Montréal: Quelle incurie d’insouciance et d’irresponsabilité !

Les dépenses en hausse de 5%.

Théoriquement  les taxes foncières vont augmenter d'au moins 2,5%.

Mais, en oubliant de mentionner les hausses :

·         Une taxe sur les investissements dans l'eau, ce qui s'est traduit par une hausse de 1,2%.

·         Une taxe sur la voirie, portant la hausse globale à 4,3%.

·         Une taxe d'agglomération de 45$ sur l'immatriculation de chaque véhicule.

·         Ce qui donne une augmentation réelle de 5 %.

·         «La Société de transport de Montréal n'est pas en reste. Elle augmente ses tarifs plus vite que son ombre. Elle les a haussés pendant 13 années consécutives, sans donner un seul répit aux usagers.»

Freiner la hausse des dépenses de la Ville est difficile, a reconnu Michael Applebaum, oui, drôlement difficile quand tu ne veux pas confronter les syndicats.

Typiques du copinage entre le pouvoir politique et syndical, que vont-ils faire ?

Réduire les services, mais entre-temps nos employés municipaux ont des avantages sociaux et charges sociales de 50 %, avec des retraites dorées insolvables payées par le peuple à 70%.

Quelle incurie d’insouciance et d’irresponsabilité!

Coût de la fonction publique municipale au Québec

Employés municipaux coûts

Source : Montréal: la fonction publique la plus chère au Québec

 


Extrait de : Nouvelle hausse d'impôt foncier en vue à Montréal, Pierre-André Normandin, La Presse, 26 octobre 2011

À deux mois du dépôt de son budget 2012, l'administration Tremblay prévoit déjà devoir augmenter les taxes foncières d'au moins 2,5%. Cette hausse ne tient pas compte des investissements nécessaires pour rénover le réseau souterrain de distribution d'eau, ce qui risque de faire gonfler la note de 1,2% supplémentaire, a reconnu Michael Applebaum, président du comité exécutif.

L'administration municipale a présenté ses orientations budgétaires, mercredi. Selon les prévisions, le budget de la Ville de Montréal continuera à augmenter plus rapidement que l'inflation en 2012. Celui-ci devrait se chiffrer à 4,8 milliards, en hausse de 5%.

Malgré cette hausse des dépenses, Michael Applebaum a promis de «limiter la hausse des taxes foncières à l'inflation, soit 2,5%». Il y a toutefois un «mais» majeur: «Cette hausse exclut les investissements dans l'eau», a précisé le président du comité exécutif.

Au début du mois d'octobre, le directeur du Service de l'eau de Montréal, Réjean Lévesque, prévoyait déjà avoir besoin en 2012 d'une augmentation importante des investissements dans le réseau souterrain qui fuit à un rythme alarmant. Il avait évalué à 1,2% la hausse de taxe nécessaire pour ce seul poste budgétaire.

En conférence de presse, Michael Applebaum a reconnu que «si M. Lévesque vient et dit que c'est important qu'on continue à investir parce qu'il y a des fuites d'eau et un danger pour la population, alors, on va prendre une décision». Le directeur du Service de l'eau doit être entendu demain matin par la Commission sur les finances qui prépare actuellement le budget.

Questionné sur un éventuel gel des taxes foncières, Michael Applebaum a pouffé de rire. «Ce n'est pas possible. Pendant quelques années, la Ville a gelé les taxes foncières et nous travaillons pour rattraper ce retard. Il faut comprendre que nos dépenses augmentent constamment: régime de retraite, masse salariale, carburants, chauffage. Si nous n'augmentons pas nos taxes en suivant l'inflation, c'est clair que nous devrons réduire nos services.»

En 2010, l'avis d'imposition moyen a augmenté de 4,3%. Considéré seul, l'impôt foncier a augmenté de 2,5%. La Ville a toutefois dû augmenter ses investissements dans l'eau, ce qui s'est traduit par une hausse de 1,2%. De plus, Montréal a introduit une taxe sur la voirie, portant la hausse globale à 4,3%. En plus de cette augmentation, la Ville a introduit une taxe d'agglomération de 45$ sur l'immatriculation de chaque véhicule.

Les deux partis de l'opposition refusent de voir la hausse des taxes foncières dépasser le seuil des 2,5%. «À 2,5% c'est acceptable, mais si on ajoute une taxe sur l'eau et ça monte à 4%, ça devient inacceptable», a réagi Peter McQueen, conseiller de Projet Montréal. Celui-ci préférerait voir l'administration miser sur des péages ou des taxes sur les voitures et le stationnement dans l'ensemble de la région de la métropole.

Vision Montréal a dénoncé pour sa part la hausse rapide des dépenses de la Ville. «Une augmentation des dépenses de 5%, année après année, alors qu'on ne veut pas augmenter les taxes de plus de 2%, c'est ce qu'on appelle une contradiction», a dénoncé le critique des finances de l'opposition officielle, Pierre Lampron.

Freiner la hausse des dépenses de la Ville est difficile, a reconnu Michael Applebaum. «Allons-nous à un rythme qui me satisfait? Non. Mais il faut comprendre que, avec la complexité de Montréal, ça prend du temps, mais nous allons dans la bonne direction.»


Extrait de : Le monstre, Michèle Ouimet, La Presse, 28 octobre 2011     

Michael Applebaum n'était pas de bonne humeur, jeudi. Applebaum? Le président du comité exécutif de la Ville de Montréal. Le bras droit du maire Gérald Tremblay. Peu connu du grand public, même s'il détient beaucoup de pouvoir.

C'est lui qui donne les grandes orientations du budget, lui qui tient les finances de la Ville entre ses mains, lui qui décide si les arrondissements devront racler les fonds de tiroirs pour boucler leur année. Il ne travaille pas seul, évidemment. Il consulte d'autres personnes. N'empêche, il a la main haute sur les finances.

Et les finances de la Ville sont tout sauf simples. Une ville centre, 19 arrondissements, 21 800 employés, des syndicats puissants, pompiers, policiers, cols bleus, une caisse de retraite incontrôlable, des infrastructures qui tombent en ruine. Un monstre.

Son budget de 4,5 milliards est deux fois plus gros que celui du Nouveau-Brunswick et trois fois plus que l'Île-du-Prince-Édouard.

Michael Applebaum n'était pas de bonne humeur, disais-je. À la fin septembre, j'ai écrit qu'il était agent d'immeubles, un «travail honorable» que la Ville a «gonflé à l'hélium» en le présentant comme un «homme d'affaires averti», le jour où il a été nommé président du comité exécutif.

Il n'a pas apprécié. Hier, il m'a donné l'exemple d'un homme d'affaires qui avait une 6e année, ce qui ne l'a pas empêché de faire de l'argent comme de l'eau. Bref, on peut être avocat, médecin ou n'avoir aucun diplôme et être compétent.

«Où avez-vous étudié?», lui ai-je demandé.

La question l'a surpris. Il a fait quelques cours au cégep en commerce, mais il n'a jamais obtenu son diplôme.

Le président du comité exécutif devrait-il posséder un bagage en finances ou en comptabilité? La question est légitime, n'en déplaise à M. Applebaum.

***

Mercredi, M. Applebaum a annoncé que les taxes augmenteront de 2,5% en 2012. Révélation étonnante. Règle générale, la Ville n'abat pas ses cartes avant le dépôt de son budget.

À ce 2,5% s'ajoutera probablement une hausse de la taxe d'eau de 1,2%, car le réseau continue de fuir, même si la Ville investit des millions dans sa tuyauterie depuis 2003.

M. Applebaum a précisé que les Montréalais pouvaient se compter chanceux: 2,5%, c'est le taux de l'inflation, aussi bien dire rien du tout. Il a oublié de préciser qu'ils y ont drôlement goûté depuis novembre 2009, c'est-à-dire depuis la réélection de Gérald Tremblay. Les taxes ont grimpé de 6% en 2010 et de 4,4% en 2011.

La Ville a aussi créé une taxe de 45$ sur l'immatriculation et 8 des 19 arrondissements ont imposé une taxe locale qui rapporte 16 millions. Sept de ces huit arrondissements sont dirigés par l'équipe du maire Tremblay.

La Société de transport de Montréal n'est pas en reste. Elle augmente ses tarifs plus vite que son ombre. Elle les a haussés pendant 13 années consécutives, sans donner un seul répit aux usagers.

Et, cerise sur le gâteau, la valeur du parc immobilier a explosé. Dans certains arrondissements, comme le Plateau-Mont-Royal, le Sud-Ouest et Rosemont-La Petite-Patrie, la valeur des maisons a augmenté plus vite que la moyenne. Les propriétaires doivent donc absorber une hausse d'impôt supplémentaire.

Voilà pour le tableau.

Alors quand M. Applebaum dit que les Montréalais ne seront augmentés que de 2,5%, je tique.

***

La Ville affirme qu'elle est prise à la gorge, que son régime de retraite connaît une hausse exponentielle et que ses infrastructures lui bouffent un fric fou. Je veux bien. Les dépenses ont flambé de 5% en 2011 et elles augmenteront de nouveau de 5% en 2012.

Pendant ce temps, les arrondissements se démènent avec des budgets gelés depuis deux ans. Ils doivent payer les hausses de salaire et absorber les coûts de système sans un sou de plus. La Ville leur donne un peu d'argent sous forme de programmes ponctuels: fonds pour les bibliothèques, la propreté ou les graffiti, mais ce sont des grenailles.

La Ville jure qu'elle fait son gros possible: elle veut comprimer ses dépenses de 250 millions d'ici 2013, ce qui implique une réduction de 1000 employés, sauf que personne ne sera mis à la porte et que les puissants policiers et pompiers - un État dans l'État - restent intouchables.

Et c'est M. Applebaum, nommé en avril, qui doit mettre de l'ordre dans ce monstre. Là aussi, je tique.