Les indignés de Vancouver, Victoria et Québec défient les autorités

M. les politiciens, facile de traiter les jeunes en les considèrants d’insouciants et d’irresponsables.

Mais M. les politiciens, expliquer leurs, le pourquoi ?

Qu’ils ont reçu comme cadeau une dette publique de 1.1 trillions, quand ces mêmes jeunes n’avaient même pas le droit de vote ou n’étaient même pas encore nées.

Qui sont les vrais irresponsables et insouciants ?


Extrait de : Les indignés de Vancouver, Victoria et Québec défient les autorités, Radio-Canada, 7 novembre 2011

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Une indignée de Vancouver   © Radio-Canada

D'un océan à l'autre, les indignés ne semblent pas vouloir démanteler les campements qu'ils ont érigés au cours des dernières semaines, comme le leur demandent les autorités, même si certaines municipalités commencent à prendre les grands moyens.

À Vancouver, les autorités sont passées à la vitesse supérieure, lundi, en entamant des procédures judiciaires pour faire démanteler le campement des indignés, sur le site du Musée des beaux-arts, dans le centre-ville.

La Cour suprême de la province a accepté de traiter la demande d'injonction de façon accélérée. L'audience a été fixée au lendemain, à 14 h, heure locale.

La directrice générale de la Ville, Penny Balam, n'a pas précisé le moment où les autorités forceraient le démantèlement du campement si le tribunal accédait à leur requête, mais elle a assuré que cela se ferait « de façon expéditive ».

Elle a précisé que la demande d'injonction ne visait pas à mettre fin aux manifestations, mais bien au campement.

La Ville s'est résolue à un recours judiciaire après s'être heurtée au refus des organisateurs du mouvement Occupons Vancouver de plier bagage comme l'exigeait l'avis officiel envoyé en matinée. Loin d'obtempérer, les manifestants ont même érigé un plus grand nombre de tentes.

L'avis qui leur a été envoyé officiellement par Mme Balam invoquait des raisons de sécurité.

Une jeune femme a été retrouvée morte dans l'une des tentes samedi après-midi, à la suite de ce qui pourrait être une surdose d'héroïne. L'hypothèse n'a cependant pas encore été confirmée. Deux autres manifestants ont toutefois été traités pour des surdoses, auxquelles ils ont survécu.

Les services d'incendie de Vancouver avaient aussi dit s'inquiéter des risques d'incendie. Jusqu'ici, les responsables municipaux espéraient pouvoir négocier avec les campeurs pour organiser leur départ rapide du site, sans toutefois leur donner d'ultimatum.

Les protestataires ont de leur côté toujours dit qu'ils étaient là pour rester et qu'ils n'avaient pas d'ordres à recevoir de la Ville ou du service des incendies. Ils estiment que leur présence sur le terre-plein du Musée des beaux-arts est protégée par la Charte canadienne des droits et libertés.

Ultimatum à Victoria

À Victoria, les manifestants ont défié l'ultimatum de midi, heure locale, qui leur avait été lancé pour lever leur campement.Plusieurs ont obtempéré en défaisant leurs tentes, mais une centaine d'autres ont formé une chaîne humaine autour du camp établi au Centennial Square.

Les autorités de la capitale britanno-colombienne ont indiqué qu'elles n'entendaient pas fermer le camp pendant la journée, préférant plutôt tenter d'obtenir auparavant une injonction auprès du tribunal.

Dimanche, une note émise par la municipalité demandait aux occupants de quitter le terrain afin de laisser place aux préparatifs de Noël pour l'illumination annuelle du séquoia qui s'y trouve. Tenir des manifestations et installer des tentes au Centennial Square sans permis contreviennent aux règlements municipaux, y ajoutait-on.

Les indignés de Québec transportent leur cause devant le conseil municipal

À Québec, les indignés résistent eux aussi aux pressions de la Ville, qui leur a demandé jeudi dernier de démanteler leur camp, installé à la place de l'Université du Québec.

Reprochant à la ville de les harceler, une trentaine d'entre eux ont fait valoir leur message en soirée devant le conseil municipal. Loin d'envisager d'abandonner leur campement, ils ont plutôt demandé au maire Régis Labeaume d'améliorer leurs conditions de vie, réclamant même une place permanente pour faire valoir leurs droits.

Le maire Labeaume n'a pas semblée très réceptif à cette idée. « Je pense que leur message a été entendu », a-t-il dit en entrevue à Radio-Canada. « Le problème qui se pose pour eux, c'est qu'il ne restera plus rien de leur message. [...] Ils auraient dû prendre la balle au bond quand on leur a dit qu'on les comprenait et que, quelque part, on était d'accord avec eux. »

Dans la journée, des employés municipaux accompagnés de policiers sont intervenus pour saisir des matériaux qu'ils jugeaient non sécuritaires. Un porte-parole de la Ville a par ailleurs indiqué que la municipalité n'était pas contre l'idée que des manifestants occupent quotidiennement la place de l'Université du Québec, mais qu'il ne s'agissait pas d'un endroit pour camper.

Les indignés d'Halifax obtempèrent temporairement

Dans les Maritimes, les dizaines de manifestants qui campaient devant l'Hôtel de Ville d'Halifax se sont affairés dimanche à nettoyer le site. Ils seront temporairement déménagés dans le parc Victoria d'ici mardi afin de laisser la place aux festivités du Jour du Souvenir. Le principal monument commémoratif de guerre est situé sur la place publique Grand Parade, en face de l'hôtel de ville.

Les manifestants affirment qu'ils seront de retour le 12 novembre.

Le maire d'Halifax Peter Kelly a déclaré qu'il était satisfait de voir les participants quitter temporairement la place. Il est toutefois resté vague sur ce qu'il adviendrait des protestataires lorsqu'ils tenteront de revenir sur la place de la mairie.

À London, en Ontario, les autorités municipales ont aussi demandé officiellement vendredi à la quarantaine de manifestants anticapitalistes qui campent depuis deux semaines dans un parc du centre-ville de quitter les lieux.

Le maire de London, Joe Fontana, indique que le mouvement ne respecte pas le règlement municipal, qui interdit à qui que ce soit de passer la nuit dans un parc.

Montréal laisse faireMalgré les incidents survenus ailleurs au Canada, Montréal continue d'appliquer sa politique de tolérance. La municipalité n'exigera pas des protestataires qu'ils quittent le square Victoria, si tant est qu'ils se conforment au règles de sécurité en matière d'incendie.

« Les militants ont toujours respecté les demandes pour améliorer la sécurité du camp et aucun incident majeur n'y a été rapporté », a expliqué Gonzalo Nunez, un porte-parole de la ville.
Le campement, qui affiche complet, est inspecté quotidiennement, a-t-il signalé.


Les blogueurs :

Envoyé par Clément Morin de Montréal, 7 novembre 2011

La réponse du maire Labaume est d'une arrogance inqualifiable. Quand il dit qu'ils auraient dû prendre la balle au bond, on comprend très bien que rien ne sera fait que jamais, on ne va agir en vue d'avoir une meilleure équité sociale. Comme on dirait à un enfant capricieux : ok on a compris, maintenant dégage.
Ce n'est pas que les gens vivent au-dessus de leur moyen, mais qu'il n'y a plus moyen de vivre décemment pour beaucoup de gens, les emplois sont rares et souvent mal payés et précaires. Avant de critiquer, essayez de vous placer dans les souliers des plus démunis et cela sans préjugé.


Envoyé par Jean Huguet de Montreal, 7 novembre 2011

Ce n'est pas du "camping", c'est une occupation. C'est très différent.

De un, l'occupation exprime la détermination des gens qui y participe. Ça va beaucoup plus loin qu'une manifestation qui dure deux heures et après laquelle on retourne seul chez soi.

De deux, elle permet de mettre en place des installations (tentes et chapiteaux où se tiennent des ateliers et des conférences de toutes sortes, des écoles populaires, la mise en commun de livres, etc.) qui facilitent la rencontre et le débat. L'occupation c'est d'abord apprendre à se parler et puis on essaie de s'organiser ensemble sur une base quotidienne.

De trois, l'occupation en elle-même constitue un message. Elle affirme notre droit à se réapproprier les espaces publics, les habiter, les partager. Pour une fois on ne demande pas aux élites qu'elles trouvent à notre place une solution

Le message ainsi véhiculé va plus loin qu'une simple manifestation.

Outre exprimé un cran de plus


Envoyé par Olivier Ménard de Sainte-Anne-des-Plaines, 7 novembre 2011

Comme c'est facile de dénigrer ces campeurs indignés dans le confort nos pantoufles, avec un emploi, un loyer, des vêtements et de la nourriture à profusion.

Il est surtout difficile d'accepter que nos valeurs ne sont pas les bonnes. C'est plus simple d'accepter que nos achats à bas prix sont le fruit de l'exploitation des plus pauvres de la planète (le cas de Foxconn est probant à cet effet). D'accepter que les plus riches s'enrichissent davantage. D'accepter que nos voitures sont parmi les plus grandes sources de pollution dans le monde. D'accepter que les plus pauvres de notre propre société continuent de l'être sans égard à notre propre responsabilité.

Très facile, surtout, de rejeter la faute sur eux et pas sur nous, qui travaillons, payons nos taxes, suivons les lois.

Or, quand ces lois sont faites pour avantager une minorité face à une majorité, il apparaît logique de changer ces lois, nonÿ

Alors, parmi vous, qui posera le moindre geste pour changer la situation


Lectures complémentaires :

1.      Mais où sont passés les responsables de la dette?

2.      Le Piège de la dette publique

3.      La facture arrive