Preparing for Euro Breakup

English version at the end of this article


Extrait de : Faillite de la zone euro : oui, il y a un plan B, l’observatoire de l’Europe, 19 Octobre 2011

RESCUING PLANS FOR THE EURO OR FIGHTING FOR A BETTER EUROPE.

...mais il n'est pas l'oeuvre des dirigeants européens actuels, hélas, trop obsédés par les solutions intégrationnistes et coûteuses, n'envisageant du coup aucune alternative au creusement perpétuel de la dette publique par des plans dits de "sauvetage", dispendieux et inefficaces, de l'€uro et des pays en grave difficulté.

Alors que la France est à son tour menacée de perdre son triple A et la veille d'un nouveau sommet européen à Bruxelles, un groupe parlementaire européen lance enfin le débat. Europe of Freedom and Democracy (Europe des Libertés et des Démocraties) est le seul, à vrai dire, dans la grande maison, qui n'ait jamais vénéré "l'euro pour l'euro" pas plus que "l'union pour l'union", préférant une "Europe des réalités". Il est, de ce fait, l'unique groupe - ultra minoritaire avec vingt-sept députés issus de neuf pays - à constituer une véritable opposition politique au sein du Parlement de Bruxelles-Strasbourg. Un petit espace de respiration démocratique donc, au coeur d'une assemblée européiste par nature. C'est lui qui organisait en effet la semaine dernière, un séminaire animé par deux économistes allemands sur le thème : "Préparer l'éclatement de l'euro". Une première au Parlement européen.

POUR UN BRETTON WOODS EUROPEEN

Ancien secrétaire d'Etat et éminent économiste, le Professeur Wilhelm Hankel, est l'auteur des deux recours constitutionnels introduits auprès de la Cour fédérale allemande de Karlsrhue en 1998 contre l'introduction de l'euro et en 2010 contre le nouveau plan d'aide à la Grèce. Il condamne en effet ces tentatives de "sauvetage" qui, outre leur coût vertigineux, aggravent selon lui la situation désastreuse de la Grèce. Il plaide notamment pour un Bretton Woods européen, une union de taux de change extérieur au sein de laquelle chaque Etat est responsable de sa monnaie et de sa dette. Une proposition qui s'inscrit dans le droit fil des recommandations de Georges Berthu en faveur d'union monétaire flexible (clause de suspension) et de Philippe de Villiers depuis plus de dix ans, appelant à se préparer à la sécession monétaire et à préférer une monnaie commune plutôt qu'unique, parallèle aux monnaies nationales.

INTERVENTION DU PROFESSEUR HANKEL 

Crise monétaire ? Crise des Etats ? Crise bancaire ?

En 3000 ans d’histoire monétaire, jamais une monnaie n’a détruit des Etats ou des banques. Cela a plutôt été l’inverse.

Le Méphistophélès de Faust incarnait le malin « qui toujours nie ». La banque centrale européenne est un peu dans ce rôle de Méphisto.

C’est elle seule qui est responsable de la stabilité de la monnaie.

Mais ce n’est pas l’inflation qui menace la monnaie. Le cœur de la crise, c’est la politique de la BCE. Ces problèmes, ils les ont créé eux-mêmes.

Il n’y aurait jamais eu de crise de l’euro sans les plans dits de sauvetage.

Ils étaient superflus et ont été créés pour d'autres raisons. Tous les pays en quasi faillite aujourd’hui auraient pu adopter une autre politique.

Sans soutien il y a un an, la Grèce aurait pu sortir de la zone euro, retourner à la drachme et on aurait pu envisager un taux de change équivalent : 1 euro pour 1 drachme.

Mais à l’extérieur, cela signifiait que la Grèce dévaluant sa nouvelle monnaie, elle aurait eu un avantage considérable face aux créanciers étrangers qui auraient été obligés d’accepter une monnaie dévaluée ou l’interruption des transferts de paiement

Le droit d’un Etat souverain est de ne pas séparer la monnaie de l’Etat. Cela s’est passé au moins 1800 fois dans l’Histoire : des Etats ont dû dire à leurs débiteurs, « nous sommes obligés de dévaluer, sinon vous n’aurez rien » : ce fut le cas du Mexique, de l’Argentine, de la Russie, de l’Ukraine… Ils ont dévalué, il y a eu une purge sévère. Ces pays ont été soumis au régime trop sévère imposé par le FMI.

Heureusement, les marchés financiers ont la mémoire courte. Ces pays sont aujourd’hui les meilleurs clients des marchés financiers. La crise vient du fait d'avoir voulu "sauver" la Grèce. Or, ce soi-disant sauvetage de l’euro conduit aujourd’hui au chaos. 

1.      Comment en sommes-nous arrivés là ? 

Il y a onze ans, pas le biais d’un simple traité international, des pays du sud de l’Europe ont obtenu une évaluation de leur crédit inédite pour eux et une crédibilité internationale qu'ils n'avaient jamais eus. Autrefois, les taux d’intérêt de ces pays tournaient autour de 15-18%. La simple anticipation de leur entrée de la zone euro a fait chuter ces taux au niveau allemand, divisant par trois les taux de crédit. Ce faisant, la prime de risque sur les marchés financiers a disparu. 

Les économistes qui ont reçu le Prix Nobel la semaine dernière ont parlé de comportement rationnel à court terme. Si on importe de la monnaie et que l’on emprunte, on produit de l’inflation et un déficit profond de la balance des comptes courants avec accumulation de dette étrangère. C’était prévu et c’est exactement ce qui s’est passé.
Les politiques n'ont pas regardé plus loin que les échéances électorales suivantes et ont ignoré les conséquences économiques.


La crise grecque a réveillé les marchés. Un euro grec peut-il valoir un euro allemand ? La Grèce a accumulé inflation, dette extérieure et augmentation de 70% du coût unitaire salarial (contre 1% en Allemagne) :
ils ont perdu toute compétitivité.

Tout manuel d’économie dira qu’il faut s’en sortir
par une dévaluation et rien d’autre.

C’est pour cela que le peuple grec est en colère, on dit paie tes dettes,
mais on détruit ton économie entre temps.

Alors, les Grecs, disent va te faire foutre, et ils ont tout à fait raison.

Le choix, pour un Etat est entre la dévaluation des salaires ou celle de la monnaie. 

Dans une célèbre métaphore comparant l’ajustement de l’heure d’été aux individus plutôt que l’inverse, le Prix Nobel Milton Friedman jugeait qu’

« il est plus facile de modifier un taux de change extérieur
que des millions de prix »
 

Si un pays perd sa capacité de dévaluer, il ne lui reste que la possibilité de réduire le coût unitaire salariale ce qui signifie non seulement la déflation mais une politique salariale catastrophique pour ce pays et pour ses créanciers aussi. Il n’y a alors plus d'investissement et donc plus de croissance économique possible. On constate aujourd’hui un effondrement de la prospérité économique grecque, -5% cette année, plus encore l’année prochaine. 

C’est la politique la plus destructrice que nous ayons eu depuis les
années 30.
Ce soit disant soutien est en réalité destructeur. 


Avant l’arrivée d’Hitler au pouvoir en Allemagne, le ministre de l’économie avait accepté une politique déflationniste car l’Allemagne ne pouvait payer ses dettes de guerre ; entre l’automne 1931 et l’été 1933 le chômage a alors frappé 27% de la population active… ; Ce sont des souvenirs terribles pour l’Allemagne et pour le monde entier... 

Ce que l’on inflige à la Grèce est la même chose et les mêmes problèmes vont se poser aux pays du sud de l’Europe : ils vont se retrouver dans la même situation que les pays d’Afrique du nord - la Lybie, l’Egypte, la Syrie – avec les mêmes soulèvements populaires. La différence est qu’en Europe, nous avons fabriqué le problème nous-mêmes…

Oui, vous avez rien vu, vous pensez que les peuples vont se laisser faire pour sauver le système financier et les rentes de certains vieux,
allo, on se réveille !
 

2.      Que faire pour s’en sortir ? 

Les millions d’euros dépensés ces derniers mois pour sauver l’euro auraient été mieux utilisés pour aider ces pays à investir et sortir de la stagnation économique. Mais les dirigeants politiques ont souhaité autre chose. 

Du côté des pays créanciers. 

En Allemagne, pendant longtemps nous ne nous sommes pas acceptés en tant que nation. Après la catastrophe de la dernière guerre, l’Allemagne était une simple société de marchands. Il n’y avait plus d’Histoire, plus de tradition ni d’identité, seulement l’économie et le Mark. Le chancelier Adenauer avait promis un siècle d’or au peuple s’il travaillait dur. Mais la mentalité de cette nation de marchands est devenue une mentalité de lobbyistes, aujourd’hui en faveur de l’euro

Les secteurs d’exportations, les secteurs financiers, redoutent l’effondrement de l’euro et un retour au Deutsch Mark, tellement surévalué qu’ils ne pourraient, dit-il, plus exporter. Or, après chaque réévaluation du DM, les industries allemandes ont toujours exporté encore plus, contrairement aux peurs qui s’exprimaient. Ni la Chine, ni les Etats-Unis n’ont connu un tel impact pour leurs produits d’exportations. En réalité nous avons une pré-importation des produits que nous transformons et exportons ensuite - énergie, matières premières. Avec un DM surévalué nous avons fait baisser le prix des pré-importations qui coûtaient de moins en moins cher. Chaque évaluation du DM représentait un bénéfice social net. On pouvait s’enrichir en important pas seulement les bananes mais aussi le pétrole.

En fait, les Allemands se comportent comme les Chinois, on achète la dette américaine, car il achète nos produits et entre temps on délocalise
leurs industries.

Pour les Allemands, on maintient la Grèce sous la tutelle de l’euro, en payant leur insolvabilité sur le dos des Européens, tout en sauvant nos banques, et on élimine un compétiteur potentiel.

Les politiciens, médias, industries se sont pourtant tous convaincus qu’il ne fallait pas revenir au DM car ils perdraient leur avantage à l’exportation. Mais c’est faux. 

En France, c’est le lobby financier qui pousse en ce sens : s’il y a une purge, on croit que les banques ne pourront pas survivre. En réalité qu'en savons nous ? Pour n'importe quelle entreprise défaillante, s'impose la publication de son bilan comptable et l'on évalue l’actif au regard du passif.

Mais lorsqu'il s’agit d’une banque, les lobbyistes disent « nous sommes en danger » sans qu’on leur demande de publier leurs comptes ; Certaines de nos banques ont des actifs inscrits sur leurs comptes, des réserves amorties depuis des décennies et même depuis plus d'un siècle ! Avant de croire les banques il faut aller jeter un œil dans leur bilan, que ce soit en Allemagne ou en France ; Les banques peuvent-elles supporter une réduction de la dette grecque de 50% ? On a parlé au départ de 21%. Ce serait une bien bonne affaire pour les banques si les pertes des actifs étaient limitées à 50%.

Les arguments en faveur du sauvetage de l’euro n’ont aucun fondement macroéconomique, ce sont de purs arguments de lobbyistes.

Il faut avant toute chose arrêter ces plans de sauvetage de l’euro. 

La meilleure alternative pour sauver la Grèce, l’Espagne et les autres pays en crise ce serait de couper les crédits comme ceux du plan Marshall pour qu’ils retrouvent la stabilité. Il faut des mesures ad hoc 

Pour l’avenir, il faut se rappeler de deux leçons : 

Celle du Président Lincoln :

« Vous pouvez tromper une partie du peuple pendant un certain temps mais vous ne pouvez tromper tout le monde tout le temps »

Celle de Milton Friedman :

 « Il est plus facile pour n’importe quel pays en difficulté d’adapter son taux de change que de bouleverser toute son économie ».

Jamais un accord monétaire régional n’a été au-delà d’un accord sur le taux de change. 

A Bretton Woods, les accords sur les taux de change extérieurs ont eu un succès quelques temps, mais jamais il n’y a eu abandon de la responsabilité d’un Etat sur sa monnaie ; même avec l’étalon-or ; il y a eu des accords monétaires régionaux à succès : pays scandinaves ou l’union monétaire nordique ou le cas de l’union française avant guerre, mais seulement sur les taux de changes extérieurs, jamais il n’y a eu abandon de la monnaie nationale. Il faut revenir à une union de taux de change extérieur : c’est ce que font les Etats de l'Est de l'Europe, ils ont leur monnaie nationale et ont toujours la possibilité d’intervenir sur le taux de change. Ils traversent la crise bien moins mal que les pays du sud de l’Europe. 

Il nous faut un système de coordination du taux de change comme celui ayant existé avant l’euro. Les quarante ans qui ont précédé l'adoption de l'euro font figure d'âge d'or monétaire.


*Eminent économiste allemand - économiste en chef à la Banque de reconstruction (1959-1967), secrétaire d’Etat au ministère des Finances (1967), ayant exercé des fonctions importantes dans diverses banques (1967-1978), professeur d'université (depuis 1971), le Professeur Wilhelm HANKEL est l’un des critiques de la première heure de l’euro et a déposé auprès de la Cour Constitutionnelle allemande, un recours, en 1998, contre " l'introduction précipitée de l'euro", puis, en mai 2010, contre le plan « d’aide » à la Grèce .


**Langue originale : anglais - Synthèse réalisée en simultané d'après l'interprétation - Le texte écrit (en anglais) de l'intégralité de la contribution du Professeur Hankel est disponible ci-dessous.

"PREPARER L'ECLATEMENT DE L'EURO" - CONFERENCE DU GROUPE EFD AU PARLEMENT EUROPEEN - INTERVENTIONS/QUESTIONS DES PARTICIPANTS

Question de Nigel FARAGE, député européen UKIP, co-président du Groupe EFD 

Ce Fonds de sauvetage va devoir être multiplié par 5 ! Est-ce un système pyramidal ? Une vaste escroquerie ? On se demande ce qui se passe avec la démocratie allemande. A quand un réveil démocratique en Allemagne ?

Réponse du professeur HANKEL 

Eugen Böhm-Bawerk professeur d’économie, ministre des finances de l’empire austro hongrois publia avant le 1ère guerre mondiale un essai « la puissance ou la loi économique ? » , où il citait plusieurs exemples de tendances économiques accroissant la dette ; La monnaie c’est notre deuxième bulletin de vote ; En gérant nos capitaux, nous votons en quelque sorte et s’il y a une rupture entre la politique et l’économie, le système monétaire ne peut l’emporter sur la politique. Les flux de capitaux c’est la propriété sous forme de titres. Dans les années 30, le régime hitlérien a interrompu les transferts vers l’étranger ; beaucoup d’Allemands n’ont pu fuir car ils ne pouvaient emporter leurs capitaux avec eux, d’où l’ampleur de l’holocauste. Dans une démocratie, cela n’est pas possible. Les capitaux fuient donc vers les parties plus stables de la zone euro ; Avec les plans d’aide, les capitaux venant de Grèce sont remaniés en renvoyés en Grèce ce qui est absurde car cela accroît la dette sans remédier aux causes qui provoquent cette dette. Plus de 300 milliards sont en jeu dans les comptes de la Bundesbank ; est-ce que la politique européenne peut aller à long terme à l’encontre de l’économie ?
« Il n’est possible que la politique aille à l’encontre de l’économie que pendant une période limitée » disait Böhn-Bawerk.

Question de Mme Marta ANDREASEN, députée (britannique), UKIP-EFD

L’euro a été construit sur un mensonge. Il s’agissait de promouvoir une union politique. Les traités de Maastricht et le traité de Lisbonne n’ont fait qu’approfondir ce mensonge. La vérité pourra-t-elle l’emporter un jour dans l’Union européenne ? - Depuis 20 ans, la Grèce a reçu 60 milliards d’euros par l’Union européenne. Peut-on faire confiance aux Etats ; je crains que la Grèce n’a pas investi - Je suis moi-même née en Argentine et on ne peut pas parler de succès : ils ont pratiqué la dévaluation, connu le défaut de paiement et les réforme mais il y a eu tout de même une destruction de la classe moyenne ; est-ce vraiment une solution ?

Réponse du Professeur HANKEL 

Les politiciens vont peut-être apprendre.
Nous devons les y aider. Cette politique engendre de nombreuses difficultés pour leurs propres objectifs. Les flux de capitaux quittant les pays du sud vont devenir plus terribles que la dette publique ou privée. Si de plus en plus de citoyens fuient avec leur épargne de Grèce, Espagne, Portugal, il n’y aura plus seulement le problème de la dette mais celui de l’injection de liquidités dans les banques. Le problème des banques se transférera aux Etats, avec des problèmes politiques et des changements de gouvernement.

La meilleure façon d’arrêter cette politique absurde, c’est de sortir de l’Union pour retrouver la liberté de manœuvre.

A terme, la zone euro peut continuer à vivre avec moins de pays membres de la zone euro. Réformer l’Union c’est peut être la prochaine étape. Une union monétaire restreinte mais plus stable sera plus séduisante pour les pays étrangers : Suisse, Norvège, Russie etc. Que faire du sud ? c’est une autre question ; Ils peuvent revenir à la monnaie nationale et lancer des programmes de relance nationale.

Le Printemps arabe en Afrique du nord, les manifestations en Espagne ou en Allemagne sont des sursauts démocratiques obéissant à des logiques similaires.

Il a tout à fait raison, une chance
qu’il y a encore des gens brillant dans ce monde.


RESCUING PLANS FOR THE EURO OR FIGHTING FOR A BETTER EUROPE ?, by WILHELM HANKEL, October 2011

I . The hard core of the present crisis: a monetary referendum against the Euro

The mess about the Euro could not be greater. Outsider still see the Euro stronger than the Dollar, insider on the edge of an abyss. Confusion prevails the debate. It is a failure of currency, of over-indebted and therefore failing states, of undercapitalized banks, unable to compensate impending, but unavoidable losses or of a policy, which instead of giving answers to these questions only drags out the problems - buying time, but not knowing for what? But these explanations miss the point. There is no evidence (and never was) in monetary history that currencies destroy states or banks. The opposite is true : States and banks fail, if and because they violate the rules of money. This story happened more than 800 times in 300 years of recorded monetary history – and now in the case of Euro at 8001 times. If Greece and banks involved in the financing of Greece and the other Euro states being at present in serious difficulties had been followed the accepted rules of the Euro-union: none of those states and banks would be now in the present situation. And referring to the architecture of the Euro-union and its instituted frame, namely the articles of the treaty of Amsterdam (stability pact) and the famous no-bail-out clause of Article 125 treaty of Lisbon: None of these auxiliary pillars for reinforcing the rules was needed, if and as long European Central Bank (ECB) had respected her mandate and statute - being responsible for the currency and only for the currency and rejecting other duties, f.i.to support states and banks, fighting with problems having caused by their own behavior. The ECB is responsible for the stability of the Euro and for the consequences of the misbehavior of states or banks. In this respect not only stability pact as well as no-bail-out-clause are superfluous institutions. The same holds true for the rescue funds and –schemes for the Euro. As I told the judges of Germany’s Constitutional Court: Without these rescue programs Greece already would be on the road of mastering its crisis: having left the union, devalued its new old currency, regaining its lost competiveness and in successful negotiations with its creditors about a debt moratorium or haircut. The complaint could be remained undone.

The real facts behind the entire excitement could not be more "normal". The occurrence of the money and financial markets demonstrates two things: the growing fear of more and more people of the near bankrupt states to lose their money and savings and the growing incredibility of the present politics in mastering this problem. After a long period of sleeping and believing in the soundness and cohesion of the "union" the markets re-activated their original function: reflecting the real risk-temperature in a money and financial society, being their thermometer. Therefore the rising and widening spreads for interest-rates as well as for investment assuring costs in these countries – especially sovereign bonds – can’t be explained and denounced in a Manichean way as a "malevolent speculation" of profit-greedy banks and financial profiteers. What happens is a monetary referendum. People try to direct their money in a safe haven and find here a stable anchor ground for them. In the same way seek entre-preneurs to avoid or to minimize their imminent losses. All these people regard and use their money as a paper ballot to vote against a policy they do and can not trust. This confirms one of the earliest, but now obviously repressed findings of economics: If the there is a conflict between political power and economic laws, it is always the economy that wins and not the policy. It was one of the founder of the legendary Vienna School of Economics, Eugen von Böhm-Bawerk, who 100 year ago formulated this insight : in his famous essay "Macht oder ökonomisches Gesetz", Wien 1913. It should be declared as compulsory lecture for every politician and trade union leader of today. Not only in Europe. How such a situation in Europe could arise, that a common currency no longer is regarded by the commons as their currency? The answer is lying in the start. Twelve year ago, after introduction of the Euro then for 11 European states instead of 17 now, the weaker group among them in the South of newly created "Euro-Country" (Greece, Italy, Spain, Portugal, even France) required the same credit-worthiness and the same ratings by the financial markets as their stronger partners in the North, the former members of the "D-Mark-Block" (Germany, Netherlands, Luxemburg, Finland, Austria). Being now a Euro-country their interest-rates fell down from two-decimal levels to one-decimal ("ger-man") ones and discharged their national ("primary") budgets about billions of interest payments on their public debts: in Italy of about 70 Billions yearly on a debt of then 120 Percent of GDP. Instead of using the new leeway in their budgets for reducing public debts and burden, they misused it for further extending public expenditures and financing economic expansion. It was the gift of a monetary union: if exchange rates among the group members are 1:1 and equal to each other (one Greek or Italian Euro = one German or Dutch Euro) than also interest-rates tend to become equal, they seem to contain the same (equal) monetary risks. But after 10 years the monetary veil tears, or better: the monetary doping of the "cheap" Euro-credit-card lost its effect. The former weak-currency-countries of the South had to stop its continuously "living beyond their means". Their signature on their Euro-credit-card were no longer honored. Why? Due to the longtime "negative" interest-rates and over-valued foreign exchange they had been became over-inflated and over-debted. The imported money and credit from outside their countries and far above their internal savings had financed and fueled a process of permanent domestic over-consumption, extension of public expen-ditures and increase of private wage-unit costs. (In 10 years in Greece about 76 Percent against 0.9 percent in Germany!) They had been risen faster than the overall-average of their partners in the North. With outbreak of the Greek crisis (autumn 2009) global financial community as well as policy and public in Europe realized the new situation. They discovered – very late - the "built-in destabi-lizer" of a common money union, the easy and noiseless way towards public and private indebtedness and the danger of defaults - and they reacted. Since then the spreads of interest rates and costs of con-tingent policy papers (CDS, CDO and other derivatives) rise and diverge. Since then the markets fullfil their job: identifying the existing risks of Euro-investments and -bonds and of their issuer – and the menace of their imminent insolvency.

II. The Euro – the new European Idolatry?

But instead of thinking about the necessary and unavoidable steps of reforms European policy makers decided to "rescue the system". They denounce markets and actors as "malevolent speculators", being interested only in profits at cost of the common best and the performance of the Euro. The thermometer caused the illness instead of revealing its symptoms. And still more stupid: If we break it, the illness will fade away!

As I explained in already mentioned hearing of the German Constitutional Court on: Without these rescue funds Europe never would had been confronted with the challenge of the present Euro-crisis. Without this dubious "support" Greece would and could help themselves. Using the chance to leave the Euro-Union and re-introducing its old Drachme as a new one-. Domestically could and should it exchange Euro against Drachme in relation 1:1,in order to avoid internal default and costly compensa-tions, but externally is has it to devalue strongly , in order to regain the competiveness and export po-tential. To get a substantial haircut from the country’s foreign creditors can be taken for sure, because the creditors had no other chance as to offer it, for otherwise Greece could stop transfer payments to abroad. As I said: In 800 similar cases of 3000 year recorded monetary history this scenario has been tested. The last successful cases were countries like Mexico, Argentina, Russia or Ukraine. Why insist the officials of EU, ECB and politicians of leading Euro-countries - in debtor- as well as creditor countries- so stubbornly on their Euro rescue plans and reject professional advice, expertise and historical lessons? Why do they risk in creditor countries like Germany and France the confron-tation with their constituency and waist billions of public money neglecting the fatal costs and conse-quences for society, economy, saver and taxpayer of this and the next generation? Why they ignore the obvious danger that the drowned nations pull their rescuers into the same deadly depth? And in the debtor countries: Why their leaders accept the socially explosive and economically counterproducti-ve conditions of the offered help, which is pushing her economies deeper and deeper in the crisis: for long time crushing economic growth and social welfare and generating an incurable unemployment, especially for the youth? The Euro, a money sharing its function with each other in world, namely to serve mankind and economy instead of dominating it, is becoming old Europe’s new idol. For that Europe’s policy maker put at disposal the oldest and most venerable traditions and hardest won achievements of the conti-nent: the freedom of people, their constitutional and property rights, the national welfare state and the principle of "pacta sunt servanda" and not violating them by political opportunity? Why Europe’s politicians believe so uniformly in "TINA": There is No Alternative, a formula which Germany’s chancellor Angela Merkel repeats and turns like a Tibetian prayer-mill?

III. The truth behind EURO-rescuing: Lobby interests, keeping Germany down and the illusionary dream of the United States of Europe

It is not easy to find a conclusive explanation for this Euro- idolatry of Europe’s political estab-lishment. A least three partly overlapping reasons for that can be distinguished: first the belief pure micro-economic arguments have macro-economic relevance, a view which comes very near to see the problems with the eyes of the lobby, second taking the crisis as chance for the EU and its organs to win new competences and third thinking the crisis proofs that Europe as an alliance of national and independent states only can survive in a global world of mega-states and –blocks, if it merges to the United States of Europe with Euro and a transfer-union as the mover to this final goal. The financial as well as the export sector: both pursue with the Euro-rescuing sector-egoistic aims. The financial sector needs liquid and solvent debtors, in order to prevent capital losses and fallings out. The export industry fears damages from a come-back of national currencies and their tentative appreciations. The hitherto limited appreciation of the Euro, consequence of the big problems and financial risks in countries like Greece and the other, improves their chances on the global export markets . The first anxiety dominates in France , in Germany the second. . In both cases, lobbyistic interests compete with the common best, but can substitute them? It is the real domestic economy which has to pay the reckoning, especially the small scale enterprises, being depending from expen-sive banking credits and having their main markets at home instead abroad. Due to the Euro and the relative high-interest-policy of ECB they suffer under higher interest rates than their competitors outside the Euro-Zone and under the losses in real domestic demand as the consequence of stagnant or falling real incomes at home and dear imports. Small may be beautiful in reality: in competitive markets as well as textbooks, but not in the politics of the EU. The real victims of the Euro have no lobby and no voice in the public. Germany with its economic strength and big surpluses in foreign current account is conditio sine qua non for the functioning of the EU-union. Without the German surpluses the rest of the Euro-Zone would write deep-red figures in current account internally as well as with the outside world. But indispensable or not: Germany remains for the rest of Europe a potential danger and clandestine ruler. This fear has grown since the re-unification of the country after the breakdown of the Soviet-Union at the edge of the 1990ties. The Cold war transformed in the Cold fear in case of Germany. Therefore the country has to be kept under the control of the EU and its institutions. Strange enough: But the leading politicians of Germany in all parties, represented in the parliament, share this view; the only exception are the last relicts from the old state party of the former DDR. How this can be explained? How could an old culture nation like Germany so thoroughly forget its history and lose its long and laudable tradition? There is no simple answer to give. Germany after the catastrophic end of its heroic age had only the choice to re-start as a nonpolitical merchant nation. Its come back after Second War became identical with its "Economic Miracle" and the hardest money of its history, the D-Mark. What for Germany was a symbol for an irrevocable break with an unfortu-nate past gained for Europe traces of a new instrument of domination. Therefore the European com-munity urged the reunified country and its leaders to give up the D-Mark for the Euro. But now both sides can learn: It was a terrible mistake. It was easier for all other European nations to live with the D-Mark as leading currency of Europe than to obey the rules of a common, centralised money. In relation to the D-mark they preserved their right to adjust their foreign exchange rates instead of subjugate the entire economy to the uniform conditions of a centralized currency, like the Euro. Even their open disregarding of the agreed rules brings not back to them the lost freedom for own policies and measurements. The lesson is hard, but not to ignore. If a country is missing the right to print its own money and getting credit in last instance from its national central bank, this country stands with one leg in the realm of bankruptcy, which can be observed in the present crisis. Instead of controlling the German giant and depowering its mighty central bank the European nations lost with ECB, Euro and its maintenance the control over their own economy and domestic policy. A great economist of last century: Milton Friedman was predicting this consequence and the ultimate wrecking of the European Monetary Union by saying: It is for all economies all the time easier to change only one price, namely the foreign exchange rate than all prices of the entire economy together. This is learning Europe now in the present crisis.

IV. The "United States of Europe": only a new Soviet-Union "light". The better solution would be an European UNO

The idea to "use" the Euro-crisis as a fuel element to transform the EU into the "United States of Europe" (equipped not only with common money, but also taxes, debentures and bonds) can be regarded as even cynical as illusionary. Cynically, it would erase nearly all achievements since the po "Enlightening" 250 years ago and the following political and social progress: the rights of parliaments, the governmental division of power, the national welfare state. Especially the Left would lose the fruits of the victories, won by their fathers and grand-fathers. Europe would never become a copy of the USA, which form since their birth a "nation" with an unified "demos" having at disposal all neces-sary instruments to articulate the nation’s common will: constitution, legislation and a government for the whole country. Nor would this Europe ever be the mirror image of the former British common-wealth: an association of independent, democratic Nations. Due to the "Politbüro" at Brussels and its centralistic attitudes of governing would be nothing else as a new Soviet-Union "light", with shadow parliaments in centrum and provinces and governments on local levels.

Maybe that some European leaders combine with the transfer-union in coming the hope the newly installed executive-organs EFSF and EMS could become the forerunner of such an European Mega-State – even his concept remains illusory. The funds, even if they were transformed to banks (accor-ding latest ideas) are not capable to finance the crisis "away". Neither their "leverage" (refinancing by markets, banks or the ECB) nor the official guarantees and credits by the budgets are sufficient to co-ver the needs, if the capital flight out of the countries involved begins to run. Neither rating of funds becoming "bad banks" can be held, nor the budgetary support can be given unlimited. Merely sooner than later begin in the creditor countries the constitutional brakes to seize. Repealing the national con-stitutions requires everywhere in Europe referenda, even in Germany. There is no chance to win such referenda in all 27 EU-member countries, at least not in the tradition-conscious ones, maybe only in some small.

Is there no model for reforming the present EU in an organ of general acceptance by all European nations and making it more efficient in terms of coordination of their policies? It is available: It could be The United Nations (UNO) as a Parliament of States and their Governments. The UNO as world-system needs regional sub-systems in order to prepare and to structure the dialogue of nations on the global level. It is in the interest of Europe (like that of the other regionally organized groups of states) to speak with one voice instead with many. If EU in this sense and direction could be "aug-mented": it would be on the right way. Europe would maintain its traditions, cultures, institutions and democracies; but nevertheless it could act as a community and "profiling" in the world.

V. And Europe’ monetary future? An European Bretton Woods

How to solve Europe’s monetary crisis? The answer comes from the lessons of past. Europe’s best times economically and monetarily were the 40 years before the Euro: between 1958 (start of Com-mon Market) and 1999 (introduction of the common currency). In the middle of this period (1979) came the "Exchange Rate Mechanism (ERM) in function. Against its label: The ERM was not a mo-netary, but foreign exchange union – like all other historical monetary agreements of former times: Bretton Woods, Gold-Standard, Skandinavian’s Mint-Union, the French-led Latin Mint Convention. The member states agreed with each other about the external monetary policy (levels of foreign ex-change rates and their change).The responsibility for the inner money value and policy remained by the national states resp. their Central banks. None of these agreements violated or removed the nation-nal ability to act free and autonomous in terms of monetary policy at home. It was the ideal compro-mise between the interests of businessmen and of saver; the first needed stable outside-money, the latter stable inside-money.

With ERM came a new element in the play: A neutral unit of account as base for notification and calculation of the (intra-European) foreign exchange rates: the ECU (European Currency Unit). ECU (a french idea) was sought as substitute for the D-Mark as calculation base for the inner- European exchange rate grid. Since D-Mark remained the leading currency in the Common Markets, ECU was only a "token" element of the system. Nevertheless Europe can learn in the present crisis from ECU: This token European currency could not run in or create a financial crisis. It remained unchanged and stable "for ever", even if some national currencies in Europe began to become weak. It was an "Euklidian" stability: If many units are equal to a third, they are also equal in relation to each other. The lesson from this is very simple: The EU has to come back to an ECU-System under the title of "Euro". It would be an ERM II, in which each country is represented with its own currency. The currency is linked with the EURO (instead of ECU) to each other ERM- currency, but their Govern-ments are free to adjust its foreign exchange rate, whenever the country’s macro-economic conditions such require. Greece of today could devalue its currency and then start to restore the economy with a

"Keynesian" economic growth- and development program. So could do Portugal, Spain, but even also Italy or France. In this monetary Europe all nations are responsible for their own currency, their stability, internal va-lue and the economic climate in their country. All currencies together, based on a common account-ting-unit form an European monetary block and network, which is internally flexible, but stable against the outside world. The members of this system have the freedom (and can keep it) to use their monetary instruments (interest and foreign exchange rates) in times and cases of national needs. No country would be subjugated – as today - to plagues, which result from a centralized system, neglect-ting different needs and require painful adjustment of the entire economy instead of only its foreign exchange rate. Keynes old dream of his (not the later realized) Bretton Wood could become truth. And this for an Europe at profit for all its countries. No un-teachable Eurocrate fighting for sinecures could block this way out of Europe’s deepest crisis, making it free for a better future.