The revolt of the people

Projet Syndicate est un poids lourd dans les blogues composés de plusieurs prix Nobels et de gens d'influencent.

La qualité de ce blogue, une plus grande latitude de discuter des problèmes économiques véritables que les médias traditionnels, qui sont cloisonnés par le directeur de la rédaction et leurs propriétaires.

J’ai légèrement changé le titre de l’auteur, au lieu de dire «The Revolt of the Debtors», disons «The revolt of the people»


Extrait de: The Revolt of the Debtors, Daniel Gros, Projet Syndicate, 2011-11-03

BRUSSELS – Greek Prime Minister George Papandreou’s call to hold a referendum on the rescue package agreed at the eurozone summit in late October has profound implications for European governance. It may also determine the future of the euro.

Less than one week before Papandreou dropped his bombshell, eurozone leaders had spoken unequivocally: “The introduction of the European Semester has fundamentally changed the way our fiscal and economic policies are coordinated at European level, with co-ordination at EU level now taking place before national decisions are taken.” Simply put, pan-eurozone financial governance had supposedly won the day.

Technically, Papandreou’s proposed referendum is not directly about fiscal or economic policy, but it is a decision that will have huge economic ramifications for the eurozone. Despite that, it was taken without any coordination with other eurozone leaders. Moreover, if Greece’s voters reject the deal that has just been proposed to them, the outcome might foreclose any further coordination on the country’s debt problems with the European Union. Greece would sink or swim on its own.

So, only days after the eurozone’s heads of state and government congratulated themselves on their summit success, the concept of coordination has been shown to be meaningless for the one country where coordination matters most. Papandreou’s move also exposes the fatal flaw of grand plans for a political or fiscal union to support the euro: the “people,” not governments, remain the real sovereign.

Exacte, M. le peuple, n’oubliez jamais
que c’est vous qui avez le pouvoir ultime.

Governments may sign treaties and make solemn commitments to subordinate their fiscal policy to the wishes of the EU as a whole (or to be more precise, to the wishes of Germany and the European Central Bank); but, in the end, the people may reject any adjustment program that “Brussels” (meaning Berlin and Frankfurt) might want to impose.

The EU remains a collection of sovereign states, and it therefore cannot send an army or a police force to enforce its pacts or collect debt. Any country can leave the EU – and, of course, the eurozone – when the burden of its obligations becomes too onerous. Until now, it had been assumed that the cost of exit would be so high that no country would consider it. This no longer seems to be the case – or so the Greeks, at least, seem to believe.

This also implies that Eurobonds will never constitute the silver bullet that some had hoped would solve Europe’s sovereign-debt crisis. As long as member states remain fully sovereign, investors cannot be assured that if the eurozone breaks up, some states will not simply refuse to pay – or will not refuse to pay for the others.

With popular resistance to paying for profligate southern Europeans rising in Germany and Holland, governments there might be forced to ask their people whether they want to pay the huge costs implied by their commitments to bail out eurozone members that are unwilling or unable to pay.

Voir le prochain article.

That is why the bonds issued by the eurozone’s rescue fund, the European Financial Stability Facility, are trading at a substantial premium relative to German debt, while efforts by Klaus Regling, the EFSF’s head, to convince China, Japan, and other Asians to buy the bonds have gotten nowhere.

The broader message of the Greek move is that “coordination” has so far been a code word for almost total control by creditors (sometimes together with the ECB). The attempt to impose a benevolent creditors’ dictatorship is now being met by a debtors’ revolt. Financial markets have reacted so strongly because investors now comprehend that “sovereign debt” is the debt of a sovereign that can simply decide not to pay.

Holders of bonds of the eurozone’s member states have now been put on notice that, when the going gets tough, the real sovereign,

“We, the people,” might be asked whether they actually want to pay. And the answer might very well be an emphatic “no,” as opinion polls in Greece and the experience of Iceland (whose population twice voted down deals agreed by the Icelandic government) suggest is likely.

Nobody can know at this point whether Portugal or Italy might be the next stops on this road of resistance. The result, however, is quite predictable: soaring risk premia throughout the periphery.

Papandreou’s decision to call a referendum in Greece could thus mean the beginning of the endgame for the euro. At this point, the common currency can be saved only if systemically important countries – namely, Italy and Spain – take concerted action to demonstrate that they are different from Greece.

Daniel Gros is Director of the Center for European Policy Studies


Extrait de : Le référendum grec délie les langues en Allemagne, Karl de Meyer, Contrepoints, 03/11

Le quotidien « Bild » réclame un référendum en Allemagne
sur les aides à la Grèce.

Les sondages sont mauvais pour Angela Merkel.

«  Enlevez l'euro aux Grecs ! Nous aussi nous voulons un référendum », écrivait hier la « Bild Zeitung », le quotidien le plus lu d'Allemagne, qui se conçoit volontiers comme le porte-voix de la « vraie » Allemagne. Oubliant visiblement que la loi fondamentale ne prévoit pas l'utilisation du référendum, le journal du groupe Springer interpelle la chancelière Merkel :

« Nous voulons aussi décider si nous continuons d'aider les Grecs
avec des milliards d'euros. »

De fait, avec l'annonce du référendum grec sur le paquet d'aides de la semaine dernière, Georges Papandréou a touché un nerf, y compris dans les élites politiques et économiques. Le spécialiste des questions financières de la CDU, Klaus-Peter Flosbach, estime que « cela réduit leur disposition à aider ». Un député du Parti libéral, Patrick Kurth, se dit fatigué « de jouer [sa] tête dans [sa] circonscription pendant qu'en Grèce les Allemands se font insulter ». On trouve bien, au sein du Parti libéral, des partisans du référendum grec, comme Frank Schäffler. Mais c'est parce qu'ils tablent sur une victoire du « non » et sur une sortie de la Grèce de la zone euro ! Frank Schäffler a constamment milité contre les plans d'aide votés au Bundestag. Le secrétaire général de la CSU, l'allié bavarois de la CDU d'Angela Merkel, avait déclaré dès mardi que la zone euro était « un club de gens de bonne volonté, pas d'habitués du hamac ». Il n'y a guère qu'à la gauche de l'échiquier politique qu'on trouve encore des « solidaristes » convaincus. Le patron de la gauche radicale (Die Linke) a ainsi reproché à l'Union « de pousser la Grèce dans la crise et l'agitation sociale ».

Il a tout à fait raison, on les empêche de faire défaut,
mais on les tue économiquement.

Batailler ferme

Quant à Angela Merkel, elle a brisé le tabou de la sortie de la Grèce de la zone euro en l'évoquant comme une option. Il y a quelques semaines encore, elle avait sermonné son ministre de l'Economie, qui s'y était hasardé. Il faut dire qu'elle a de quoi être aigrie. Elle et ses alliés les plus proches, comme le Sarrois Peter Altmaier, ont dû batailler ferme, au Bundestag, pour faire valider par la seule majorité, d'abord l'extension du Fonds européen de stabilité financière, en septembre, puis son « optimisation », la semaine dernière, juste avant le sommet de Bruxelles. Sur les 330 députés du bloc CDU-CSU-FDP, seuls 315 députés ont soutenu le premier texte, et 311 le deuxième. Dans les sondages, le camp SPD-Verts est crédité d'une avance considérable sur l'actuelle coalition.

Très exactement 50 % des Allemands ne souhaitent pas voir Angela Merkel exécuter un troisième mandat, après 2013.

Les citoyens se sentent floués

 

Cela pourrait ne plus suffire. Les citoyens se sentant floués par les partis représentés au Bundestag

 

«pourraient se demander pourquoi les Grecs ont le droit de décider par référendum s'ils veulent être sauvés ou non alors que l'on ne demande pas aux Allemands et à leurs enfants s'ils veulent débourser des milliards de fonds publics à cette fin»,

 

prévient la FAZ.

 

Bien qu'à Berlin on déplore en privé le «mauvais coup» du premier ministre grec, aucun responsable gouvernemental ne se risquerait à critiquer l'initiative de Papandréou publiquement.

 

Allant au bout de la «logique démocratique», le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a dit son «respect» pour la décision «courageuse» de Papandréou. «Papandréou complique notre volonté d'aider la Grèce», déplore cependant le député Klaus Peter Flosbach, de la CDU. Plusieurs élus se plaignent de «devoir garder la tête haute dans leur circonscription pendant que les Grecs insultent les Allemands».

 

Selon un sondage, un Allemand sur deux ne souhaite pas que Merkel soit reconduite pour un troisième mandat à la chancellerie en 2013

 

Source : En Allemagne, l'idée d'un référendum a ses partisans