Mêlez-vous de vos affaires!

Le commentaire de Richard Martineau sur la protestation de Wall Street est approprié, de plus, j’ai apprécié le commentaire d’un blogueur.


Extrait de : Mêlez-vous de vos affaires!, Richard Martineau, Le journal de Québec,  11 Octobre 2011

Sur le site de CNN, cette semaine, le spécialiste des nouveaux médias Douglas Rushkoff pourfend les commentateurs qui regardent de haut les citoyens qui participent au mouvement « Occupons Wall Street ».

RAS LE BOL GÉNÉRAL

« C’est vrai, les dénonciations, les exigences et les objectifs des manifestants qui occupent Wall Street sont multiples, écrit-il. Il est question de la protection de l'environnement, de la corruption, du chômage, des écarts de richesse grandissants, etc. 

« Mais ce mouvement décentralisé rassemble des individus provenant d'horizons variés.
Ces gens sont-ils en mesure de définir avec précision la nature des problèmes auxquels ils sont confrontés et les moyens de les résoudre ? Non, pas encore. 

« Mais ni plus ni moins que le Congrès ou le président de ce pays… »

En d’autres mots : oui, ce mouvement est incohérent et tire à boulets rouges sur tout ce qui bouge. Mais il est le reflet d’une écoeurantite générale.

Les gens ont l’impression de se faire fourrer, et ils en ont ras le cul. 

Ils ne savent pas ce qu’il faut faire pour améliorer le système. Mais une chose est sûre : ils savent qu’il faut faire les choses AUTREMENT.

SIGNE DE SANTÉ MENTALE

C’est exactement ce que nous ressentons au Québec. 

Pourquoi les électeurs québécois ont-ils décidé en bloc de lâcher le Bloc et de se tourner vers le NPD ? Parce qu’ils voulaient essayer autre chose. 

« La folie est de toujours se comporter de la même manière et de s’attendre à des résultats différents », disait Einstein. 

Après 20 ans de Bloc et 30 ans de guéguerre Québec-Ottawa, les électeurs ont eu le goût de soutenir une autre formation pour voir si on n’allait pas avoir un résultat différent.

Pour reprendre les mots d’Einstein, c’est peut-être un signe de santé mentale. 

« ÉCOUTEZ NOUS ! »

Avant d’apporter des réponses concrètes à des problèmes particuliers, il faut tout d’abord poser des questions, amorcer un dialogue.

C’est ce que propose le mouvement « Occupons Wall Street » (qui se déplacera à Montréal le 15 octobre). 

Ce n’est ni un mouvement de gauche, ni un mouvement de droite. C’est un mouvement populaire qui lutte d’abord et avant tout contre l’immobilisme.

« Bougez à droite ou bougez à gauche, mais bougez, simonac ! Parce que là, on s’en va directement dans un mur… »

Regardez les politiciens : vous pensez qu’ils ont trouvé la réponse aux problèmes qui assaillent la société québécoise ? 

Vous croyez qu’ils ont trouvé LA solution ? 

Non. Ils ne sont pas plus éclairés que nous. 

« Occupons Wall Street », c’est le peuple qui dit aux politiciens : « Nous voulons faire partie des discussions. Nous avons nous aussi des choses à dire. 

« Parce qu’à chaque fois que VOUS prenez des décisions, c’est NOUS qui écopons… »

ON SE LÈVE DU SOFA

Je n’ai pas un orgasme pas dès que j’entends le mot « citoyen ».

Mais je trouve qu’il y a quelque chose de sain dans ce mouvement.

Depuis le temps qu’on dit que les gens ne se mêlent pas assez de leurs affaires, on n’est pas pour faire la fine bouche maintenant qu’ils se lèvent de leur Lazy-Boy et demandent des comptes !


Blogueurs :

Commentaire de: Serge Champetier

M. Martineau rejoint assez bien les sombres pensées qui m'animaient cet après-midi, alors que je revenais du travail à vélo (ma trop modeste contribution à la sauvegarde de notre planète). 

Ce sentiment de ruine, de condamnation, d'effondrement inéluctable de la société québécoise. Sentiment d'échec face à une société qui peine à intéresser ses garçons à l'éducation. Sentiment de dégoût envers l'hypocrisie de nos politiciens (SURTOUT les libéraux, mais pas qu'eux). 
Une société québécoise qui ne sait plus comment réduire un appareil étatique obèse et dépensier, comment sévir dans un domaine de la construction infestée par les malfrats, comment remttre à leur place des forces syndicales à la conception douteuse de ce qu'est la solidarité. 

Sentiment de pitié aussi, envers les jeunes générations qui auraient mérité mieux que de récolter la facture d'une génération boomer qui ne voit pas plus loin que leur régime de retraite, leur chalet et leur voyage annuel dans le Sud. Des jeunes qui auraient bien aimé rêver, eux aussi, à un avenir meilleur.

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