Conciliation travail-famille: un frein à l'entrepreneuriat, selon Jean Coutu

Étant moi-même un ex-entrepreneur, je suis tout à fait d'accord avec la position de M. Jean Coutu, on ne crée pas un esprit d'entrepreneuriat avec un État-Bonbon.

Qui donne des conditions de travail au-dessus de la réalité économique, cet État-Providence a conditionné les gens à penser que l'argent pousse dans les arbres, conséquemment les jeunes pensent que cette situation est normale.

Pourquoi partir une entreprise ?, quand je peux avoir, une sécurité d'emploi, une permanence et une retraite dorée, demandez à nos jeunes policiers ou pompiers ?

Cela prend un certain niveau d'insécurité économique pour partir en affaires, mais on les a instruits dans la ouate.

Ajoutés d’autres variables qui se sont ajoutées, qui n’améliorent pas l’entrepreneuriat.

·        Le Québec est un pire endroit en Amérique du Nord pour partir en affaires.

·        Une autre réalité est le travers de la mondialisation, vous concurrencez directement avec les pays émergents, demandez au Chinois, ce qu'il en pense de la conciliation travail-famille ?


Extrait de : Conciliation travail-famille: un frein à l'entrepreneuriat, selon Jean Coutu, La Presse Canadienne, les affaires.com, 06-12-2011          (modifié le 06-12-2011 à 18:45)

La grande importance que les jeunes accordent à la conciliation travail-famille nuit au développement de l'entrepreneuriat, a estimé Jean Coutu mardi.

"Il y a des choses qui sont fondamentales.
Et je suis sincère quand je dis ça: pour être un entrepreneur,
il ne faut pas que la vie soit trop facile",

a lancé le fondateur de la chaîne de pharmacies qui porte son nom en marge d'un événement organisé par le cabinet comptable RSM Richter Chamberland.

"Quand on est gâtés, on ne peut pas être un entrepreneur, avait-il dit plus tôt devant la centaine de participants réunis. (...) Un entrepreneur n'est jamais satisfait de ce qu'il fait. Il est fier, mais il n'est pas satisfait."

Trop souvent, a déploré M. Coutu, les jeunes s'attendent à ce que leur diplôme leur donne droit rapidement à une bonne qualité de vie sans avoir à trop travailler.

"Il va falloir que ça soit enseigné dans les cours universitaires, que ça soit imprégné dans l'esprit des garçons et des filles: comme d'autres professions, la pharmacie n'est pas là pour les faire vivre. Ce sont eux qui sont là pour donner à la société les services qu'eux seuls peuvent donner."

Remarque, ce n’est pas avec nos professeurs, qui se sont octroyés par chantage syndical, sécurité d’emploi, ancienneté, permanence et retraite dorée qui vont leur enseignées que la précarité est nécessaire pour devenir un bon entrepreneur.

Les pharmaciens se réjouissent des pouvoirs additionnels que le gouvernement s'apprête à leur confier, a noté l'homme de 84 ans. Or, a-t-il relevé, beaucoup de jeunes pharmaciens refusent de travailler les soirs et les fins de semaine, périodes pendant lesquelles la demande pour leurs services est pourtant importante.

"Il ne faut pas dire aux gens 'vous viendrez me voir quand je suis là'! Il faut dire aux gens 'je serai là quand vous aurez besoin de moi'."

Pour Jean Coutu, il y a clairement un clivage générationnel.

"(Les jeunes) veulent avoir la qualité de vie avant de l'avoir méritée",

a-t-il tranché, avant d'ajouter, presque cinglant:

 "aujourd'hui, il y a tellement de possibilités de ne pas travailler et d'être rémunéré quand même... Je pense que ça rend la vie un peu trop facile."

C'est sans compter que les Québécois ont tendance à "quémander" des services à l'État, ce qui ne favorise pas l'éclosion d'entrepreneurs, a-t-il ajouté.

M. Coutu a assuré que pour réussir, un entrepreneur n'a pas besoin de devenir un bourreau de travail, même si lui-même l'a été par moments. À ses yeux, un bon entrepreneur doit être muni de deux personnalités fortes mais autonomes: une au travail et l'autre dans sa vie familiale.

"Il ne faut pas devenir un esclave du travail, a-t-il affirmé. Quand on travaille, il faut donner une mesure extraordinaire, mais on reste quand même des êtres humains. Il faut savoir se freiner pour reprendre son souffle."

Interrogé sur le rôle du gouvernement dans le développement de l'entrepreneuriat, M. Coutu a d'abord lancé, un peu en boutade: "le moins qu'il y en a, le mieux c'est", suscitant les applaudissements de la foule. Il a aussitôt reconnu qu'il avait "exagéré un peu".

"Le gouvernement se doit de nous donner un espace (pour faire des affaires), mais il ne faut jamais laisser le gouvernement meubler cet espace-là", a-t-il précis.