Crise immobilière : Des méthodes à la limite de l'escroquerie

On a ce même foutu problème au Canada, quand nos politiciens disent que notre système bancaire est sécuritaire, ils n’en disent pas plus.

·        Juste pour les prêts immobiliers la SCHL garantis presque que la moitié des prêts immobiliers, donc plus de 536 milliards sont garantis par le peuple.

·        Deuxième point, si vous redonnez les clés de la maison à cause de votre incapacité à payer, vous êtres encore responsables, eh oui !

·        Même si vous faites faillite, la banque peut contester la faillite pour négligence.

·        Et si vous ne voulez pas faire faillite, vous devez vous cacher ou travailler au noir.

En fait, vous n’êtres pas sortis du bois.


En Espagne

Le sujet ? : "clandestinité économique et financière et exclusion sociale perpétuelle" due aux saisies hypothécaires, l'objectif étant d'obtenir une réglementation communautaire sur la dation en paiement.

« Ces dernières années, en Espagne, les organismes bancaires, encouragés par des contrôles publics rares et inefficaces, ont entrepris d'octroyer de façon totalement indifférenciée des crédits hypothécaires par pure avidité »

indiquent en guise de préambule les parlementaires dans leurs questions écrites.

Ajoutant que

« ce phénomène, l'une des principales causes de la crise financière actuelle conjointement avec l'augmentation exponentielle du prix des logements, a eu pour effet de multiplier les problèmes de sur-endettement de la population espagnole, sans autre alternative pour accéder à un logement digne ».

« Associé aux conséquences de la crise économique actuelle, et plus particulièrement à l'augmentation massive du chômage, ce surendettement a donné lieu, ces trois dernières années, à 350 000 saisies hypothécaires, si bien que nous nous trouvons aujourd'hui face à une situation dramatique aggravée par le fait que ces procédures hypothécaires affectent non seulement la personne titulaire du crédit, mais également l'ensemble de sa famille et de son entourage qui doivent répondre de la personne concernée » précise encore le texte.

Mais là où le bât blesse, c'est que

« des centaines de milliers de familles espagnoles ont été, et sont, condamnées aujourd'hui à la clandestinité financière et économique, à l'économie parallèle et à l'exclusion sociale»

Puisque, contrairement à la majorité des législations des États membres de l'UE, la législation espagnole ne reconnaît pas la dation en paiement, en vertu de laquelle la dette hypothécaire contractée s'éteint une fois que l'habitation sur laquelle portait le crédit a été remise à l'organisme financier ».

Source: Saisies hypothécaires : vers une réglementation européenne sur la dation en paiement ?

Nous avons, le même problème au Canada, drôlement sécuritaire notre bancaire, surtout sur le dos du peuple !


Extrait de : L’Espagne à la rue, El Mundo, presseurop,2 décembre 2011

Victimes du chômage, de la bulle immobilière et des crédits bancaires trop faciles, des milliers de familles doivent abandonner leurs logements. Un syndrome de la crise qui frappe le royaume, mais aussi d’un système de crédit à réformer.

Ce ne sont ni des mendiants, ni des toxicos, ni des sans papiers. Les "sans foyer" ne cessent de se multiplier en Espagne. Ils ont perdu leur travail, leur domicile, leurs meubles, leurs illusions, leur espoir. Ils sont endettés jusqu’à la fin de leurs jours.

Paradoxalement, le pire n’est pas de rester sans domicile, c’est ce qui vient ensuite.

"Je suis condamnée à vie à n’avoir aucun bien à mon nom",

se lamente Elena Parronda, flanquée de son mari, dans l’appartement qu’ils sont sur le point de perdre, à Meco, dans la banlieue de Madrid.

"Je ne pourrai plus toucher de salaire, ni avoir un abonnement téléphonique, ni m’acheter une voiture, ni payer de loyer".

"Je n'avais plus de quoi acheter le pain"

Le seul délit qu’ait commis ce couple de classe moyenne est de s’être retrouvé au chômage. Le mari de Mme Parronda avait un bon salaire dans le bâtiment, mais il a été licencié en novembre 2010. Et un jour, cette femme de 42 ans n’a plus pu donner à manger à ses quatre enfants. Elle a alors pris une décision difficile : cesser de rembourser le prêt immobilier.

"Le 11 février, je n’avais même plus de quoi acheter le pain. Avec les 1 000 euros du chômage, nous n’allions plus pouvoir payer la traite de l’appartement, qui est de 680 euros par mois. Après avoir bien pesé le pour et le contre, nous avons arrêté de la payer",

explique Elena avec aplomb. Depuis lors, Elena et son mari survivent sous la menace de l’ordre d’expulsion.

"Se retrouver à la rue avec deux enfants mineurs n’est pas un partie de plaisir, poursuit-elle. Si on ne rembourse pas le crédit, ce n’est pas par caprice, c’est parce qu’on n’en a plus les moyens. Les banques devraient être plus conscientes de la situation des familles. Elles se retrouvent avec des milliers de logements vides sur les bras".

La Plateforme des victimes du crédit immobilier (PAH) dénonce un système qui condamne des milliers de familles à la marginalité et à l’exclusion sociale. “Les banques ont pratiqué une gestion téméraire du risque”, affirme Rafael Mayoral, conseiller juridique de la PAH. 'Elles ont surévalué les logements, ce qui a donné au débiteur l’illusion que la valeur de son bien pourrait couvrir le prêt".

Exacte, la même chose au Canada, pensez-vous que le marché immobilier aurait progressé de 110 % en dix ans, sans crédit facile. Sauf, nos banques, plus brillantes que celle de l’Espagne, se sont assurés que les prêts les plus douteux à être assurés par la SCHL, ils font plus de 24 milliards de profits et ne prennent même pas de risque, beau système corrompu!

Quand on cesse de régler ses mensualités, le logement est vendu aux enchères en fonction de l’estimation qui figure sur le titre de propriété. Dans la plupart des cas, ces enchères n’attirent pas d’acheteur, car le prix ne peut pas descendre en-dessous de 70 % de la valeur du bien hypothéqué lors de la première adjudication, ni en-dessous de 60 % lorsque c’est la banque qui se l’adjuge.

L’organisme financier conserve alors le bien et c’est à lui qu’il incombe de garantir le remboursement du prêt immobilier. Bien souvent, la dette finale de l’emprunteur dépasse sa dette initiale, alors même qu’il n’est plus propriétaire du logement.

Car, on vend la maison au rabais, ici, on n’appelle cela du «flipping», les maisons en faillites sont vendues nettement plus bas que le prix du marché, donc, vous avez belle créance sur votre dos, même si vous n’avez plus de maison.

Des méthodes à la limite de l'escroquerie

"L’emprunteur et ses garants se voient indéfiniment exiger le remboursement, jusqu’à la fin de leurs jours. Cette solvabilité supposée du système financier espagnol s’appuie sur la servitude du débiteur face à l’organisme financier, car nous devons engager nos biens présent et futurs”,

s'indigne Mayoral.

Cette situation ne satisfait pas non plus les banques, dans la mesure où leur activité ne consiste pas à conserver les biens immobiliers.

Lino Samuel Moreno a vécu dans sa chair la vente aux enchères de son logement. Son bien s’est envolé en fumée, tout comme son rêve de vivre en Espagne, dans l’“Eldorado européen”. Cet Equatorien a atterri dans notre pays vers 2002. En 2006, ayant tous ses papiers en règle, il décide de faire le grand saut et de s’acheter un logement à Valdemoro, dans la banlieue de Madrid.

Tout est allé comme sur des roulettes jusqu’à ce jour de 2008 où il s’est retrouvé sans emploi. Depuis lors, il n’a plus jamais réussi à travailler plus de 4 mois d’affilée. Il a d’abord cessé de payer une première traite, puis une deuxième, ensuite une troisième… Il a tenté de renégocier les échéances, mais le 7 octobre dernier, il a reçu l’avis de saisie tant redouté, l’invitant à quitter son logement.

"A 10 heures du matin, la police s’est présentée pour nous dire de partir, raconte Lino d’une voix tremblante. Ma femme me serrait dans ses bras. A ce moment même, on nous a appelé du tribunal pour nous dire qu’on nous avait accordé un délai de 3 mois, mais que les meubles allaient être saisis". Aujourd’hui, le couple loue un appartement à Valdemoro grâce à la mairie, pour lequel il paie 450 euros par mois.

Des cas comme ceux-là, il en existe des milliers. La PAH estime qu’on est aujourd’hui dans une situation d’impunité totale et exige que l’on enquête sur les méthodes de souscription des crédits immobiliers, qui seraient souvent à la limite de l’escroquerie.

"Les prêts immobiliers ont servi de levier à l’augmentation artificielle du prix d’un bien de première nécessité, à savoir le logement, et il y a des responsables, assure Rafael Mayoral.

Il faut indemniser les victimes, pas les responsables.

Nous demandons une modification de la législation sur les prêts afin qu’on ait le droit de céder le bien pour racheter le crédit, pour que la dette soit apurée une bonne fois pour toutes”.

Bienvenue, dans la corruption de la finance globale !


 

  1. gravatar

    # by Incubus - 9 décembre 2011 à 16 h 58

    Qui les a forcé à acheter de l'immobilier?

    Réponse : Personne sauf un comportement de lemming.

    Et bien maintanant qu'ils payent leurs dettes.

    Aucune pitié pour ces innoncents hydrocéphales.