La Chine menace l'aérospatiale canadienne

Bon Dieu, nos compagnies canadiennes se réveillent.

Évidemment, après avoir tranférer (1) (2) la technologie chez les Chinois et des grappes industrielles au complet, il se trouve par hasard que les Chinois risquent de nous concurrencés.

D'une évidence déconcertante, évidemment les compagnies canadiennes vont encore quêter de l'argent aux peuples pour tenter de survivre.

Bientôt on va lire l’étiquette sur les avions de Bombardier :

Développer par les pays industriels grâce aux crédits d’impôts payés par le peuple,
mais fabriquer en Chine pour leurs coûts de main d’œuvre moins chers.

Bel équilibre économique !

Entre temps, les Chinois génèrent  plus de 700, 000 ingénieurs par année, autant que l’Europe et les États-Unis combinés, et on bien l’intention de devenir pionner dans la recherche.

Conséquence d’une mondialisation débridée: Bombardier se trouve en compétition avec un avion chinois, l'ACAC ARJ21 grâce au transfert technologique de McDonnell Douglas, beau modèle économique.

Toujours la question aussi fondamentale à certains économistes qui vivent dans un monde utopiste !

Comment fais-tu pour compétitionner un Chinois qui fait dix fois moins que toi,
et est aussi brillant et entreprenant que toi ?


Extrait de : La Chine menace l'aérospatiale canadienne, Michel Munger, Argent, 1 novembre 2011

La Chine devient une menace pour les emplois locaux en aérospatiale. Elle force notamment les acteurs les plus importants à changer leur modèle d'affaires.

C'est un des enjeux qui s'imposent alors que les entrepreneurs de l'industrie se réunissent, mercredi et jeudi, à Ottawa pour un premier sommet national.

«La Chine a une capacité de développement importante et des installations productives, précise Philippe Barré, professeur adjoint à l'École de relations industrielles de l'Université de Montréal. Des entreprises comme Bombardier y sont présentes, notamment avec la production du fuselage de la CSeries.»

«La volonté de la Chine est très claire à cet égard, poursuit-il. Elle veut se développer et fabriquer des avions 100% chinois. C'est une occasion et une menace pour les Occidentaux. Ils peuvent faire de la production à des coûts relativement moindres là-bas. On sait par contre qu'à terme, des compagnies chinoises vont prendre plus de place dans l'aéronautique.»

La Chine n'est pas le seul défi au menu. Le 6 octobre, l'Association internationale du transport aérien (IATA) affirmait que le secteur était revenu en mode crise. Les marges de profit sont comprimées et la demande de cargo diminue.

Malgré tout, l'Association des industries aérospatiales du Canada est convaincue que les beaux jours reviendront.

«On parle beaucoup de la positionner pour capturer et optimiser sa croissance, indique Maryse Harvey, présidente affaires publiques et communications à l'Association. L'important sera d'augmenter notre part du marché mondial. Il faut réunir les entreprises afin de s'assurer que nous y arriverons.»

Les enjeux économiques sont énormes. Le secteur emploie plus de 83 000 personnes dans 400 entreprises au Canada. Le Québec compte environ la moitié de ces emplois.

Les ventes s'élevaient à 22 G$ en 2009. Environ 80% de la production est exportée. L'industrie canadienne investit 1 G$ par année dans ses activités.

Se spécialiser

M. Barré pense que les sociétés canadiennes n'ont pas le choix: elle doivent se spécialiser encore plus afin de survivre. «On le voit chez Bombardier, qui fait des avions économes en carburant son cheval de bataille. Chaque compagnie essaie de trouver une niche où la compétition est moins grande.»

Les milliards fédéraux

L'industrie peut toutefois compter sur l'apport du gouvernement fédéral afin d'innover.

Son programme Recherche scientifique et développement expérimental (RS&DE) permet de distribuer environ 4 G$ d'aide par année à plus de 18 000 entreprises canadiennes.

Selon ce programme, 35% des dépenses (avec un plafond de 3 M$) sont admissibles à des allégements fiscaux.

Le Canada a aussi été le premier pays du G20 à abolir, en 2010, les tarifs douaniers sur l'importation de matériaux industriels.

Selon Philippe Barré, c'est une pratique courante des gouvernements de donner de l'argent public à l'aérospatiale. Ottawa ne peut pas y échapper s'il veut retenir des emplois de qualité.

«On peut difficilement s'opposer à la tendance d'aider la recherche et le développement, dit-il. Les compétences des chercheurs et étudiants restent locales. C'est un créneau beaucoup plus statique que la production, heureusement.»

Peut-être, mais ce qui est payant, c'est de les produire, car ça génère de bons emplois et réduits le chômage, pas fort comme raisonnement !

Les grappes canadiennes

Montréal: C'est le principal pôle d'attraction pour la recherche et développement, la conception, la fabrication et l'entretien. Bombardier, Pratt & Whitney et Bell Helicopter sont des fleurons.

Toronto: la région compte 200 entreprises, dont Magellan, Honeywell et L3 Electronic Systems. On y fait de la fabrication, de la mise au point de systèmes et de l'entretien. Eurocopter se situe pour sa part à Fort Erie.

Winnipeg: Des entreprises y fabriquent des matériaux composites et font de l'entretien. Dans ce dernier cas, un acteur reconnu est Aveos