Manque d'investissements en innovation au Canada

Extrait de l’étude à la suite de l’article.


Extrait de : Une autre étude confirme le manque d'investissements en innovation au Canada, Radio Canada, 28 juin 2011

Les entreprises canadiennes perdent progressivement leur force d'innovation.

Selon un rapport du Conseil de la science, de la technologie et de l'innovation (CSTI), la part du revenu qu'elles consacrent à la recherche et au développement est en chute comparativement aux investissements corporatifs d'autres pays.

Le rapport, qui a été officiellement dévoilé mardi à Ottawa, suggère pourtant que les Canadiens sont particulièrement créatifs. « Un vaste bassin de talents, les efforts accrus du gouvernement et un niveau d'éducation supérieure n'empêchent pas la stagnation de la performance innovante du Canada », indique le rapport.

Le Canada est le pays du G7 qui consacre la plus grande part de son produit intérieur brut aux efforts de recherche et développement en milieu collégial et universitaire. Au pays, les étudiants canadiens et étrangers sont parmi les meilleurs en lecture, en mathématiques et en science. Ils génèrent ainsi un grand nombre d'idées et de projet d'affaires.

« Malgré la performance économique canadienne depuis deux ans, qui a dépassé celle de la plupart de ses partenaires commerciaux, les efforts consentis par les différents secteurs industriels n'ont pas été suffisants pour élever les investissements en recherche et développement à la moyenne du G7 », explique le rapport.

·         Le rapport du CSTI illustre qu'entre 2000 et 2007, les sommes investies en machinerie et en équipement par travailleur sont 25 % moins élevées que celles déboursées par les entreprises américaines.

·         Les investissements canadiens en technologies de l'information et en télécommunications sont également deux fois moins importants que ceux aux États-Unis, toutes proportions gardées.

Pourtant, le CSTI rappelle que la vigueur du dollar canadien constitue une occasion pour les entreprises d'importer de la technologie à meilleur coût.

Selon le rapport, les défies:

1.      sont de déployer les talents de manière efficace,

2.      d'investir davantage dans les technologies avancées,

3.      d'intégrer l'innovation dans la stratégie canadienne et

4.      en entreprises et d'accentuer les efforts pour assurer une meilleure prospérité aux Canadiens .


Extrait de l’Étude sur l’innovation canadienne.

Innovation Canada

Démographie :

Cependant, avant de pousser un soupir de soulagement, la population canadienne doit se préparer à s’attaquer aux défis structurels à long terme en ce qui concerne l’économie.

La croissance de la productivité est essentielle pour que la population active vieillissante et réduite puisse réussir dans l’économie mondiale hautement intégrée et concurrentielle.

Productivité :

La productivité du Canada continue d’accuser un retard malgré les réformes macroéconomiques censées améliorer la performance économique, et les économistes disent de plus en plus que le manque d’innovation au Canada contribue aux mauvais résultats sur le plan de la productivité.

Parmi les 33 économies avancées du classement de l’IMD, la croissance de la productivité au Canada se place au 24e rang.

Indicateurs :

Le groupe d’experts sur la mesure de l’innovation convoqué par la commissaire européenne chargée de la recherche, de l’innovation et de la science a publié un rapport en septembre 2010.

Le Groupe d’experts a présenté deux options.

La première était une liste de trois indicateurs de l’innovation :

1.      les demandes de brevets pondérées en fonction du produit intérieur brut (PIB),

2.      le pourcentage d’emploi pour les activités à forte intensité de savoir,

3.      ainsi que le pourcentage de la valeur des biens de moyenne et de haute technologie par rapport aux exportations et aux importations. 

La seconde était la part des entreprises innovatrices à croissance rapide dans l’économie.

Innovation des entreprises

Les ressources financières totales pour la R-D au Canada, en pourcentage du PIB, ont baissé de 2006 à 2008. La plupart des pays innovateurs ont augmenté la quantité de ressources consacrées à la R-D.

Dans L’état des lieux en 2008, on mentionnait que la quantité de R-D dans les entreprises au Canada était faible depuis 40 ans. Au Canada, l’intensité de la R-D dans les entreprises reste inférieure à la moyenne de l’OCDE et à l’intensité observée en Chine.

Dépenses intérieures brutes en recherche-développement

Les dépenses en pourcentage du PIB que le Canada consacre à la R-D sont inférieures à la moyenne des pays du G7.

Dépenses intérieures brutes en recherche-développement

La figure 2 montre que pour certains des pays qui font le plus de R-D, dont le Canada, les tendances du ratio DIRD/PIB pour les 10 dernières années varient. Au cours de cette période, les ratios ont considérablementaugmenté au Japon, en Chine et en Corée du Sud. Le Canada a enregistré une augmentation modeste.

Dépenses intérieures brutes en R-D de certains pays

Quel type de financement

L’évaluation révèle que, même si des données portent à croire que l’aide directe pourrait avoir une incidence légèrement plus grande sur les dépenses en R-D des entreprises, il semble que l’aide indirecte pourrait avoir des retombées un peu plus importantes. Dans le rapport, on conclut que les preuves empiriques sont encore trop ambiguës pour décider du type d’aide à privilégier.

Les programmes canadiens de crédits d’impôt pour la R-D sont parmi les plus généreux du monde, mais le Canada est tout de même en dessous de la moyenne de l’OCDE pour ce qui est des dépenses en RD par les entreprises.

Financement public indirect

 

Financement public direct de la R-D des entreprises

Un certain nombre de pays dont les entreprises dépensent plus en RD offrent davantage daide à la RD grâce au financement direct.

La figure 8b montre le financement public direct de la R-D des entreprises dans un groupe de pays de l’OCDE.

Le financement direct peut attirer le financement privé.

Les fonds publics peuvent, par exemple, compléter les fonds privés afin d’appuyer des initiatives d’entreprises qui s’harmonisent aux priorités du gouvernement.

Structure industrielle du Canada et R-D effectuée par les entreprises

Certains affirment que le peu de DIRDE du Canada est un reflet de la structure industrielle du Canada. La structure industrielle du Canada explique-t-elle le peu de DIRDE par rapport aux pays les plus innovateurs?

Dans l’ensemble, le peu de R-D des entreprises s’explique en partie par l’importance relative au Canada des industries qui ont tendance à moins investir dans la R-D. Par exemple, le secteur de l’extraction de matériaux énergétiques est relativement important au Canada.

Dans ce secteur ,l’investissement dans l’innovation de produit et de procédé a toujours nécessité plus de dépenses en capital que dans la R-D, et il n’a pas toujours été pris en compte séparément.

Comparaison et composition des économies

Importance de l’élément étranger dans l’industrie canadienne du C-R

Saisir les occasions

Bien qu’en 2010 on ait pu observer la première augmentation annuelle du niveau d’investissement depuis 2007, les investissements demeurent faibles et les activités de financement sont au plus bas depuis 16 ans.

Par conséquent, il est plus impératif que jamais de profiter des possibilités. Même si le Canada a comme voisin les États-Unis, qui ont la plus grande industrie de C-R du monde, il se classe au 8e rang des pays où les États-Unis ont injecté des fonds.

Un sondage réalisé en 2007 par Deloitte & Touche montre que 40 % des investisseurs américains croient que, de tous les pays avec lesquels ils font affaire, le Canada est celui dans lequel les investisseurs reçoivent le pire traitement.

Le sondage faisait aussi état du très faible rendement des investissements de C-R canadiens. Surmonter les obstacles réglementaires, comme l’élimination des exigences en matière de production de rapports conformément à l’article 116 de la Loi de l’impôt sur le revenu (telle qu’annoncée dans le budget fédéral de 2010), et améliorer le rendement des investissements canadiens (par la promotion des investissements à l’étape d’expansion84) pourrait permettre d’améliorer la positiondu Canada dans ce domaine.

Financement par emprunt des petites et moyennes entreprises

Bien que le C-R joue un rôle important dans le financement de l’innovation, plus de 180 000 PME canadiennes ont reçu du financement par emprunt en 2007 (une moyenne d’environ 0,26 million de dollars par entreprise), alors que seulement 404 entreprises ont reçu du financement par C-R la même année (une moyenne de 5,1 millions de dollars par entreprise)85. Environ 13 % des PME ont faitune demande de financement auprès d’une institution en 2007, et près de 51 milliards de dollars ont été accordés.

Conclusion

Même un grand bassin de talents et les efforts accrus du gouvernement, du secteur de l’enseignement supérieur et de certaines industries ne parviennent pas à empêcher la stagnation du rendement général du Canada en matière d’innovation.

Cette conclusion est basée sur une évaluation des indicateurs qui mesurent non seulement les dépenses en RD, mais aussi dautres facteurs, et se reflète dans le ralentissement de la croissance de la productivité dans bon nombre d’industries.

Malgré une performance économique globale qui a dépassé celle de ses principaux partenaires commerciaux au cours des deux dernières années, le niveau d’effort actuel des secteurs d’exécution du Canada ne suffit pas à élever ses dépenses en RD à la moyenne du G7.

Le Canada a vu chuter ses dépenses en R-D en pourcentage du PIB. Les dépenses en RD de la Chine et de la Corée ont dépassé la forte croissance de leurs PIB respectifs (figure 2).

La faible participation du secteur privé du Canada à la R-D limite le rendement général de l’innovation. Bien que la R-D dans l’enseignement supérieur continue d’augmenter, les dépenses en RD des entreprises baissent depuis 2006 en chiffres absolus(figure 4).

De plus, les dépenses en RD des entreprises canadiennes dans de nombreuses industries sont faibles selon les normes internationales. Des données de l’OCDE pour 2005 montrent que, dans le cas de 8 industries canadiennes sur les 16 qui ont fait l’objet d’un suivi, les dépenses en R-D des entreprises sont moins élevées que la moyenne de l’OCDE pour les mêmes industries.

En dépit d’efforts considérables, nous n’atteignons pas nos objectifs. Compte tenu d’une période de restrictions gouvernementales à venir à l’échelle mondiale, le Canada a l’occasion de progresser, pourvu que l’industrie lance le mouvement. Les partenaires de l’industrie (dont les gouvernements, le secteur de l’enseignement supérieur et les institutions de recherche) devront favoriser une hausse de rendement en adaptant, en consolidant et en simplifiant les instruments et les mécanismes stratégiques, afin de permettre la collaboration avec le secteur privé en matière d’innovation. L’état des lieux en 2012 mesurera les résultats de ces efforts.