Le «Chantage» des oligarques

Le titre du Devoir en lui-même est très révélateur, «l’Électrochoc», je dirais plutôt le «Chantage» des oligarques, mes commentaires à l’intérieur.


Extrait de : G20: l'«électrochoc» porte ses fruits, Christian Rioux, Le Devoir, 4 novembre 2011 

Nicolas Sarkozy salue la «prise de conscience» des dirigeants grecs, mais ne relâche pas la pression

Cannes — Réunis en véritable sommet de crise, les membres du G20 rassemblés à Cannes depuis hier ont à la fois accentué les pressions sur la Grèce tout en saluant les signes positifs à mesure que les perspectives d'un référendum semblaient s'éloigner et que montaient les rumeurs de gouvernement d'union nationale. Sans présumer de l'évolution de la situation politique de la Grèce, où la majorité de Georges Papandréou ne tient qu'à un fil, Nicolas Sarkozy, hôte de ce sommet, a estimé que l'«électrochoc» administré la veille, en sommant la Grèce d'accepter les mesures de sauvetage ou de quitter l'Europe, a été «positif».       

Il a tout particulièrement salué la décision du premier ministre Georges Papandréou, qui se dit maintenant prêt à retirer son projet de référendum et à entamer des discussions avec l'opposition. Sarkozy se félicite aussi du discours du chef de l'opposition Antonis Samaras qui s'est rallié hier au plan européen de secours aux pays endettés adopté par la zone euro le 27 octobre dernier.

«Le message adressé à la classe politique grecque [...] a facilité une prise de conscience qui, si elle devait se confirmer, serait appréciée», a déclaré Nicolas Sarkozy.

Le problème avec cette approche c’est que la classe politique Grec est aussi corrompue, que nos chefs d’États qui doivent travailler supposément
pour notre bien commun.

Lisez l’article, Le cynisme des élites grecques, ça nous en dit long sur la qualité de gouvernance de ces supposément politiciens grecs.

Sur un ton plus ferme que jamais, il a rappelé que «l'euro est le coeur de l'Europe et l'Europe est le coeur de la politique française. Nous ne pouvons pas accepter l'explosion de l'euro qui ferait exploser l'Europe». Il se dit «heureux qu'il se trouve suffisamment de responsables politiques pour comprendre ce message». Et le président de conclure que «les pays s'administrent librement», mais que «l'euro et l'Europe, c'est notre patrimoine et ils doivent être défendus».

Défendent tes banques ou défendent le bien-être du peuple grec en les obligeant d’être dans un carcan insoutenable économiquement et à toute fin impossible
de rembourser la dette ?

Les dirigeants des 20 pays les plus puissants de la planète ont été suspendus toute la journée aux soubresauts de la crise politique grecque. Ce qui n'a pas empêché les pressions indirectes de continuer à s'exercer. De hauts responsables du G20 ont opportunément confié à la presse, dont le quotidien Le Monde, que les membres du G20 avaient discuté pour la première fois du coût d'un éventuel défaut de paiement de la Grèce et des conséquences d'une sortie du pays de la zone euro.

De son côté, la Commission européenne a rappelé que les traités ne prévoyaient pas qu'un pays puisse quitter la zone euro sans sortir aussi de l'Union européenne. Seul le traité de Lisbonne possède une clause de sortie de l'Union européenne, rappelle une porte-parole de la Commission. «La place de la Grèce, c'est dans la zone euro, et les instruments sont en place. Les accords ont été conclus pour que cela puisse continuer à être la réalité.»

La participation de la Chine

Plus tôt, le président Obama et Nicolas Sarkozy avaient estimé d'un commun accord qu'il était urgent de résoudre la crise afin de pouvoir se pencher rapidement sur la relance de la croissance. L'Europe a fait «des pas importants» dans cette direction, a assuré le président américain. Comme il en a l'habitude, Barack Obama a taquiné son homologue français en faisant remarquer cette fois que la fille de «Nicolas», née la semaine dernière, ressemblait heureusement plus à sa mère qu'à son père. Le président français a rendu hommage à la «compréhension» de Barack Obama concernant la création d'une taxe sur les activités financières proposée par la France.

Un compliment qui n'est pas du goût du premier ministre canadien, Stephen Harper, férocement opposé à cette idée.

M. Harper, on vous a soudoyé combien, pour refuser la taxe Tobin ?

Ah oui, j’oubliais peu de partis peut prendre le pouvoir au Canada,
sans la bénédiction de Bay Street.

Nicolas Sarkozy a néanmoins indiqué que plusieurs pays, dont l'Argentine et l'Allemagne, étaient intervenus hier pour soutenir sa proposition et que, si elle ne faisait pas l'unanimité, un «groupe de pays leaders» serait néanmoins créé.

Plutôt discret dans ce sommet, le premier ministre canadien s'est dit «convaincu que, à la fin, les Grecs vont accepter la proposition de l'Union européenne». Il affirme que les Vingt ont discuté de l'éventualité inverse. «Mais je ne m'attends pas à cette possibilité», dit-il. Plus tôt, son porte-parole Andrew MacDougall avait refusé de dire si le Canada jugeait positive la consultation du peuple grec, répétant que le référendum «concerne les Européens» et que «l'Europe doit agir rapidement». Le Canada, qui a coprésidé avec l'Inde le comité de travail du G20 sur la croissance, se dit pressé de voir ces propositions discutées.

Conscient des réticences que suscite en Europe l'invitation faite à la Chine de participer au Fonds européen de stabilité financière (FESF), le premier ministre chinois Hu Jintao a affirmé que c'était surtout à l'Europe de résoudre la crise de la dette dans la zone euro. «Nous pensons que l'Europe a la sagesse et la capacité de résoudre ses problèmes de dette, a dit le président chinois. En même temps, le monde doit apporter son soutien et son aide.»

L'apport chinois au FESF semble se confirmer. Nicolas Sarkozy a reconnu que les «pays [qui ont des excédents] témoignent de leur volonté d'aider». L'aide chinoise pourrait atteindre 100 milliards de dollars, a déclaré au Figaro Li Daokui, du Comité de politique monétaire de la Banque centrale chinoise. L'Europe est le premier marché d'exportation de la Chine. Li Daokui a cependant précisé que les garanties, notamment fournies par le FMI, devraient être suffisantes.

Approche classique de la Chine, achetons les dettes des pays industriels, entre temps, on pourra délocaliser leurs multinationales qui ne sont imputables qu’à leurs actionnaires en maximisant leurs profits.

Selon Reuters, qui a obtenu une version du communiqué final qui sera publié aujourd'hui, le G20 déclarera travailler à la mise en place d'un système monétaire international (SMI) qui refléterait mieux le poids des économies émergentes. Mais, il ne dirait rien de la réévaluation du yuan réclamée par les pays développés, comme les États-Unis et le Canada.

Un plan «crédible», «ambitieux» et «rapide»

Les 20 dirigeants réunis à Cannes semblent déterminés à affirmer demain leur appui total au plan européen de soutien aux pays endettés. Des modalités laissées dans l'ombre le 27 octobre dernier pourraient être précisées. «Nous avons l'ambition de mettre en place rapidement le FESF avec l'aide de plusieurs pays. Nous avons indiqué la volonté européenne d'aller très vite», a déclaré le président français, qui évoque un plan «crédible», «ambitieux» et «rapide».

Le premier ministre britannique, David Cameron, a prêché en faveur de l'adoption d'un plan détaillé pour la croissance et l'emploi. Son homologue espagnol, Luis Zapatero, dit souhaiter que la BCE devienne un prêteur en dernier ressort. Il a jugé qu'il fallait donner un peu d'air aux Grecs «faute de quoi, ils vont être confrontés à un chaos incontrôlable».

Un commentaire intelligent, remarquez que l’Espagne n’est pas mieux, leur taux de chômage a atteint un record historique, en terme voilé, ils risquent d’avoir drôlement du grabuge par le peuple, et notre oligarchie risque de perdre le contrôle sur leur peuple, et dîtes-vous bien que ce n’est pas finis, quand vous  avez des politiciens qui ont gérés leurs pays comme un modèle Ponzi et libéraliser le système financier et économique sans imposer de règle de bonne gouvernance,
ont n’est dans une foutu merde.

À la fin de ce sommet, Nicolas Sarkozy devrait enregistrer aujourd'hui une entrevue croisée avec Barack Obama sur la victoire des alliés en Libye pour les journaux télévisés de France 2 et TF1. Du pain béni en cette année électorale pour le président français dont ce sommet préparé de longue date n'a ressemblé en rien à ce qui était prévu.


Commentaire sur notre supposément G20, je suis d’accord avec Nouriel Roubini, le G20 c’est un gros GZéro, chacun tire sur son bord.

La revue Slate a fait un bon résumé de la situation.


Extrait de : Le mauvais état du monde, par Eric Le Boucher, Slate.fr, 3 novembre 2011

Alors que le G20 se réunit à Cannes, l’attention est monopolisée par la crise de l’euro. Mais sur les autres chapitres aussi, la situation mondiale n’est guère réjouissante. Sur trois des grands thèmes du G20, la communauté internationale est en échec.

La coopération entre les pays d’abord. L’unité de 2008 après la chute de Lehman Brothers est bien loin.

Les égoïsmes de la politique intérieure ont, partout, repris le dessus.

 La Grèce qui décide dans son coin d’un référendum.

1.      L’Amérique qui se perd dans des batailles préélectorales et qui mène une politique monétaire uniquement centrée sur son économie et le dollar.

2.      La Chine qui continue de maintenir son yuan trop bas, malgré les appels des Américains et des Européens.

Et entre temps, les multinationales se délocalisent
par simple avidité de profits.

Heureusement, on ne voit pas encore s’élever des barrières douanières, mais l’esprit de coopération a disparu.

Si on ne règle pas, ces sérieux déséquilibres de déficit commercial entre pays, les peuples vont imposer le protectionnisme aux politiciens.

3.      L’autre chapitre des difficultés concerne la politique économique.

L’une des causes de la crise a été la fracture du monde en deux: pays en excédents comme l’Allemagne et la Chine et pays en déficit et endettés comme la majorité des autres (les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France).

Comme les uns doivent serrer leurs budgets pour rembourser leurs dettes, on attend des autres qu’ils compensent en augmentant chez eux la consommation.  Aujourd’hui, c’est aux ménages allemands et chinois de soutenir la croissance. Or ce n’est pas le cas.

La Chine ne consomme pas plus qu’avant. L’Allemagne tient toujours ses salaires bien serrés. Du coup, l’économie mondiale n’a plus de moteur et pique du nez dangereusement.

Et oui, chacun protège sa petite région sans voir les conséquences globales,
oui, M. Roubini, vous avez raison un vrai GZéro.

Les derniers indices sont un peu rassurants aux Etats-Unis. Un «double dip» («double creux») semble écarté. Mais on aura une récession au Japon, en Espagne, en Italie et il n’est pas dit que la zone euro dans son ensemble y échappe, si elle ne trouve pas vite une issue à la crise des dettes souveraines.

L’autre dossier en échec: la volatilité des prix des matières premières et plus largement le rôle de la finance.

Vive la spéculation à haute voltige, le monde de la finance est 40 fois plus important que l'économie réelle, plus facile de faire de l'argent en spéculant,
que de donner un prêt à une PME.

Mais il semble que notre ministre Harper préfère que nos banques canadiennes fassent de l'évasion fiscale, ou transfère leurs fonds dans des pays étrangers
pour avoir pleine latitude à créer des
Hedges Funds
, sans aucune régulation…,
une chance qui travaille pour le peuple !

Le G20 a bien peu de résultats sur ce terrain. La finance continue de danser, les bonus restent à discrétion, les paradis fiscaux restent accueillants, la régulation reste a minima.

Chacun défend ses banques et du coup personne n’ose imposer des règles et des interdits aux financiers. La volatilité est même renforcée par la généralisation du  speed trading par ordinateur.

Drôlement pathétique, n’est ce pas ?

Résumons: anémie économique, exubérance de la finance et énormité des risques.

Voilà le monde de Cannes.