Immigration réduire et implication des organismes et ville de Montréal

UNE PLANIFICATION QUÉBÉCOISE DE L’IMMIGRATION PEU ÉCLAIRÉE, NE TENANT QUE TROP PEU COMPTE DES OBLIGATIONS D’INTÉGRATION POSITIVE ET DE LA CAPACTÉ D’INTÉGRATION LINGUISTIQUE ET ÉCONOMIQUE : UN FARDEAU POTENTIEL POUR LES FINANCES DU QUÉBEC.

1 novembre 2011

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Montréal, le 12 octobre 2011

                       

                       

Objets :          A. Potentielle implication d’associations patronales ( MEQ/CCMM…) en formation technique pour lutter contre le décrochage, mais une baisse de l'immigration générale, malgré quelques besoins sectoriaux, régionaux et spécialistes ou compétences spécifiques (en région)/intégration régionale positive.

                           B. Réduction des niveaux d'immigration sur Montréal.

                       

 

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    Nous vous le redisons, les niveaux actuels de l'immigration dépasseraient les capacités d'intégration positive sur tous les plans, économique, sociale et linguistique, notamment sur Montréal. La région de Montréal accueille de 86 à 88% des immigrants (réfugiés, réunification des familles sans qualifications et trop largement anglotropes alors qu'il existe un bassin d'immigration francotrope au sein de l’espace francophone et que Montréal s'anglicise...) Au plan de la bonne gouvernance, on observera alors que la planification de l'immigration est déficiente. L'immigration anglotrope trop élevée et des moyens inadéquats de francisation font que quelque 50% des immigrants effectuent un transfert linguistique vers l’anglais. Cette sur-concentration sur Montréal, déjà aux prises avec le taux de chômage le plus élevé parmi les grandes villes canadiennes, va à l'encontre des impératifs de l'intégration économique et linguistique.  

 

Vous conviendrez déjà que les données sur l'emploi et la création de l'emploi sont décevantes (que 16,300 emplois créés au Québec jusqu’en août 2011, un taux de chômage de plus de 8%; un taux de chômage de 8,4% à Montréal, plus que dans toutes les autres grandes villes canadiennes - source Stat Canada-) et incitent à la prudence. De plus les dernières données économiques de l'ISQ indiquent que le PIB au Québec était à la baisse (-0,8% annualisée). Les tumultes qui agitent les marchés financiers et la crise européenne constituent une toile de fond qui effraie le monde entier. Alors, tout influx de l'immigration au-delà de la capacité d'intégration se traduirait par des hausses des assistances sociales aux nouveaux arrivants! À vrai dire, les niveaux d'immigration canadiens et québécois auraient du être abaissés depuis 2009. On ne peut ignorer que  le gouvernement québécois aura dépensé plus de 660 millions de dollars en 2009 en allocations d'assistances sociales aux immigrants (réf. MESS). À vrai dire, il semblerait que les niveaux élevés de l’immigration canadienne dans son ensemble ne soit décidée que pour répondre aux besoins de l’économie de l’Ouest, dont en particulier l’Alberta. Certaines associations ou groupes de pression représentant des intérêts d’entrepreneurs préconisent, jusqu'a récemment et sur la base de données plus anciennes, des hausses des niveaux d’immigration en dépit des analyses économiques actualisée de l’ISQ. Ces associations partisanes défraieront t-elles les coûts imputés à l'ensemble des Québécois des programmes d’assistance sociale aux immigrants ne répondant pas aux besoins du marché de l’emploi, notamment sur Montréal?

 

J'ajoute le commentaire suivant -tiré de l'édition de samedi le 8 octobre de la Presse- lequel  résume bien les dernières tendances du marché de l'emploi au Québec. Malgré la publication de données encourageantes sur la création de l'emploi au Canada (ouest) et aux États-Unis, " Quel contraste avec la performance médiocre  ( de l'emploi) au Québec que reflète mal la baisse de trois dixièmes du taux de chômage à 7,5%. La société distincte a tout juste créé 2200 emplois en septembre, mais 12900 personnes ont déserté les rangs de la population active. Qui plus est, ces emplois sont tous à temps partiel. Les détenteurs d’emplois à temps plein sont 21200 de moins qu'en août. Cette année, le Québec compte jusqu'ici (seulement)18500 de plus qu'en décembre, tous à temps partiel. Le nombre d'emplois à temps partiel est même en baisse de 8100." ( reportage R. Le Cours, le 8 octobre . Selon les plus récentes données de Statistiques Canada). De plus le taux de chômage serait en hausse à 9,5%à Montréal plus que toute autre grande ville canadienne,  et le taux de pauvreté est l'un des plus élevés (13,6%) du pays.

 

Voilà qui confirme nos précédentes analyses à l’effet que les niveaux d'immigration, surtout sur Montréal, devraient être baissés en fonction de la capacité d'absorption (intégration positive).  D’autres solutions de rechange à des demandes de main-d’œuvre existent. A cet égard, on peut déjà suggérer la potentielle implication des organismes à caractère économique ( MEQ, CCMM...) en formation des jeunes décrocheurs et la lutte contre la délinquance chez les jeunes québécois. Les taux de décrochage et les taux d’assistance sociale de jeunes aptes au travail constituent un scandale, littéralement. On nous dira que des efforts sont faits, ici et la. Mais, c’est trop peu :  on néglige un potentiel humain et en ressources humaines de nos jeunes compatriotes ou de jeunes néo-québécois que l’on aura fait venir sans les intégrer sur le plan de l’emploi.  La ministre de l’immigration aura une part de responsabilité des drames humains que génèrent les planifications inadéquates de l’immigration.

 

Par ailleurs ce sujet s’ouvre sur un tout autre horizon. Inexorablement à courte échéance ce flux d’une immigration récente dont plus de 90% des immigrants optent au Canada pour un transfert a l’anglais ( sources : Rapports du CLO et Stat. Canada) marquera, sous les conditions actuelles d’anglomanie et d’anglo-conformité, un mouvement irréversible de la décroissance du poids du français au Canada, une glissade du sentiment identitaire de l’ensemble des Québécois, une marginalisation plus prononcée encore des communautés francophones du pays, peu a peu assimilées au statut de communauté parmi la mosaïque des communautés culturelles nouvellement arrivées au Canada et dont la langue commune est l’anglais. Nous assistons a la mise en œuvre délibérée d’un processus, par l’immigration, qui gruge un vital équilibre de la dualité linguistique et binationale du Canada, processus auquel participe le MICC! C’est un autre sujet, certes, mais pourtant indissociable du premier.

 

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Michel Pagé

chercheur et conseiller

Montréal

 

 

 

C.c MICC; Ministère des finances du Québec. Conseil municipal de la Ville de Montréal.

 

 

 

Références :

Livres ou études récemment parus portant en grande partie sur l’analyse économique, dont le chap. 5 de : «  UN PASSÉ, UN DESTIN ou L’AVENIR D’UN PEUPLE » ISBN 978-2-9812205-1-9;  et,

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    # by Anonyme - 15 février 2012 à 20 h 58

    faut-il augmenter l'immigration afin de régler la pénurie de main-d'oeuvre ?

    l'économiste ne croit pas à cette théorie. «Pour la pénurie de main-d'oeuvre, la solution numéro un reste la formation de la main-d'oeuvre. Dans ce contexte-là, on peut toujours aller chercher des immigrants dans des domaines spécialisés, mais l'immigration ne réglera pas la pénurie de main-d'oeuvre de façon générale.»

    Carlos Leitao qu'il faisait ses études en économie, ses parents gagnaient honorablement leur vie dans l'industrie du vêtement et de la construction. Aujourd'hui, la famille Leitao aurait beaucoup plus de difficulté à joindre les deux bouts dans la même situation. «L'économie québécoise a beaucoup changé au cours des 35 dernières années, dit-il. Quand mes parents sont venus au Québec, il y avait plein d'emplois non spécialisés avec lesquels il était tout à fait faisable de mener un niveau de vie décent. Ce genre d'emplois est très rare aujourd'hui.»

    Les plus récentes statistiques concluent que l'intégration des immigrants au marché du travail se fait plus difficilement au Québec que dans le reste du Canada. Selon Statistique Canada, le taux de chômage chez les immigrants est supérieur de 1% au taux de chômage moyen des Canadiens en 2007 (7,0% pour les immigrants canadiens contre 6,0% pour les Canadiens en général). Au Québec, l'écart est de 3,3% (10,5% pour les immigrants québécois contre 7,2% pour les Québécois en général).

    Selon une étude du professeur Pierre Fortin, les nouveaux arrivants au Québec (moins de cinq ans de séjour) ont beaucoup plus de difficultés à trouver un emploi que ceux qui s'établissent en Ontario. Chez les minorités visibles (arabe, africaine, sud-asiatique, orientale, etc.), l'écart du taux de chômage des immigrants par rapport à celui de la population en général est de 16% au Québec contre 6% en Ontario. Quant aux immigrants de race blanche, l'écart par rapport à la moyenne provinciale est de 11% au Québec contre 4% en Ontario.

    «Le Québec intègre très mal ses immigrants à son économie.»

    Au cours des prochaines années, le gouvernement Charest espère attirer environ 9000 immigrants supplémentaires au Québec - ce qui porterait le total à 50 000 nouveaux arrivants annuellement. . «Si nous ne réglons pas la pénurie de main-d'oeuvre, ça peut signifier une décroissance économique pour le Québec», dit le ministre québécois de l'Emploi et de la Solidarité sociale Sam Hamad, lui-même né à Damas, en Syrie.

    Selon la plupart des économistes, l'idée du gouvernement Charest d'accepter plus d'immigrants ne règlera pas le fond du problème: l'intégration difficile des immigrants au marché du travail québécois. «Il y a encore beaucoup de contraintes qui font en sorte que des immigrants médecins ou ingénieurs ne sont pas capables de pratiquer leur métier au Québec, dit Yves St-Maurice, économiste en chef adjoint du Mouvement Desjardins. Faire immigrer des médecins de l'extérieur pour les faire travailler dans un Tim Hortons, ça ne donne rien.»

    Mauvaise nouvelle pour les futurs immigrants québécois: leur intégration risque de continuer d'être difficile au cours des prochaines années. Le problème: ils sont surqualifiés! Près de la moitié - 48% en 2006 - des immigrants québécois détiennent une formation universitaire (FQS; voir l'article L'équivalence des diplômes) . Or, le Québec aura surtout besoin de nouveaux travailleurs dans les secteurs techniques d'ici 2011. Selon les prévisions d'Emploi-Québec, le Québec formera suffisamment de diplômés universitaires afin de combler les emplois universitaires disponibles sans l'apport de l'immigration.

    L'économiste Pierre Fortin n'est pas d'accord avec les conclusions du ministre Hamad. «Avant d'augmenter le nombre d'immigrants, qu'on concentre plutôt nos efforts sur ceux qui sont déjà chez nous, dit-il. Nous sommes déjà débordés de néo-Québécois qu'on est incapable d'intégrer.»