La juge Charbonneau n’a pas à se mettre à genoux devant Charest, estime l'opposition


Extrait de : La juge Charbonneau n’a pas à se mettre à genoux devant Charest, estime l'opposition, Robert Dutrisac, le Devoir, 22 octobre 2011

Québec - Insatisfaite du volte-face de Jean Charest, l’opposition officielle insiste pour que le gouvernement soumette la commission présidée par la juge France Charbonneau à la Loi sur les commissions d’enquête.

«La juge Charbonneau n’a pas à se mettre à genoux devant le premier ministre
pour demander une modification du décret»,

estime le député de Verchères et porte-parole de l’opposition officielle en matière de sécurité civile, Stéphane Bergeron, qui commentait la décision du gouvernement Charest de permettre à la juge France Charbonneau de contraindre, à sa demande, les personnes à témoigner devant la commission qu’elle préside sur la collusion et la corruption dans l’industrie de la construction et sur le financement des partis politiques.

«Il faut mettre fin à ce vaudeville pour revenir à la loi qui régit l’ensemble des commissions d’enquête depuis 50 ans au Québec», a réclamé Stéphane Bergeron. La commissaire Charbonneau devrait obtenir le pouvoir de contrainte dès maintenant, selon lui. En outre, elle doit disposer du pouvoir d’un juge, ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle, a-t-il affirmé. La partie de l’enquête, qui porte sur financement des partis politiques, ne doit pas se dérouler à huis clos, mais en public, a-t-il réclamé.

«Ils ont patenté cette affaire-là uniquement parce qu’il y avait de la dissension dans les rangs libéraux et qu’ils ne voulaient pas que ça dérape sur le parquet du congrès», a avancé le député péquiste. Jean Charest «continue de gosser sa patente en fonction de ses impératifs politiques».

Pour la leader parlementaire de l’Action démocratique du Québec, la députée de Lotbinière, Sylvie Roy, Jean Charest a montré encore une fois qu’il n’a pas de respect pour les institutions.

«Même lorsqu’il recule devant la pression populaire, il trouve le moyen de manipuler nos institutions.

Jean Charest a lui-même écrit le décret créant sa parodie de commission d’enquête: c’est donc à lui de le modifier plutôt que de remettre ce fardeau sur les épaules de la juge Charbonneau.

Elle n’a pas à payer pour ses erreurs de jugement».

écrit Sylvie Roy dans un communiqué.