Les Québécois en colère


Extrait de : Les Québécois en colère, Rémi Nadeau, le Journal de Montréal, 21/10/2011

Jean Charest n’a pas réussi à calmer la grogne des Québécois en annonçant la tenue d’une commission d’enquête sur l’industrie de la construction.

Au contraire, deux Québécois sur trois estiment que l’exercice sera inutile, en raison du modèle retenu.

Au lendemain de l’annonce tant attendue, le verdict est sans équivoque.

Un sondage Léger Marketing/Agence QMI révèle que la vaste majorité des Québécois (66 pour cent) croient que l’exercice sera inutile.

Moins d’un répondant sur 10 pense que la Commission Charbonneau pourra mettre un terme à la corruption dans le domaine de la construction.

Pire encore, 79 pour cent des Québécois ne croient tout simplement pas à la sincérité du premier ministre lorsqu’il se dit déterminé à faire la lumière sur les allégations de collusion et de corruption.

« Il n’y a pas de doute que le peuple est en colère et que le premier ministre Charest est en train de perdre sa crédibilité », a analysé le président de Léger Marketing, Jean-Marc Léger.

Le peu qu’il en reste !

Congrès pas gagné d’avance

L’insatisfaction est telle, selon lui, que le chef libéral pourrait même essuyer des critiques des membres de sa propre famille politique ce week-end, lors du congrès du Parti libéral du Québec.

En redistribuant les résultats en fonction de la couleur politique des répondants, la firme de sondage conclut que 31 pour cent des partisans du PLQ ne croient pas non plus en l’utilité de la commission dans sa forme actuelle.

« Pour son congrès, Jean Charest est encore en contrôle, mais il demeure qu’il y a une fraction qui est insatisfaite et elle peut s’exprimer aussi », précise M. Léger.

Pas assez de mordant

 

À la lumière des résultats, il ne fait pas de doute que les Québécois sont déçus du peu de pouvoir accordé à la commission pour faire le ménage dans l’industrie de la construction et le financement illégal des partis politiques.

Une très grande majorité de répondants (86 pour cent) se disent insatisfaits que la commission ne puisse pas obliger des témoins à comparaître, et que son rapport ne pourra contenir aucun blâme.

« Ces deux éléments, tout comme le fait que l’ensemble des travaux ne soit pas public, ne passent vraiment pas dans la population », a indiqué M. Léger.

En fait, le seul argument évoqué par Jean Charest qui a su rallier les citoyens est la compétence de la juge retenue pour présider la commission.

Soixante pour cent des Québécois sont satisfaits de la nomination de l’honorable France Charbonneau.

Malgré tout, le président de Léger Marketing ne croit pas que les jeux sont faits pour le premier ministre.

« Sur la commission d’enquête, les gens ne le croient pas, mais en raison du fractionnement des partis d’opposition, un revirement peut encore se produire », conclut Jean-Marc Léger

Grâce à notre mode de scrutin uninominal qui est totalement dépassé d’ailleurs. Et nos 2 vieux partis ont toujours voulus maintenir, pour garder l’alternance du pouvoir.


Enquête publique construction