Spéculation - Hedges Funds - CDS

Trois articles intéressants :

1.     Un extrait vidéo de la spéculation excessive du système financier.

2.     Un cas intéressant des Hedges Funds qui commencent à spéculer contre nos banques canadiennes.

La raison : Risques d’une crise immobilière due aux taux d’endettement des Canadiens.

3.     Il semble que les CDS à nus seront interdits en Europe

C’est quoi des CDS, me direz-vous. Et bien, il s'agit tout simplement d'assurances sur un prêt accordé à un état, pour le cas où ce dernier ferait défaut et ne pourrait donc pas rembourser son emprunt. Le créancier se couvre donc, auprès d'une assurance. Jusque-là, tout le monde suit et personne ne remet cela en question...

Là où ça devient marrant avec les CDS, c'est que vous pouvez en acheter/vendre... même si vous n'êtes en rien concerné par le prêt en question !

Pour reprendre l'exemple couramment donné : c'est comme si vous preniez une assurance habitation sur un bien immobilier qui n'est en rien le votre.

On devine très vite les dérives que cela peut avoir : mettre le feu au bien immobilier vous garantira à coup sûr une indemnisation de l'assurance, sans pour autant que vous y perdiez quoi que ce soit (le bien immobilier ne vous a rien couté).

C'est donc ça que l'Europe est en train d'interdire


Extrait de : Confessions de traders, Par Pascal Canfin, Blog de Liberation.fr,20/09/2011

Trois ans après la faillite de la banque Lehman Brothers, presque rien n'a changé dans les banques et dans les salles de marchés. Depuis septembre 2008, malgré tous les discours de moralisation du capitalisme, les tentatives de régulation n'ont pour l'essentiel pas abouti. Et les traders continuent de prendre tous les risques sur les marchés. C'est ce que racontent deux d'entre eux, dont j'ai recueilli les "confessions" en vidéo. En moins de 10 minutes, ils expliquent l'évasion fiscale, les mécanismes de spéculation, l'absence de contrôle par le politique et la folle course aux gains.

Le format est peu habituel, mais j'ai souhaité faire cette vidéo pour donner la parole à ceux qui connaissent le système financier de l'intérieur et qui sont finalement ceux qui en parlent le mieux!  Ce format m'a semblé idéal pour exposer un système financier qui fonctionne dans l'opacité la plus complète et montrer à quel point il est temps de reprendre la main sur la finance et d'élaborer de nouvelles mesures de régulation des marchés financiers et du secteur bancaire.

Les voix ont été modifiées pour respecter l'anonymat des traders, ce qui n'est pas toujours agréable à l'écoute mais c'était la condition de leur acceptation.


Extrait de : Hedge funds take aim at Canadian banks, Nicolas Johnson, Globe and Mail, Oct. 13, 2011

Canadian banks are often described as boring, safe and stable, but some speculators are beginning to apply another adjective: expensive.

The country’s five biggest banks trade at some of the highest price-earnings multiples in the global banking industry. That’s partly because their shares have held up relatively well this year, while their peers worldwide got clobbered on concerns related to Europe’s debt crisis and a possible recession in the U.S.

The valuation gap is prompting some observers to bet that Canadian bank stocks will fall, even as their defenders argue that the financial institutions’ rock-solid retail base and prudent management will help them withstand any slowdown.

“The hedge fund community has shown an increased interest in shorting Canadian bank shares of late,” RBC Dominion Securities Inc., the brokerage unit of Royal Bank of Canada, said in a research note this week. “While we recognize downside risks in a recessionary scenario, we ultimately believe Canadian banks will hold up relatively better than other sectors in the event of a downturn.”

Canada’s banks have largely sidestepped the woes, ranging from subprime mortgages to Europe’s sovereign debt issues, that have dogged many of their international rivals.

But while the strength of Canada’s economy helped propel the banks through the last financial crisis, some foreign investors are now eyeing the elevated level of household debt in this country and wondering how the financial sector would weather a cooling off of the red-hot housing market.

“The key investment concern from U.S.-based investors is the Canadian consumer’s health, and the level of indebtedness in the mortgage market,” said Cheryl Pate, a New York-based analyst with Morgan Stanley, which has a “neutral” rating on Canada’s banking industry. “We are looking broadly for a slowdown, but I would say it’s a slowdown to a normalized level.”

While the banks may look expensive against their global counterparts, other measures show their valuations haven’t deviated from historical trends. Canadian banks now trade at an average of 11.5 times earnings, versus an average of 11 for the past decade.


Extrait de : Pascal Canfin : « Pour la première fois depuis le début de la crise, l’Europe interdit un produit financier », Europe verts,18 octobre 2011

Le Parlement européen et le Conseil se sont entendus aujourd’hui sur un compromis en faveur de l’interdiction des Credit default swap (CDS), un produit financier très spéculatif qui permet de s’assurer contre le risque de faillite d’un Etat.

Le texte proposé par la Commission européenne en septembre 2010 va donc être adopté et donner à l’Europe les outils pour lutter contre cette spéculation..

Pascal Canfin, eurodéputé (Europe Ecologie-Les Verts) depuis 2009, est le rapporteur pour le Parlement du texte sur l’encadrement des ventes à découvert. Cette nouvelle législation avait été initiée en septembre 2010 par la Commission européenne, sous la pression d’Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy.

Quelle est la portée de cette législation européenne ?

Interdire la détention de CDS à nu souverains [c’est-à-dire sans détenir la dette obligataire correspondante] comme c’est prévu dans l’accord politique conclu entre le Parlement européen et le Conseil, c’est quelque chose qui n’a été fait nulle part ailleurs dans le monde. Plus largement, c’est aussi la première fois depuis 2008 et le début de la crise que l’Europe interdit un produit financier. C’est un signal fort et une avancée importante.

Quels pays étaient partisans de cette interdiction ?

Initialement, seuls deux Etats membres, l’Allemagne et l’Autriche, étaient partisans de cette mesure. La France, elle, n’a jamais eu de position favorable par rapport à l’interdiction des CDS à nu. Les positions ont évolué car le Parlement a pesé de tout son poids, les trois quarts des eurodéputés ayant voté en faveur de cette mesure. La tempête estivale sur les marchés a également dû faire réfléchir certains pays réticents au départ, comme l’Espagne et l’Italie.

En quoi cela va-t-il changer la donne pour la dette souveraine ?

On sait très bien que c’est un élément de spéculation sur la dette des Etats.

·         Certains « hedge funds » achètent des CDS à nu pour en faire monter le prix, et donc la perception du risque associé à la dette souveraine.

·         Du coup, les investisseurs qui ont vraiment la dette souveraine en question se ruent sur les CDS, et les fonds peuvent tranquillement leur revendre avec une plus-value.

·         Deuxième effet, la hausse du prix des CDS fait monter les taux d’intérêt et réduire la valeur des obligations souveraines.

·         C’est une deuxième source de revenus pour les « hedge funds », qui parient à la baisse sur la valeur des obligations. La spéculation ne disparaîtra pas, mais cela contribuera à alléger la pression.

L’Europe va-t-elle assez vite en termes de régulation ?

Il n’y a pas de culture de l’urgence au sein des institutions européennes, et c’est un vrai problème. Mais c’est aussi la contrepartie du processus démocratique européen, qui passe par la codécision entre Conseil et Parlement. Pour autant, en matière financière, l’Europe devrait aller plus vite et plus loin.