Le Plan Nord, c'est simplement du bruit, pour ne pas régler les problèmes de fond

Les commentaires de Pierre Duhamel (Achèteriez-vous des titres de sociétés minières ?) sont tout à fait pertinents, nous allons dépenser des milliards pour investir dans des projets miniers, qui sont à risques, est-ce raisonnable ?
Et on n’a même pas réglé les divergences économiques avec les autochtones.
Pourquoi si peu parce qu'ils sont basés sur les profits et comme les coûts d'extractions sont beaucoup plus chers, à cause du transport et du climat, les profits sont moindres.
Les commentaires du président de Rio-Tinto Alcan sont toujours d'actualité.
Tom Albanese, pdg du géant britannique Rio Tinto
Met en garde contre un excès d’enthousiasme relié au Plan Nord du gouvernement Charest, soulignant :
·           Que les coûts de construction de nouvelles infrastructures pourraient s’avérer très élevés.
·           Les sommes requises pour développer des projets miniers dans le Grand Nord sont considérables pour amener la ressource dans les mains des consommateurs.
·           Il faut construire la mine, des routes, établir des collectivités, a-t-il expliqué. «Ce sont des coûts énormes».
·           M. Albanese a ajouté que le Québec et le Canada étaient désavantagés par rapport à l’Australie, dans la mesure où le gros de la demande croissante pour les métaux provenait de l’Asie.
·           Or, les importants coûts de transport par bateau font en sorte que les projets développés au Québec doivent être à la base plus rentables.
·           Les conditions climatiques rendaient coûteuse l’implantation des minières dans le Grand Nord. « La saison où nous pouvons pleinement opérer est très courte », a-t-il souligné.
Les prix pourraient baisser
Le prix très élevé des métaux entraînait l’intérêt d’acteurs non traditionnels, mais que cela ne durerait pas éternellement.
Le marché est efficace. Pendant longtemps, le prix des métaux a été très bas. Maintenant il est élevé, mais il faut s’attendre tôt ou tard à ce que l’accroissement de l’offre vienne rétablir l’équilibre.
De plus, le marché minier est un marché mou, car il est très cyclique, si moindrement le marché subit une baisse, les mines cessent d’opérer, de plus on fait très peu de transformations, car notre productivité est trop faible, donc, nos coûts de transformations sont trop chers.
En plus, pour mousser la situation, le Québec va devenir partenaire, non seulement on dépense pour les infrastructures, mais en plus, on prend le risque de l’investissement.
Alors, le Plan Nord, c'est simplement du bruit, pour ne pas régler les problèmes de fond de nos industries québécoises, car la liberté économique est déficiente ( ex : fardeau réglementaire trop lourd, masse salariale trop élevée, agressivité fiscale…)
Au lieu de dépenser des milliards par emprunt, il faudrait peut-être améliorer la compétitivité des entreprises existantes ?
Typique, de nos politiciens québécois, l'art de faire de la politique en surface, sans régler les problèmes de fond, malheureusement, c'est un travail trop difficile, car il faudrait réduire certaines vaches sacrées (tel que congés parentaux, équités salariales) et toutes les bidules que l'État-Providence québécois a inventé pour se distinguer tout en détruisant ces entreprises.
Pourquoi je suis déçu par la nouvelle stratégie sur l’entrepreneuriat
6. Ce qu’il n’y a pas dans cette stratégie
Les entrepreneurs québécois se plaignent de deux choses en particulier : ils croulent sous la paperasse gouvernementale et ils contribuent pour la moitié des prélèvement sur la masse salariale au Canada.
Sur le premier point, on nous demande d’être patients puisqu’un rapport sur la question devrait être publié sous peu. Ce n’est pas la première fois que ce gouvernement aborde la question et les changements effectués ne sont vraiment pas concluants. La prochaine fois sera-t-elle la bonne ?
L’autre élément est symptomatique des États qui sont très actifs dans le développement économique et qui financent généreusement des entreprises. Pour ce faire, ils prélèvent des taxes plus élevées qu’ailleurs, pénalisant du coup l’ensemble des compagnies pour en aider quelques-unes.
C’est le cas du Québec. On vient d’ajouter des dizaines de millions de dollars pour « aider », mais on plombe nos entreprises en les taxant avant même qu’elles ne réalisent le moindre profit.
Extrait de : Pourquoi je suis déçu par la nouvelle stratégie sur l’entrepreneuriat,
Pierre Duhamel ,l’Actualité.com,16 novembre 2011
Voici, certains articles sur le sujet.

Extrait de : Achèteriez-vous des titres de sociétés minières ?, Le blogue de Pierre Duhamel, L’actualité.com, 21 novembre 2011
Richard Desjardins dans son film, François Legault hier à Tout le monde en parle, Jacques Parizeau ce matin dans Le Devoir : ils veulent tous que le gouvernement du Québec, par l’entremise de ses sociétés d’État, prenne des participations importantes dans les projets miniers.
C’est seulement ainsi que les Québécois pourraient profiter de l’exploitation de leurs ressources, au-delà de ce que peuvent rapporter les droit miniers et les retombées fiscales directes et indirectes. Remarquez que le Québec a fait du chemin à cet égard et qu’il devrait récolter de 2010 à 2014, 1,76 milliard de dollars en droits miniers et 2,4 milliards de dollars en retombées fiscales, même en tenant compte de l’aide fiscale à l’exploration.
Monsieur Parizeau clame que le Québec offre trop à l’industrie en infrastructures (routes, électricité, ports) et qu’il faut compenser ces investissements par une participation au capital des entreprises qui en bénéficient. Il y a pourtant bien des raisons derrière la générosité gouvernementale. Il faut attirer les investisseurs malgré l’éloignement géographique, les coûts de production et de transport plus élevés et un régime minier maintenant plus exigeant que celui des autres provinces.
L’enjeu demeure toujours la même : voulons-nous de ces investissements ? Croyons-nous qu’ils sont bénéfiques à l’essor économique du Québec, en particulier de certaines régions ? Si vos réponses sont oui, il faut être compétitif. Or, les coûts de transport d’une tonne de fer entre le Québec et la Chine sont deux fois et demi plus élevé qu’entre l’Australie et la Chine, pour ne prendre que cet exemple.
Revenons à cette grande idée de la participation de l’État québécois. Hugo Fontaine, dans La Presse d’aujourd’hui, nous indique d’abord que les sociétés d’État détiennent déjà 500 millions de dollars dans l’industrie minière. En voulons plus ? Est-ce prudent d’en avoir plus ?
C’est surtout la Chine qui s’est imposé comme le grand acheteur de minerais et de ressources naturelles. Qui dit qu’une bulle immobilière n’éclatera pas en Chine  (les signaux sont préoccupants) ou que l’écroulement de l’Europe ne modèrera pas son immense appétit pour les ressources ? Lequel cas, on pourrait se retrouver en situation de surproduction dans l’industrie minière avec des conséquences désastreuses pour l’industrie. Jusqu’à maintenant, le risque du gouvernement québécois, outre les pertes de revenus, n’est pas énorme. Tenons-nous vraiment à l’accroître ?
Par ailleurs, si la demande s’installe pour un bon bout de temps et que les investissements continuent de croître au rythme des dernières années, on va se retrouver avec des participations considérables dans un seul secteur. Encore une fois, est-ce prudent ? Est-ce à l’État à assumer de tels risques ? Est-ce une façon intelligente de faire fructifier les épargnes des Québécois, alors que les marchés sont déjà extraordinairement risqués ?
En terminant, voici un extrait du livre « Dans la jungle du placement » de Stephen Jarislowsky. Comme bien d’autres investisseurs, M. Jarislowsky se méfie comme de la peste du secteur minier, qu’il juge trop risqué. Voici ce qu’il en dit :
Il est également très difficile de faire des prévisions pour les industries minière et métallurgique. Ce sont des secteurs très cycliques qui, à long terme, affichent une croissance inférieure à celle de l’économie dans son ensemble. Dans le creux de la vague, on va jusqu’à fermer les mines, car leurs coûts d’exploitation pèsent lourd, tandis qu’en période de prospérité leurs bénéfices augmentent de façon exponentielle. N’achetez ce type d’actions que si vous jouez sur les fluctuations et après vous être assuré que les compagnies en cause ont une structure de coûts qui leur permettra de survivre. Veuillez à vendre vos titres à temps pour ne pas être obligé de les conserver pendant toute la période précédant la prochaine remontée (parfois cinq ans).
On nous suggère le contraire, essayant de nous faire passer ça pour un grand principe économique.

Extrait de : Point chaud - Parizeau pourfend le Plan Nord, Le Devoir, Alexandre Shields, Le Devoir,  21 novembre 2011
«On est sur le point de se faire avoir», dit l'ancien premier ministre
Le Plan Nord du gouvernement Charest ouvre toute grande la porte aux entreprises minières qui veulent réclamer une contribution financière substantielle de la part de l'État québécois pour faciliter le développement de projets d'exploitation privés. Une situation que déplore Jacques Parizeau, qui propose plutôt d'assujettir toute aide publique à un mécanisme de réciprocité qui obligerait les entreprises à céder à Québec une participation équivalente de leur actionnariat.       
«Le Plan Nord offre toutes sortes de choses, explique l'ancien premier ministre, en entrevue au Devoir. D'abord, ce ne sont pas les compagnies qui vont se payer leur approvisionnement en électricité, ce sera Hydro-Québec. Il y a aussi des projets de ports en eaux profondes. Sans oublier la route de 250 kilomètres pour rejoindre le projet de mine de diamants de Stornoway Diamond Corporation, au coût de 330 millions de dollars. Québec paiera 288 millions de la facture. Pourquoi on construit cette route? Le gouvernement s'est dit qu'il y aurait peut-être d'autres projets miniers dans le secteur. Je ne vous dirai pas que ça fait "bar ouvert", mais les compagnies qui ont des projets dans le Nord ont compris immédiatement ce qu'elles pouvaient en tirer. Le Plan Nord laisse plusieurs portes ouvertes.»
«Le moment crucial dans toute cette histoire du développement minier, c'est lorsqu'on a décidé de revenir sur le principe qui veut qu'une mine qui s'installe dans le nord doit tout payer. Quand on a renoncé à ce principe, on a ouvert la porte à n'importe quoi. On s'est retrouvés à faire du trapèze sans filet. Il n'y a pas de limite aux bonnes choses, mais aussi aux folies qu'on pourrait faire»,
insiste-t-il à l'occasion de sa première sortie publique sur le Plan Nord.
«On est sur le point de se faire avoir.»
Il est vrai que le gouvernement de Jean Charest compte investir plusieurs milliards de dollars de deniers publics dans son «chantier d'une génération». Au total, sur 25 ans, on prévoit pas moins de 80 milliards de dollars d'investissements «privés et publics». De cette somme, 47 milliards seront consacrés au développement d'«énergie renouvelable», surtout des projets d'Hydro-Québec. Une autre tranche de 33 milliards servira au déploiement de l'industrie minière et des infrastructures — routes, ports, aéroports, électricité — sur un territoire de 1,2 million de kilomètres carrés.
Où va-t-on prendre ces milliards ? En nous endettant !
 Nous sommes déjà rendus à plus de 240 milliards de dettes publiques, remarquez tant qu'à faire défaut, allons-y gaiement !
Uniquement d'ici 2016, Québec prévoit injecter 1,2 milliard de dollars pour développer des infrastructures qui serviront d'abord aux entreprises qui souhaitent exploiter les ressources non renouvelables du Québec au bénéfice de leurs actionnaires. Dans ce contexte, il n'est pas étonnant de voir les minières — dont une majorité sont détenues par des intérêts étrangers — s'activer pour avoir leur part du pactole. Une centaine de lobbyistes sont d'ailleurs inscrits au registre québécois.
Selon M. Parizeau, le projet d'Oceanic Iron Ore, situé à l'extrême nord du Québec, est révélateur de la pente glissante sur laquelle le Plan Nord entraîne le Québec. «L'entreprise souhaite extraire du minerai de fer près de la baie d'Ungava. Récemment, le président de l'entreprise a annoncé qu'il s'était entendu avec la société de promotion du développement socioéconomique Makivik pour faire des représentations auprès du gouvernement du Québec de façon à brancher la mine sur un réseau d'Hydro-Québec, avec les coûts que cela suppose. Et ce qu'on sait, c'est que ces entreprises ne s'engagent pas à moins d'avoir des ententes à long terme, quelque chose comme 25 ans. Et ce sont des contrats qu'on ne peut plus rouvrir par la suite.»
Deux lobbyistes-conseils inscrits au registre ont aussi pour mandat de faire des démarches afin que soient construites «des facilités portuaires». «Ça prend du culot, laisse tomber Jacques Parizeau, qui a été ministre des Finances du Québec pendant huit ans. Et soit dit en passant, dans le Plan Nord, il n'y a aucune identification de ce port en eau profonde. Si le gouvernement commence à négocier pour l'implantation d'un port qui n'était pas précisé dans le Plan Nord, on ouvre la porte à toutes sortes de négociations.»
D'autres minières ont déjà fait savoir qu'elles pourraient demander de l'aide financière pour développer leurs projets. C'est le cas d'un projet de mine d'or réalisé par une filiale de Goldcorp, qui pourrait réclamer de l'aide publique pour construire une route, par exemple. Même chose pour le gigantesque projet de mine de fer de la multinationale Tata Steel et de la canadienne New Millennium Capital, près de Schefferville. Les estimations font état de l'extraction de 4,4 milliards de dollars de minerai par année. Mais il faudra pour cela construire un pipeline afin d'amener la matière jusqu'au port de Sept-Îles pour l'exporter. Il est aussi question d'un important approvisionnement en hydroélectricité.
Toutes les entreprises qui s'installeront dans le Nord québécois devront avoir accès à d'immenses quantités d'hydroélectricité à bon prix. M. Parizeau, qui a participé à la nationalisation de l'électricité au Québec, se questionne d'ailleurs sur les investissements massifs qui s'annoncent pour la Société d'État.
«On est en train de fournir de l'électricité aux alumineries ou à l'agrandissement de la mine d'ArcelorMittal, à Mont-Wright, pour le tarif L, soit environ 4,2 ¢ kWh. Et les prochains projets d'Hydro-Québec seront à plus de 10 ¢ le kilowattheure. Déjà, le complexe de la Romaine coûtera 10 ¢ le kilowattheure. On entre dans le champ des coûts de production des éoliennes, et même dans le domaine du solaire, dans certains cas. Bref, on arrive à l'heure des choix.»
Je commence à t’aimer M. Parizeau peut-être avec l’âge tu deviens plus sage,
je me pose exactement la même question ?
Le gouvernement semble pourtant décidé à poursuivre sur la voie des grands projets d'hydroélectricité. Alors qu'un plan d'expansion de 4500 mégawatts est déjà en branle, Québec a annoncé en 2008 qu'il comptait ajouter 3500 mégawatts supplémentaires, essentiellement sur le territoire du Plan Nord. «Le message, c'est "on continue vers le nord", analyse l'ancien premier ministre. Sans détails, sans précision, Hydro-Québec monte vers le nord, et à des coûts qu'on ne connaît pas. Ils s'arrêteront quand? On ne sait pas. C'est énorme. Et les filières autres qu'hydraulique demeurent tout à fait secondaires.»
Contrer l'effet des redevances
Mais pourquoi Québec accepte-t-il de prendre de tels engagements financiers, avec le risque que cela comporte, pour inciter les entreprises minières à venir exploiter des ressources naturelles qui ont une très grande valeur? «Le problème, explique M. Parizeau, est dans l'impression que, maintenant qu'on a changé les redevances au Québec, on est sur le point de ne plus être concurrentiels. Je suis convaincu que le gouvernement a été tellement surpris de voir l'argent rentrer, après les modifications du régime de redevances et du régime fiscal, qu'il a l'impression qu'il est sur le point de ne plus être concurrentiel.» Selon lui, tout se passe comme si Québec avait «honte» d'avoir haussé les redevances minières. «D'où le Plan Nord tel qu'il est aujourd'hui.»
Les ministres Raymond Bachand et Clément Gignac répètent d'ailleurs continuellement qu'il faut que le Québec demeure compétitif et concurrentiel. Pourtant, affirme Jacques Parizeau, la demande mondiale pour les ressources minérales est immense. Bref, «nous sommes en position de force... si on le veut. Les entreprises sont déjà là. Elles ont pris des permis d'exploration. On n'a pas besoin de les attirer».
Et le changement du système de redevances était absolument nécessaire, après que le Vérificateur général a démontré qu'entre 2002 et 2008, l'État a versé plus d'argent aux minières qu'il n'en a reçu. Mais même si M. Bachand vante la hausse des redevances de 12 % à 16 % des profits d'une mine, M. Parizeau estime que «ce n'est pas grand-chose». Et il est difficile de bien comprendre ce qui revient réellement à l'État, souligne-t-il, tant le calcul des redevances et des mesures fiscales offertes aux minières est «complexe».
Chose certaine, le gouvernement pourrait aller beaucoup plus loin en se dotant d'une société d'État ou encore d'une société mixte qui serait en mesure d'avoir des actions dans les entreprises. «La meilleure façon de procéder serait de mettre sur pied une société qui échangerait tout ce que le gouvernement ou ses sociétés d'État dépensent pour les entreprises contre des participations à l'actionnariat de ces entreprises, quelle que soit leur taille, propose-t-il. Ce serait la meilleure façon de récupérer une partie de la valeur de la ressource. En fait, il faut que les entreprises comprennent que, lorsqu'elles demandent quelque chose, elles vont se retrouver à augmenter la participation de l'État.» Venant de celui qui a participé à la création des grandes sociétés d'État qui ont permis au Québec de prendre en main son avenir économique, dans la foulée de la Révolution tranquille, une telle idée invite au moins à la réflexion.
***
Jacques Parizeau participera au colloque «Développement minier: vers un nouveau modèle pour le Québec», demain, à HEC Montréal.

Extrait de : Plan Nord: Les Innus de Pessamit lancent une campagne de dénonciation, La Presse canadienne, Le Devoir, 21 novembre 2011
Québec — Les Innus de Pessamit, sur la Côte-Nord, sont «sur la piste» du premier ministre Jean Charest, qu’ils comparent à Maurice Duplessis.         
Ils réclament 5 milliards sur 50 ans au gouvernement du Québec et lancent une campagne internationale contre le Plan Nord, qu’ils n’ont jamais entériné.
Ils iront dans les grandes villes américaines et européennes où M. Charest est passé vendre son Plan Nord pour le dénoncer.
Ils laissent aussi planer la menace :
·         D’un blocus de la route 138.
·         Et sont prêts à déposer une injonction en Cour supérieure pour stopper le plan de développement du Nord.
En conférence de presse aujourd'hui à Québec, le chef de Pessamit, Raphaël Picard, a rejeté l’offre de 113 millions du gouvernement, qu’il juge ridicule par rapport au «viol» des terres et aux dommages causés au territoire.
«C’est peu, c’est frivole de la part du gouvernement, c’est irrespectueux, a déclaré M. Picard. C’est dommage qu’il revienne encore à une attitude coloniale, [selon laquelle il| fallait montrer des couteaux, des haches, en échange de ballots de fourrure. Ils nous croient imbéciles, ils nous considèrent comme des aliénés
Il accuse Jean Charest d’aller faire de la «fausse publicité» en Europe, en Amérique et au Japon, en prétendant que les communautés autochtones sont d’accord, pour «aller donner encore, comme sous le régime Duplessis, le minerai à rabais aux grosses compagnies».
Les Innus se lanceront «sur la piste» du premier ministre avec le soutien financier de groupes environnementaux et d’organismes favorables aux autochtones, a-t-il indiqué.
Le chef a rappelé que le Plan Nord touche une grande partie du territoire revendiqué par les Innus et que les Québécois ont déjà retiré de juteux profits des ressources qui s’y trouvent, notamment des barrages, de la foresterie et des mines.
Il estime qu’Hydro a fait 45 milliards en vente d’électricité provenant du territoire réclamé, que le Québec a retiré pas moins de 836 millions des forêts, tandis que les mines auraient rapporté 54 milliards.
En contrepartie, Pessamit exige 5 milliards sur 50 ans, un montant qui est négociable, pour régler les enjeux du passé et de l’avenir, a précisé le chef. Le ministre responsable des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, a pour sa part qualifié d’irréalistes les demandes des Innus.
Le chef Picard a cessé les négociations parce qu’elles font du surplace, selon lui. Il a ajouté que des groupes sont prêts à passer à l’action en bloquant la route 138, la seule route régionale qui traverse la Côte-Nord. Mais il n’a pas dit quand ils pourraient frapper.