguins, jusqu’au site de l’anévrisme. Y est alors déposé un stent, rouleau de grillage métallique d’un demi-centimètre de diamètre, qui va renforcer la paroi affaiblie et empêcher sa rupture.

La pose – très délicate – d’un tel outillage est réalisée aujourd’hui sous imagerie 2D et peut durer des heures.

«La même opération effectuée sous contrôle 3D réduira le temps de l’intervention»,

dit Vitor Mendes Pereira.

Pour le patient, cela signifie moins de temps en salle d’opération, donc une durée d’anesthésie écourtée et moins de risques de complications postopératoires. Surtout, le temps d’exposition aux rayons X, nécessaires pour produire les images, sera lui aussi réduit.

Un projet sur trois ans

Le «projet 3D-4D» suivra trois étapes de développement d’ici à 2014. Après la mise à l’épreuve du système informatique et son application à but diagnostic, le «guidage 3D» à des fins thérapeutiques devrait être opérationnel d’ici deux à trois ans.

«Cette installation, qui concerne pour l’instant la neurochirurgie, est une première en Suisse et pourrait rapidement s’adapter à d’autres domaines de la chirurgie»,

précise Osman Ratib, chef du département d’imagerie médicale.

Ce système, d’un coût total de 450 000 francs, est né d’un partenariat entre la Fondation Artères et le Mémorial A. de Rothschild.