Placement syndical + d’autres bonbons

Une des rares fois que le parti Libéral en fait de constructif pour améliorer l’efficacité au Québec.


Extrait de : Abolition du placement syndical: la ministre Thériault obtient l’appui du PQ, Le Devoir, La Presse canadienne, 27 octobre 2011

Québec — Forte du soutien de l’opposition péquiste, la ministre du Travail, Lise Thériault, tirera un trait sur le placement syndical malgré les hauts cris de la FTQ-Construction et du Conseil provincial des métiers de la construction (International).     

Après quatre jours d’audiences en commission parlementaire, le député péquiste Marjolain Dufour a finalement brisé le silence et annoncé aujourd'hui que sa formation est en accord avec le principe du projet de loi 33.

Le projet de loi met fin au régime de placement syndical sur les chantiers pour le remplacer par un mécanisme neutre relevant de la Commission de la construction du Québec (CCQ).

«Je suis d’accord avec le principe, on s’en va en commission parlementaire pour l’étude détaillée et à ce moment-là, on va regarder ce qu’on est capable de faire pour améliorer le projet de loi», a dit en point de presse M. Dufour, porte-parole de l’opposition officielle en matière de travail.

Les choses vont changer dans le milieu de la construction, a souligné M. Dufour.

«Le mécanisme actuel [de placement] fait défaut, je suis à regarder un mécanisme qui va faire l’affaire de tous», a-t-il dit.

La ministre Thériault a pour sa part affirmé que les gestes violents commis sur les chantiers et rapportés abondamment par les médias ces derniers jours ont renforcé sa volonté d’éliminer le placement syndical.

La ministre choquée

Mme Thériault a d’ailleurs paru horrifiée lorsque le président de la CSD-Construction, Patrick Daigneault, a relaté en commission parlementaire un incident survenu sur un chantier au port de Trois-Rivières lundi dernier.

D’après le témoignage de M. Daigneault, des «représentants» venus rencontrer des travailleurs au port «ont coupé les compresseurs» alimentant en oxygène des scaphandriers s’affairant sous l’eau. Heureusement, les plongeurs ont pu revenir à la surface sains et saufs, selon le leader syndical.

«C’est inimaginable qu’en 2011, dans une société civilisée, on utilise des moyens comme ça et qu’on mette la vie des gens en danger», a commenté la ministre.

Mme Thériault croit que le placement syndical est l’une des causes principales des tensions sur les chantiers et que son abolition contribuera à assainir les moeurs dans l’industrie.

Amendements

En point de presse, la ministre a toutefois précisé que des amendements seront apportés au projet de loi pour s’assurer, avec la collaboration des syndicats, de combler efficacement les besoins de main-d’oeuvre sur les lieux de travail.

La nouvelle formule de placement reste à peaufiner sinon à définir, mais il n’y aura pas de retour en arrière, a signifié Mme Thériault.

«Le placement syndical comme tel, oubliez ça, c’est sûr qu’on l’élimine. Avec les événements des dernières semaines, ça renforce la conviction qu’il y a de l’intimidation [...] Il y a quelque chose de malsain et il faut mettre fin à ça», a-t-elle tranche.

Pour clore les audiences, le Conseil du patronat du Québec est venu encourager la ministre à garder le cap et même à pousser plus loin sa révision des relations de travail dans l’industrie de la construction.

Non seulement faut-il abolir le placement syndical, mais il faut aussi laisser aux travailleurs le libre choix de se syndiquer ou non, a argué le président du CPQ, Yves-Thomas Dorval.

«Il faut comprendre que le Québec est le seul État, à ma connaissance, où il y a une loi qui oblige les travailleurs qui oeuvrent dans le secteur de la construction à être syndiqués. Pourtant, on n’est pas le nombril du monde, les autres juridictions n’ont pas choisi cette voie et réussissent quand même à construire des bâtiments et des routes», a-t-il declare.


Conseil du patronat du Québec

Abolition du placement syndical et modernisation des relations du travail dans l’industrie de la construction – Un projet de loi ambitieux qui pourrait aller encore plus loin, selon le Conseil du patronat du Québec

Montréal, le jeudi 27 octobre 2011 - Dans son mémoire présenté aujourd'hui dans le cadre de la consultation publique de la Commission de l'économie et du travail de l'Assemblée nationale, le Conseil du patronat du Québec réitère son appui aux orientations générales du projet de loi no 33, Loi éliminant le placement syndical et visant l'amélioration du fonctionnement de l'industrie de la construction. Néanmoins, l'organisme invite la ministre du Travail, Mme Lise Thériault, à profiter de cette initiative ambitieuse pour aller encore plus loin en s'attaquant à d'autres irritants majeurs de la Loi sur les relations du travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d'oeuvre dans l'industrie de la construction (loi R-20), notamment la syndicalisation obligatoire, le rôle des délégués de chantiers et le cloisonnement des métiers.

Le Conseil du patronat profite également de l'occasion pour déplorer à nouveau les tentatives d'intimidation concertées de certains représentants syndicaux et les arrêts de travail illégaux survenus sur les principaux chantiers de construction du Québec au cours des derniers jours. Selon le Conseil, ces débrayages n'ont eu pour résultat que d'illustrer les problèmes structurels qui nuisent aux relations du travail au sein de l'industrie et à rappeler l'urgence d'agir pour les corriger. Le Conseil du patronat encourage par ailleurs tous les donneurs d'ouvrage, entrepreneurs en construction et travailleurs touchés à porter plainte, considérant les coûts élevés qu'ont entraînés ces débrayages pour l'ensemble des Québécois.

« Il faut saluer à nouveau le courage et la détermination de la ministre pour sa résistance devant d'énormes pressions et sa volonté ferme d'aller au-delà du statu quo imposé par de puissantes organisations syndicales pour entreprendre une réforme en profondeur qui contribuera à améliorer la productivité et la compétitivité pour l'ensemble de l'industrie. Le Conseil du patronat encourage le gouvernement à profiter du large consensus social en faveur de la nécessité de réformes dans le secteur de la construction pour poser des gestes avec des répercussions positives encore plus durables pour la prospérité du Québec », souligne le président du Conseil du patronat du Québec, M. Yves-Thomas Dorval.

Parmi les principaux éléments du projet de loi qui reçoivent un accueil favorable de la part du Conseil du patronat, mentionnons, entre autres, l'abolition du placement syndical, qui serait remplacé par un système de référencement géré par la Commission de la construction du Québec. Bien que le système soit prometteur, le Conseil insiste cependant pour que son application concrète au quotidien permette une élimination du placement syndical qui ne soit pas que théorique mais bien réelle. Le Conseil du patronat apprécie également que la ministre ait entendu les préoccupations des donneurs d'ouvrage, à savoir qu'ils aient un mot à dire dans le cadre du processus de négociation pour le renouvellement des conventions collectives, en leur garantissant qu'ils seront consultés au début des négociations et avant la signature de l'entente puisque ce sont eux qui paient la facture en bout de piste.

Le Conseil du patronat se montre déçu cependant que le projet de loi passe sous silence certaines problématiques importantes qui perdurent au sein du régime de relations du travail dans l'industrie de la construction. Parmi les principales, soulignons d'abord

·         La syndicalisation obligatoire des travailleurs de la construction, une disposition propre au Québec qui ne permet pas à des entrepreneurs d'embaucher des travailleurs non syndiqués, ce qui limite la possibilité de concurrence.

Le Conseil déplore également que le projet de loi ne propose pas non plus de

·         revoir la présence de délégués syndicaux sur les chantiers, alors que ces derniers jouissent d'une influence considérable sur le déroulement des travaux qui peut mener à des actes d'intimidation.

Enfin, le Conseil du patronat juge essentiel de réviser en profondeur

·         le cloisonnement de juridiction des métiers et professions réglementés afin de favoriser une plus grande polyvalence et de mettre fin à la mainmise de monopoles syndicaux sur certains métiers.

Le Conseil du patronat profite par ailleurs de la consultation pour inviter le gouvernement à s'inspirer de l'audace dont il fait preuve dans le délicat dossier des relations du travail dans l'industrie de la construction dans ses actions prochaines relatives à d'autres enjeux majeurs pour les employeurs du Québec, notamment la modernisation du régime de santé et de sécurité du travail et la réforme du Code du travail.

Le mémoire du Conseil du patronat
est disponible sur ce site Web.


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Regroupant plusieurs des plus grandes entreprises du Québec, le Conseil du patronat du Québec réunit également la vaste majorité des associations patronales sectorielles, en faisant ainsi la seule confédération patronale du Québec.

Source : Abolition du placement syndical