Occupons Montréal - Les réfugiés du système financier

J’examine souvent les critiques journalistiques de ‘Occupy Wall Street’, malheureusement, beaucoup ont tendance à vouloir simplifier le message en disant qu’ils n’ont pas de revendication spécifique.

Voyons, M. les journalistes, vous en voulez des revendications ?

Mon blogue est rendu à 3000 carnets, plus de 20 % sont de pures décisions de copinages, de corruptions, et de collusions avec le pouvoir politique et les groupes d’intérêts.

Peut-être, il est temps de redonner le pouvoir au peuple ?

Je suis 100 % avec cette protestation pacifique, le système ne marche pas !

Tout notre beau système libéral à démontrer sans régularisation aussi bien économique ou financier a été au détriment de la population pour satisfaire cette oligarchie sans demi-mesure pour s’enrichir, n’ayant aucune contrainte pour satisfaire leur avidité de richesse et de pouvoir.

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Beaucoup de villes laissent la latitude aux peuples d’exprimer leurs mécontentements, second article.

C’est la moindre des choses vous êtres de plus en plus pauvres, et vous allez le devenir encore plus, car nos politiciens ont préféré de rester aux pouvoirs en étant irresponsable que de gérer l’État en bon père de famille.

Entre temps, les «indignés» se sont présentés au conseil municipal pour réclamer un nouvel emplacement afin d'accueillir le nombre grandissant de protestataires, ciblant la place Jean-Paul Riopelle le président du comité exécutif, Michael Applebaum a refusé.

Évidemment notre petite oligarchie municipale est capable de payer des retraites dorées à 70 % et des avantages sociaux 50 % à nos gros syndicats, mais incapable de démontrer de la flexibilité aux requêtes d’un peuple, qui est exaspéré de l’iniquité de distribution de richesse.


Extrait de : Occupons Montréal - Les réfugiés du système financier, Brian Myles, Le Devoir, 29 octobre 2011 

C’est la volonté de vivre ensemble, sans égard aux différences, qui procure son énergie vitale au campement de la «place du Peuple»

Depuis deux semaines, le square Victoria s'est mué en «place du Peuple» sous l'irrésistible pression des indignés de Montréal. Le Devoir explore aujourd'hui les assises de ce mouvement et les raisons économiques sous-jacentes à cette remise en question des excès du néolibéralisme.        

La statue de Victoria, une reine réputée pour son puritanisme, a subi des transformations radicales. Elle porte un masque, un drapeau des Patriotes, et s'étendent à ses pieds de multiples affiches dont l'une résume à merveille l'esprit d'Occupons Montréal. «Vous entrez maintenant en territoire autogéré.»

Lancé le 15 octobre dernier, le mouvement «Occupation Montréal» a pris une expansion géographique considérable, au point qu'il faudrait maintenant parler d'un «village du peuple».

Cette bourgade émergente d'environ 250 tentes et 400 participants compte sur un «hôpital» aménagé dans un abri tempo, une yourte pour les réunions des comités, une bibliothèque, des toilettes chimiques, une cuisine, un centre de dons, des bennes à ordures, des bacs à recyclage et — pourquoi pas? — une zone famille!

«Sobriété, propreté et non-violence» sont les principes cardinaux de ce mouvement qui a su tisser un lien de confiance avec le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Claude, diplômé en sciences humaines qui bénéficie de l'aide sociale, ne s'est absenté que trois jours depuis le début. «J'ai le sentiment que c'est le seul îlot de liberté qui nous reste. Ici, on a une chance de se parler et de fraterniser.»

Un espace réinventé

Cette volonté de vivre ensemble, sans égard aux différences, traverse le campement et lui procure son énergie vitale. En se réunissant autour d'une cause aux contours flous, dans un espace commun et hautement symbolique, les militants d'Occupons Montréal ont déjà accompli un exploit, estime Michel Parazelli, professeur à l'École de travail social de l'Université du Québec à Montréal (UQAM).

Au profit de la revitalisation des grands centres urbains, la rue, les parcs et les places publiques sont devenus des espaces de consommation, constate le chercheur. Quartier des spectacles, Quartier des affaires, Quartier latin: autant de dénominations nouvelles pour affirmer le caractère utilitaire de l'espace public. Pour Michel Parazelli, «la rue est incorporée au marché». «On consomme l'espace à des fins récréatives, culturelles ou d'affaires», dit-il.

Occupons Montréal vient bulldozer ces places bien propres et bien aménagées. «Ce mouvement est le contre-exemple d'une occupation consumériste. On s'approprie l'espace public dans l'expression d'une relation conflictuelle. De tels événements sont rapetissés le plus possible de nos jours, parce qu'on tend à marchandiser et à privatiser l'espace. Et c'est maintenant comme ça dans toutes les villes: il faut utiliser l'espace public comme une vitrine commerciale», explique-t-il.

Il faut remonter au squat du Centre Préfontaine pour trouver une occupation aussi réussie. En 2001, au coeur de la crise du logement à Montréal, de nombreux jeunes issus principalement des mouvements altermondialistes et des comités de logement avaient investi l'immeuble abandonné de la rue Rachel pendant deux mois.

Marcos Ancelovici, professeur en sociologie à l'Université McGill, avait visité le squat. Son organisation, bien rodée, un modèle de communauté autogérée, a des similitudes avec Occupons Montréal.

Mais à la différence des squatteurs du Centre Préfontaine, les militants d'Occupons Montréal vivent et s'organisent dans l'une des places d'affaires les plus achalandées de la ville, sous le regard quotidien de milliers de travailleurs et des passants. L'image est forte.

Les tentes inspirent à Michel Parazelli une comparaison avec un camp de réfugiés. «Les tentes, c'est leur "branding". Ce sont les réfugiés du système financier, qui ne sont plus dans le jeu. Ils ont été mis dehors par les financiers et ils se regroupent autour d'une statue qui est leur totem. Ils se rendent visibles, mais pas de n'importe quelle manière», estime le chercheur.

Dans la tradition du sit-in

La dernière tentative d'occuper durablement le square Victoria remonte à 1984. Des militants du Regroupement autonome des jeunes (RAJ) avaient planté leurs tentes dans un square dénué d'arbres (c'était encore l'ère Drapeau). Celles-ci ont été emportées par le vent dès la première journée.

Marc O. Rainville, un commentateur du site Internet du Devoir, était de cette bataille épique pour mettre un terme aux pratiques discriminatoires à l'aide sociale (les moins de 30 ans étaient injustement pénalisés).

M. Rainville semblait à la fois nostalgique et exalté lors de la première semaine d'Occupons Montréal. À l'époque, le RAJ ne s'était pas contenté de manifester, rappelle-t-il; une trentaine de membres avaient investi le plancher de la Bourse avant d'être évincés manu militari. N'eût été ces coups d'éclat, répétés dans d'autres institutions, le RAJ n'aurait jamais réussi à faire changer la loi, estime M. Rainville.

Pour l'heure, Occupons Montréal reste un vaste sit-in, un concept apparu dans les années 60 et employé avec succès par de nombreux groupes émergents, tel le mouvement vert. La prise de décisions délibérative et participative, la non-violence et le rejet d'une figure d'autorité messianique en constituent les ingrédients essentiels, explique le sociologue Marcos Ancelovici.

À son avis, les médias et le public ont tort de se questionner exclusivement sur l'absence de revendications claires de la part du mouvement et sur ses faibles chances de renverser l'ordre économique mondial. «Plein de gens apprennent à s'exprimer publiquement et à délibérer. On les forme à la participation citoyenne, explique-t-il. C'est un aspect qui est négligé. Ils acquièrent des comportements civiques.»

À la «place du Peuple», les assemblées journalières débutent vers 18h pour se terminer à la tombée de la nuit. On y discute de logistique, de sécurité des lieux, de la place à accorder aux groupes externes dont les revendications ne cadrent pas avec l'esprit du mouvement, telle que la milice patriotique du Québec. On y décide aussi des campagnes d'appui et de stratégies de communication.

«On peut dire qu'ils sont naïfs et idéalistes, peut-être. Mais ils savent très bien qu'ils ne vont pas changer le monde de façon radicale en occupant une place. Par contre, le moment de communion qu'ils partagent leur procure une grande satisfaction. Il y a une redécouverte du plaisir de vivre ensemble et une effervescence collective à faire partie de quelques chose qui nous transforme et qui est plus grand que nous», estime M. Ancelovici.

Claude ne saurait si bien dire. Il rêve de passer l'hiver au square. Les autochtones et les premiers colons l'ont déjà fait, alors pourquoi pas nous? dit-il d'un ton plein de défi.


Extrait de : Occupy Wall Street: Many Cities Leaving Protesters Alone, Huff Post, By ERIKA NIEDOWSKI and MEGHAN BARR, The Associated Press

NEW YORK (AP) -- While more U.S. cities are resorting to force to break up the Wall Street protests, many others - Philadelphia, New York, Minneapolis and Portland, Ore., among them - are content to let the demonstrations go on for now.

New York Mayor Michael Bloomberg, for example, said Friday that the several hundred protesters sleeping in Zuccotti Park, the unofficial headquarters of the movement that began in mid-September, can stay as long as they obey the law.

"I can't talk about other cities," he said. "Our responsibilities are protect your rights and your safety. And I think we're trying to do that. We're trying to act responsibly and safely."

Still, the city made life a lot harder for the demonstrators: Fire authorities seized a dozen cans of gasoline and six generators that powered lights, cooking equipment and computers, saying they were safety hazards.

In the span of three days this week, police broke up protest encampments in Oakland, Calif., Atlanta and, early Friday, San Diego and Nashville, Tenn.

Nashville police cracked down after authorities imposed a curfew on the protest. Twenty-nine people were arrested and later released after a judge said the demonstrators were not given enough time to comply with the brand-new rule. They received citations for trespassing instead.

Fifty-one people were arrested in San Diego, where authorities descended on a three-week-old encampment at the Civic Center Plaza and Children's Park and removed tents, canopies, tables and other furniture.

Officials there cited numerous complaints about human and animal feces, urination, drug use and littering, as well as damage to city property - the same problems reported in many other cities. Police said the San Diego demonstrators can return without their tents and other belongings after the park is cleaned up.

Earlier this week, in the most serious clashes of the movement so far, more than 100 people were arrested and a 24-year-old Iraq War veteran suffered a skull fracture after Oakland police armed with tear gas and bean bag rounds broke up a 15-day encampment and repulsed an effort by demonstrators to retake the site.

But other cities have rejected aggressive tactics, at least so far, some of them because they want to avoid the violence seen in Oakland or, as some have speculated, because they are expecting the protests to wither anyway with the onset of cold weather.

Officials are watching the encampments for health and safety problems but say that protesters exercising their rights to free speech and assembly will be allowed to stay as long as they are peaceful and law-abiding.

"We're accommodating a free speech event as part of normal business and we're going to continue to enforce city rules," said Aaron Pickus, a spokesman for the mayor of Seattle, where about 40 protesters are camping at City Hall.

 "They have the right to peacefully assemble. Ultimately what the mayor
is doing is strike a balance."

Authorities have similarly taken a largely hands-off approach in Portland, Ore., where about 300 demonstrators are occupying two parks downtown; Memphis, Tenn., where the number of protesters near City Hall has ranged from about a dozen to about 100; and in Salt Lake City, where activists actually held a vigil outside police headquarters this week to thank the department for not using force against them.

In the nation's capital, U.S. Park Police distributed fliers this week at two encampments totaling more than 150 tents near the White House. And while the fliers listed the park service regulations that protesters were violating, including a ban on camping, a park police spokesman said the notices should not be considered warnings.

In Providence, R.I., Public Safety Commissioner Steven Pare said the protesters will not be forcibly removed even after the Sunday afternoon deadline he set for them. He said he intends to seek their ouster by way of court action, something that could take several weeks.

"When you see police having to quell disturbances with tear gas or other means, it's not what the police want and it's not what we want to see in our society,"

Pare said.

Similarly, in London, church and local government authorities are going to court to evict protesters camped outside St. Paul's Cathedral - though officials acknowledged Friday it could take weeks or months to get an order to remove the tent city.

Several hundred protesters against economic inequality and corporate excesses have been camped outside the building since Oct. 15. On Oct. 21 cathedral officials shut the building, saying the campsite represented a health and safety hazard.

It was the first time the 300-year-old church, one of London's best-known buildings, had closed since German planes bombed the city during World War II.

In Minneapolis, where dozens have been sleeping overnight on a government plaza between a county building and City Hall, the three-week-old occupation has been far tamer than those in other cities, with only a few arrests.

Sheriff Rich Stanek has made it a practice to meet with protesters daily to talk about their issues and the day ahead, and he has refused to engage what he called "the 1 percent" who want to cause trouble.

"We decided that's not the tactic we want to take. Doing that sometimes requires biting your tongue," he said. He added: "Some people have said that's `Minnesota nice.' It's a balance."


Protesters find a voice

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The FT's Martin Sandbu reports on the global protests sweeping the world and asks whether there is a coherent message to which policymakers should be listening.  (4m 11sec)