Les 10 principaux défis des sociétés minières

Rapport intéressant dans son ensemble pour l’industrie minière, extrait du rapport :  À l’affût des tendances de 2012.

La section 3 est intéressante, on constate que les pays utilisent plusieurs méthodes pour obtenir plus de revenus provenant de l’exploitation minière.


À l’affût des tendances de 2012À l’affût des tendances de 2012

Les 10 principaux défis des sociétés minières pour l’année à venir

« Au moment où l’industrialisation s’accélère dans de nombreux pays dont les populations aspirent à un niveau de vie supérieur, l’industrie minière est appelée à jouer un rôle plus visible sur la scène mondiale. L’époque où les fluctuations des prix des produits de base intéressaient seulement quelques analystes spécialisés est bel et bien révolue. À l’heure actuelle, les activités minières font quotidiennement la manchette, partout dans le monde.

Cette visibilité accrue s’accompagne de plus grandes responsabilités. »


1.   Coûts d’exploitation

Tout ce qui monte ne redescend pas nécessairement

« La plupart des entreprises fondent leurs plans sur l’hypothèse que leurs prévisions pour l’année à venir comportent une marge d’erreur de 5 % à 10 %, pas de 50 %.

Pourtant, les facteurs qui influent sur l’industrie minière mondiale atteignent de nouveaux extrêmes qui obligent les sociétés à envisager des scénarios plus radicaux que jamais auparavant. »

« La hausse des prix des produits de base crée des pénuries d’équipement, de maindoeuvre et dautres intrants clés, doù une augmentation des coûts. Les sociétés minières doivent donc trouver un point d’équilibre entre la nécessité d’accroître leur production pour répondre à la demande et l’obligation de contenir leurs coûts. »

« Les sociétés minières ne peuvent se permettre de se lancer dans d’importants projets d’immobilisations sans d’abord comprendre la nature des travaux d’infrastructure concurrents en cours dans les pays où elles sont actives.

L’industrialisation massive draine en effet des ressources cruciales partout dans le monde, ce qui pourrait faire grimper les coûts des projets d’immobilisations au point de les rendre non viables s’ils ne sont pas bien gérés. »


2.   Le chaos des prix des produits de base

Pas de stabilité possible sans transparence

« À cause de la voracité de l’appétit chinois pour les produits  de base, bien des analystes sont convaincus que les prix des produits de base sont élevés et le resteront malgré quelques épisodes baissiers.

Il importe cependant de bien comprendre que les événements en Chine ne se déroulent pas de manière linéaire, ce qui rend des prévisions de ce genre particulièrement hasardeuses. »


3.   Le secteur minier dans la mire du fisc

Protéger ses bénéfices

Les bénéfices du secteur des ressources séduisent depuis longtemps les administrations publiques partout dans le monde.

Cette convoitise est d’autant plus grande que de nombreux pays peinent à rembourser une dette publique affligée de gigantisme.

Au cours de la dernière année seulement,

a)     Les redevances minières ont augmenté :  en Australie, au Chili, au Pérou, en Afrique du Sud, au Ghana, en Tanzanie et au Burkina Faso

b)     tandis que de nouveaux droits à l’exportation ont été instaurés en Inde, au Kazakhstan et en Russie.

c)      En Indonésie, le plus important exportateur mondial de charbon thermique maritime, les sociétés minières sont désormais tenues d’aider le pays à respecter ses engagements énergétiques si elles veulent avoir accès au lucratif marché d’exportation asiatique.

d)     Plus préoccupant encore, des rumeurs de participation plus marquée de  l’État dans le secteur minier circulent dans des pays aussi différents que le Venezuela, l’Afrique du Sud, la Guinée et la Mongolie.

Nous constatons que les autorités ne se contentent plus d’adopter de nouvelles lois pour accroître leurs recettes fiscales.

e)     Outre les redevances minières, qui en règle générale sont proportionnelles au chiffre d’affaires plutôt qu’au bénéfice.

f)       De nombreuses administrations publiques ont en effet commencé à lever un impôt sur les bénéfices exceptionnels, et à prélever des primes sur les découvertes, des rentes de ressources, des droits de permis, des quotas d’autochtonisation, des droits environnementaux et des frais de remise en état.

Dans le cadre de ce mouvement généralisé de nationalisme des ressources, certains pays menacent même actuellement de renégocier des accords de stabilité juridique et financière déjà signés, ce qui réduit à néant tous les efforts de projections financières des sociétés minières et accroît le risque politique.

Les entreprises doivent également s’engager afin de pouvoir influer sur les politiques publiques. Elles doivent notamment éviter de se limiter à des efforts décousus de lobbying.

En parlant d’une seule voix, les dirigeants regroupés des sociétés minières peuvent convaincre les administrations publiques d’examiner non seulement les effets importants à court terme de leurs politiques fiscales sur les recettes publiques nationales, mais aussi les pertes à long terme possibles si les sociétés minières décidaient de rediriger leurs investissements ailleurs.

Un peu de chantage fiscal, ça aide toujours comme argument.

« Partout dans le monde, les autorités publiques réévaluent aujourd’hui leur approche des activités minières. Il n’est plus simplement question de taxes et d’impôts. Il est aussi question des efforts déployés par les administrations publiques pour prendre une place plus importante dans tous les secteurs de l’industrie. Au fil du temps, les entreprises minières pourraient en venir à investir dans une région donnée, non plus seulement en fonction de leur stabilité politique, mais aussi en fonction de la stabilité de leur régime fiscal. »


4.   Agitation du milieu

Pour une responsabilité sociale accrue des entreprises

Plus les activités minières font la manchette à l’échelle mondiale, plus les actionnaires sont confrontés à une poussée de l’activisme.

En 2011 seulement, des travailleurs miniers ont fait la grève en Australie, en Afrique du Sud, en Indonésie, au Chili et en Argentine.

Pourtant, bon nombre de ces travailleurs figurent parmi les salariés les mieux rémunérés dans le monde.

De plus, les mouvements communautaires s’activent. En plus d’exiger une augmentation des investissements locaux, les intervenants communautaires revendiquent un dialogue ouvert et transparent, des engagements sociaux à plus long terme et une amélioration du bilan environnemental.

Les sociétés incapables de relever ce défi risquent de se heurter à une opposition beaucoup plus affirmée et d’éprouver des difficultés à faire approuver leurs projets, voire s’exposent à des émeutes similaires à celles qui ont éclaté en Papouasie-NouvelleGuinée et et au Pérou au cours de la dernière année.

« Pour une entreprise, investir dans la responsabilité sociale se traduit par une capacité accrue de mener à terme ses projets rapidement et d’éviter les arrêts de production imputables à une éventuelle agitation sociale. Pour mieux éviter et gérer ces problèmes, les minières pourraient devoir mobiliser les mêmes technologies de communication mobiles qu’utilisent les collectivités cibles. »

« Souvent, les investissements d’une société minière dans une collectivité ne répondent pas à toutes les exigences des intervenants. Dans certains cas, cela dénote une contradiction entre les intentions de l’entreprise et les résultats obtenus. Les stratégies de mobilisation communautaire se raffinent et les collectivités s’attendent désormais à plus que de simples engagements financiers. Elles exigent des dirigeants des sociétés minières un dialogue véritable afin de mieux comprendre les besoins des citoyens et que des représentants locaux participent au processus de planification. »


5.   Problèmes de maindœuvre

Rétablir un équilibre délicat

« Les nouvelles mines se trouvent dans des régions de plus en plus reculées. Les sociétés minières doivent trouver un moyen de rendre ces emplacements plus attrayants pour les familles.

L’expérience démontre que même si les travailleurs sont parfois disposés à faire en avion la navette entre leur lieu de travail et leur lieu de résidence, il est rare qu’ils consentent à le faire de manière permanente. Si l’industrie minière collabore et participe à la construction dans les collectivités d’installations plus permanentes comme les écoles, les hôpitaux, les logements et les infrastructures nécessaires aux familles, la stabilisation éventuelle de la maind’oeuvre deviendra un objectif plus probable. »


6.   Les aléas des projets d’immobilisations

Un risque qui augmente au même rythme que l’écart entre l’offre et la demande.

« D’ici quelques années, l’escalade des coûts, les pénuries de talents et la construction concurrente d’infrastructures feront en sorte qu’il sera très difficile pour les sociétés minières de mener à terme leurs projets d’immobilisations dans le respect des délais et des budgets établis.

Les retards et dépassements de coûts représentent un risque majeur pour les sociétés minières, car ils sont de nature à effaroucher des investisseurs potentiels. Pour surmonter cette difficulté, les sociétés minières doivent faire preuve d’innovation dans la gestion de leurs projets d’immobilisations, et s’efforcer de réduire leurs coûts par une plus grande collaboration dans l’industrie et une automatisation plus poussée. »


7.   Financement non conventionnel

À financement nouveau, niveau de connaissances supérieur

Chaque année qui passe, il devient de plus en plus clair que la crise financière mondiale a complètement modifié les règles du jeu en matière de financement. Dans de nombreux territoires, sauf peutêtre en Australie, le crédit demeure coûteux et difficile à obtenir, surtout pour les entreprises désireuses d’assurer leur croissance par des incursions sur des marchés plus risqués, par des alliances avec des partenaires à un stade plus précoce de leu développement ou par des investissements dans l’exploitation de produits de base qui sortent de leur sphère habituelle de compétences.

Pour connaître du succès, les sociétés minières doivent absolument établir les liens dont elles ont besoin pour accéder aux marchés étrangers et en venir à une meilleure compréhension de ces régions. Dans leur quête mondiale de nouvelles sources de revenus, les entreprises qui prennent le temps de se familiariser avec les marchés locaux afin de mieux les comprendre, qui adoptent de nouvelles méthodes commerciales et qui présentent des analyses de rentabilisation capables de séduire des bailleurs de fonds inhabituels partent avec une longueur d’avance.


8.   Toujours plus gros

Quand diversification rime avec multiplication des risques

Les grandes sociétés minières, dont les réserves de liquidités sont importantes, intensifient leur présence sur les marchés internationaux en finançant de nouveaux projets d’immobilisations et en accélérant leurs activités de fusions et acquisitions. Les plus petites sociétés minières, qui ont déjà été à l’avantgarde de lexpansion mondiale, sont en effet désormais devenues des proies vulnérables, car la crise de la dette a laissé bon nombre d’entre elles dans une situation financière désastreuse.

La multiplication des fusions et acquisitions qui alimente la croissance des grandes entreprises et qui est en voie de créer un vide sur les marchés intermédiaires en est un signe manifeste.

Et plus, ils vont être gros, plus qu’ils vont faire du chantage fiscal, ou se départir de certaines usines (comme Alcan), car ce n’est plus dans leur modèle d’affaire.

Pour leur part, les investisseurs chinois continuent de regarder avec convoitise le bassin de ressources mondiales, d’où l’augmentation fulgurante des investissements chinois sur tous les marchés du monde.

Facile d'acheter les ressources minières avec des fonds souverains, et la Chine a profité du dumping social et d'une sous-évaluation de leur monnaie pour acquérir des trillions de réserves, dues à des balances commerciales fort excédentaires avec les pays industriels, que nos financiers et multinationales ont provoqués en faisant du lobbying intense auprès de nos politiciens.

9.   La volatilité est la nouvelle norme

Prévoir l’imprévisible

« Une entreprise doit réfléchir aux incidents susceptibles de causer des dommages catastrophiques à son exploitation.

À défaut de bien comprendre les risques, il est en effet  impossible d’enrayer les scénarios catastrophes. En toute honnêteté, il faut reconnaître que la plupart des sociétés minières comptent déjà sur des activités hautement complexes de conception de scénarios. Il leur suffit donc d’élargir leur réflexion à la prévision d’événements plus extrêmes pour pouvoir y réagir. »

10.      La course à la réglementation la plus stricte

La loi du plus fort

Les sociétés minières n’échappent pas aux pressions des organismes de réglementation. Ces dernières années, cependant, les autorités nationales partout dans le monde ont enrichi leur arsenal, et l’industrie minière figure dans la mire d’un bon nombre d’entre elles.

Ces tendances inexorables accroissent les besoins des sociétés minières de revoir leurs procédures de conformité à la réglementation, une tâche particulièrement importante pour les entreprises qui investissent dans des collectivités réparties aux quatre coins du monde. Tout dépendant de la manière dont ces investissements sont structurés, les organismes de réglementation pourraient en effet les percevoir comme des potsdevin plutôt que comme des investissements légitimes.

Conclusion :

« Chaque année qui passe, les sociétés minières devront consacrer de plus en plus de temps afin de rehausser la qualité de leurs relations avec les administrations publiques et la communauté. Cet effort est beaucoup plus qu’un simple exercice de marketing. Les communautés souhaitent s’adresser directement aux dirigeants des entreprises et participer aux futurs projets de développement.

Les administrations publiques doivent comprendre le rôle que les sociétés minières joueront dans leurs sphères d’influence. Pour mériter leur permis d’exploitation, les sociétés minières doivent mobiliser les communautés locales d’une manière beaucoup plus intime qu’auparavant. »