Pourquoi l’Euro ne peut pas fonctionner

D’une simplicité déconcertante, mais puisque nos politiciens travaillent pour l’oligarchie non pour le bien commun, on socialise les mauvaises dettes sur le dos du peuple européen, mais on ne règle pas les problèmes de compétitivité.

Et sans saine compétitivité, le pays ne peut créer suffisamment de richesse pour payer les dépenses, donc, un déficit structurel en spirale et l’on fait faillite.


Extrait de : Pourquoi l’Euro ne peut pas fonctionner, Charles Gave, le blog de Charles Gave, 7 novembre 2011

Si le lecteur me le permet, j’aimerais expliquer encore une fois et aussi simplement que possible pourquoi l’Euro ne PEUT PAS être la monnaie entre des pays ayant des productivités du travail différentes.

Que le lecteur veuille bien considérer le graphique suivant.

Italie & Allemagne

Ce graphique se lit très simplement :

·         De 1981 a l’arrivée de l’Euro, la croissance économique en Allemagne et en Italie était exactement la même.

·         L’Italie était « mal gérée » nous disent les spécialistes, et donc, pour remettre les pendules à l’heure elle dévaluait tous les trois ou quatre ans.

Depuis l’arrivée de l’Euro, la production s’est effondrée en Italie et à explosée en Allemagne. Pourquoi ?

Tout simplement parce que les Italiens ne se sont pas reformés, pas plus d’ailleurs que les Français, les Grecs ou les Portugais ET QUE DONC LE COUT DU TRAVAIL (ligne fine sur le graphique du bas) est beaucoup monté en Italie par rapport à l’Allemagne. Même cout du capital, cout du travail plus élevé en Italie, que voulez-vous qu’il arriva ?

Tous les investissements ont eu lieu en Allemagne, aucun en Italie.

Le taux de croissance annuel moyen de l’Économie italienne a été de 0 % dans les 10 dernières années, et le commerce extérieur Italien se retrouve bien entendu fortement déficitaire.

Du coup, sans aucune croissance, déficits budgétaires et dette explosent à la hausse et L’Italie se retrouve au bout de 10 ans au bord de la faillite.

Nous avons donc remplace la probabilité d’une dévaluation Italienne périodique par la certitude d’une faillite de l’Italie qui est inconcevable tant elle aurait d’implications

Il est bien trop tard pour introduire les mesures qui auraient dues être prises il y a 10 ans pour mettre l’Italie en situation concurrentielle avec l’Allemagne, et l’Allemagne ne veut pas, et on la comprend , subventionner l’Italie ad vitam aeternam

Si la BCE se met à acheter les obligations Italiennes dont personne ne veut, cela ne réglera rien, puisque le problème de fond, l’absence de compétitivité Italienne ne sera pas réglé

D’une telle simplicité, valable pour les pays qui ont des problèmes de compétitivités.

Les perdants :

·         Toutes les banques qui possèdent des dettes souveraines des pays en difficulté.

·         Et tous les pays qui veulent maintenir cette faible compétitivité, ex : Chine, Allemagne et États-Unis qui profitent de cette faible productivité, pour avoir un marché captif.

Seule solution pour l’Italie, sortir de l’Euro et revenir à sa monnaie nationale, ce qu’il faudra bien finir par faire. Et la dévaluation de la nouvelle Lire devrait avoisiner les 40 %, ce qui mettra la France dans une situation impossible.

Seule question : combien encore de souffrances inutiles a supporter par les populations avant que nos élites n’admettent qu’elles se sont lourdement trompées ?

Mais quand même , quelle étrange et désastreuse idée que cet Euro…


L’économiste Charles Gave vient dans son dernier livre, L’État est mort, vive l’État, nous prédire une crise financière et sociale inéluctable du fait de l’explosion de la dette publique.