Ruée chinoise sur l’immobilier étranger


Extrait de : Ruée chinoise sur l’immobilier étranger, Contrepoints,  25/10/2011

C’est le tour des Chinois de sortir du pays pour aller s’installer aux États-Unis, au Canada, en Australie, en Europe, en Asie du Sud Est ou bien dans d’autres endroits où ils dépensent sans compter pour acquérir des biens immobiliers. C’est ainsi qu’est déclenché à l’étranger une nouvelle tempête d’achats de biens de propriété.

La ruée des investisseurs chinois pour acquérir des biens immobiliers à l’étranger est en fait due à la dépression et au marasme du marché immobilier intérieur.

Depuis le début de cette année, suite aux effets de l’application d’une série de mesures politiques en vue de régulariser et de contrôler le marché immobilier, dans les principales grandes villes chinoises, il est apparu une situation où l’immobilier est en dépression et en récession et où son avenir est flou et incertain. Ainsi, le volume des transactions du marché immobilier est en baisse continuelle, car les restrictions imposées aux achats et aux prix répriment fortement l’enthousiasme des investisseurs pour le marché immobilier. C’est justement à ce moment-là qu’ils constatent que les achats à l’étranger de propriétés constituent pour eux un bon moyen de placement de capitaux.

Les investisseurs chinois se ruent au Canada pour s’installer à Vancouver et pour y acheter des maisons. Leur nombre croît sans cesse pour atteindre, durant le premier trimestre de cette année, 29% du nombre total des investisseurs chinois établis à l’étranger, soit quatre points de pourcentage de plus par rapport à l’année dernière avec 25%. Avec l’impulsion due au facteur chinois, le prix de l’immobilier dans cette ville canadienne a augmenté de 12% en 2010. Selon les prévisions de Canada Mortgage and Housing Corp, les prix de l’immobilier à Vancouver continueront à s’accroître cette année au moins de 3%.

L’Association nationale américaine de l’immobilier a établi des données qui montrent qu’au cours de l’année allant de mars 2010 à mars 2011, les investisseurs étrangers ont placé dans le marché immobilier américain plus de $41 milliards et que parmi les acheteurs 9% sont d’origine chinoise, lesquels occupent la deuxième place juste après les Canadiens qui sont à la tête avec 23%, tandis que les Britanniques, les Mexicains et les Indiens occupent ex aequo la troisième place avec 7%.

En Grande-Bretagne, pour les seuls deux derniers mois, les Chinois ont investi quelques £120 millions pour acquérir des biens immobiliers à Londres. Dans le quartier financier londonien Canary Wharf , un tiers des maisons qui viennent d’être vendues sont acquises par des acheteurs venus de la partie continentale chinoise ou bien de Hong Kong. L’année dernière toujours dans la capitale britannique, dix pour cent des nouvelles maisons ont été acquises par des Chinois. Savills plc, un fournisseur de services immobiliers coté à la bourse de Londres, révèle qu’une quantité considérable de capitaux étrangers se précipitent sur le marché immobilier londonien et que parmi ces capitaux, les fonds venus de la Chine augmentent sans cesse et rapidement.

En Corée du Sud, de janvier à mars derniers, la surface des biens immobiliers acquis dans le pays par des Chinois s’élève à 165.560 m², soit presque le double par rapport à la même période de l’année passée, tandis que la valeur globale atteint 74,9 milliards de wons sud-coréens, soit une augmentation de près de quatre fois par rapport à la période correspondante de l’année dernière (15,6 milliards de wons sud-coréens). Pour ce qui est de Singapour qui se trouve également en Asie, le nombre des acheteurs chinois venus de la partie continentale a dépassé celui des Indonésiens et des Malaisiens et les Chinois figurent maintenant à la tête des clients étrangers quant à l’achat à Singapour de maisons privées.