Jeu vidéo: Montréal accueille deux nouveaux venus

Au Québec, si ça continue, il y a moins en moins d’investissement privé si elle n’est pas cautionnée par l’investissement public.

Une autre incidence désagréable de la mondialisation, le chantage fiscal ou les subventions à outrance, qui bien sûr, ne rentrait dans les modèles mathématiques de nos supposément brillants économistes.


Extrait de : Jeu vidéo: Montréal accueille deux nouveaux venus, Vincent Brousseau-Pouliot, La Presse, 28 novembre 2011

(Montréal) Le Montréalais Anthony Brown rentre au bercail. Après plus de 15 ans en Colombie-Britannique, l'entrepreneur lance deux entreprises de jeux vidéo à Montréal avec l'appui du Fonds de solidarité FTQ. Une centaine d'emplois seront créés au cours des deux prochaines années.

Infinite Game Publishing sera un éditeur de jeux vidéo en ligne tandis que 7G Games Services offrira des services d'hébergement de jeu vidéo en ligne. Toutes deux établies à Montréal, ces entreprises seront des filiales Vancouver Divertissement 7G (Seven Group), entreprise de Vancouver dirigée par Anthony Brown. Le Fonds de solidarité FTQ, qui investit 8 millions dans le projet, sera actionnaire minoritaire des filiales montréalaises de Divertissement 7G. Le projet, annoncé officiellement aujourd'hui, devrait créer de 100 à 180 emplois d'ici deux ans. Divertissement 7G ne lance pas de nouveau studio du jeu vidéo à Montréal: l'entreprise offrira plutôt des services d'hébergement de jeux en ligne aux autres studios, en plus de publier sous sa bannière des jeux conçus ailleurs. «Nous ne ferons pas concurrence aux développeurs de jeux montréalais», dit Anthony Brown, PDG de Divertissement 7G, en entrevue à La Presse Affaires.

L'entreprise se concentra uniquement sur les jeux en ligne à grand déploiement pour l'ordinateur. Ces jeux sont offerts gratuitement à la base, mais il faut payer pour obtenir des articles qui faciliteront la tâche aux joueurs. Un jeu en ligne peut coûter plusieurs millions à produire - plus cher que les jeux sociaux (moins d'un million de dollars), mais généralement moins cher que les jeux à grand déploiement sur consoles (entre 10 et 50 millions). En 2012, Divertissement 7G espère lancer trois jeux en ligne, dont MechWarrior Online.

»Entrepreneur en série»

Né à Montréal, Anthony Brown a été un «entrepreneur en série» dès l'adolescence, démarrant une entreprise d'impression de t-shirt et un magasin de bandes dessinées. À 24 ans, il quitte le Québec pour la Colombie-Britannique, où il se lance dans les technologies de l'information. «Au début, j'opérais une base de données pour les banques et les gouvernements, mais ça pouvait aussi servir l'industrie des médias numériques», dit le PDG de Divertissement 7G, qui a fourni des services au producteur de films Pixar, la filiale de Disney, ainsi qu'à plusieurs studios de jeu vidéo.

Anthony Brown, qui gardera une trentaine d'employés en Colombie-Britannique, a choisi de faire son expansion à Montréal en raison de l'effervescence du milieu du jeu vidéo et du généreux crédit d'impôt québécois de 37,5% sur la masse salariale. «Montréal est l'une des trois plus importantes villes au monde pour développer des jeux et le Québec est la province canadienne qui investit le plus dans son industrie», dit-il.

En plus du crédit d'impôt québécois, Divertissement 7G compte aussi sur l'appui financier du Fonds FTQ. «Nous voulions trouver un projet structurant et amener une expertise nouvelle à Montréal, dit Alain Denis, vice-président de la nouvelle économie au Fonds de solidarité FTQ. Avec cet investissement, nous voulons continuer de tirer l'industrie montréalaise vers le haut.»

Il s'agit du deuxième investissement du Fonds FTQ dans le jeu vidéo. Par le biais de la firme Teralys, le Fonds FTQ détient aussi une participation minoritaire dans Gamerizon, PME montréalaise connue pour le succès de ses jeux Chop Chop sur les plateformes d'Apple.