État-Providence, un brin d’immoralité

Le quatrième facteur de l’immobilisme du Québec est le peuple lui-même, ce n’est pas un problème unique du Québec, mais de tous les États-Providence.

À chaque fois, qu’un pays, une province, ou une région fait un déficit budgétaire associé à des dépenses d'opération (épiceries), vous êtres en situation immorale.

Vous obtenez des services sans payer le coût du service réel et vous transportez le fardeau de la dépense sur les futures générations. Exemple, les garderies à 7 $, la santé sans ticket modérateur, ou les retraites dorées insolvables.

Prenez ce dernier cas :

Qu'est-ce qui est le plus immoral ?

1.      Le politicien qui promet une retraite dorée insolvable.

2.      Ou l'individu qui reçoit cette retraite dorée en passant l'insolvabilité sur le dos de ces enfants et petits-enfants.

D'autant plus, dans cet État-Providence, il y a très peu de gens qui génère la richesse et beaucoup en dépendent, au Québec, seulement le tiers de la population travaille dans le privé et payent des impôts, le reste ou n'en payent pas où fait partie du secteur public.

Donc, trop de richesse a été distribuée et même à crédit, sans avoir les moyens de la supporter financièrement.

Et, comme le peuple a reçu ces bonbons empoissonnés, elles refusent de s’en défaire, oui, les politiciens ont leurs parts de responsabilité, car c’est eux qui ont le contrôle du budget, mais la population a aussi sa part de responsabilité, par paresse intellectuelle ou en jouant tout simplement à l’autruche, on refuse de voir la vérité.

Malheureusement, l'État-Providence a créé un peuple de dépendant, il s'est créé une panoplie de services sur le dos des futures générations.

Donc, il y a bien immoralité quand l'État Providence ne respecte plus ses futurs contribuables.


Extrait de : Les 99% sont innocents, Par Nick de Cusa, Contrepoints, 28/11/2011

En ces temps de crise, il y a de quoi être fâché. Mais contre qui ? Quel est le 1% de coupables? Quels sont les 99% d’innocents?

Déjà trois ans de crise. Ce qui signifie aussi, trois ans de dispute sur qui sont les coupables. Le débat n’est pas vain. Beaucoup de gens souffrent, et beaucoup vont souffrir plus encore dans les mois et les années qui viennent. Et qui sait quand ça va se finir ? L’exemple de la décennie perdue du Japon, qui semble devoir déboucher sur une autre décennie perdue, permet d’envisager la fin de la croissance en France et en UE pour longtemps, un avenir morne, l’abandon des aspirations à mieux, une lente démoralisation.

Plus concrètement, ce seront des emplois perdus, des logements qu’on ne peut plus se permettre, des soins de santé qu’on repousse à plus tard (mais à quand ?) … Et même, pour un grand nombre, la question restera de savoir comment manger et comment nourrir sa famille.

Bref, il y a de quoi être fâché. Mais contre qui ? De qui exiger sanctions et réparations, et qu’elles soient exemplaires pour dissuader les responsables de jamais récidiver, et de causer à nouveau un tel désastre ?

La chasse au coupable est donc devenue une passion intense, et au bout d’un certain temps, une liste de candidats tient la corde, selon les points de vue, dont par exemple:

·         Les riches

·         Le fameux 1%

·         La grande finance internationale apatride, Goldman Sachs, suivez mon regard…

·         La dérèglementation financière

·         Le capitalisme

·         le (néo-, ultra-)libéralisme (sauvage)

·         La désindustrialisation, les délocalisations

·         La gauche

·         La droîte traitresse qui est passée à gauche

·         Les syndicats ultraminoritaires, subventionnés, bloqueurs, devant lesquels se couche la droite passée à gauche

·         L’Union Européenne, et plus particulièrement l’euro

·         Le keynésianisme et les politiques ininterrompues d’expansion du crédit (même pro-cycliques)

·         La retraite par répartition, système dit de Pétain-Madoff, dont la seule issue possible est la ruine

·         Le monopole public de la santé

·         Les « partenaires » « sociaux »

·         Le droit social et les charges sociales qui ont tué l’emploi et la croissance

·         Les fraudeurs fiscaux, les évadés fiscaux, les paradis fiscaux

·         L’égalitarisme

·         L’immigration qui exploite l’État providence

·         Les médias publics et les médias subventionnés aux ordres, où 80% des journalistes sont de gauche (et où, franchement, ceux de droite sont de gauche)

·         L’Éducation Nationale fabrique à crétins, qui produit des gens convaincus que l’État peut créer des emplois

·         Les économistes qui ont expliqué pendant des années que la dette publique n’a pas de limite

·         L’idéologie verte pastèque qui fait dépenser en pure perte sur des renouvelables inefficaces…

Certainement, vous avez déjà repéré dans la liste, pourtant non exhaustive, quelques coupables contre lesquels vous avez vous-même une dent. Mais pour encore mieux arriver à les identifier, ne pouvons-nous pas également progresser en utilisant l’approche inverse : exclure ceux qui, de toute évidence, ne sont pour rien dans la situation inextricable où ils ont été mis malgré eux. Bien sûr, une telle liste est potentiellement énorme, mais qui sont les principaux?

Pour nous donner une direction générale, il semble bon de revenir à une réflexion qu’avait faite le romancier Arnon Grunberg dans le magazine belge Humo au début de la crise, qui se demandait alors pourquoi tout le monde était fâché contre les banquiers qui avaient accordé des crédits impossibles à rembourser, et pourquoi personne n’en voulait à tous les gens à bas revenus qui avaient contracté des emprunts qu’il leur serait de toute évidence impossible d’assumer. Comme on peut clairement le voir, cette deuxième catégorie n’est absolument pas en cause, et cela nous permet d’en identifier d’autres selon la même logique.

Non, les gens qui pour rien au monde ne renonceraient à leurs allocations, par exemple familiales, n’ont aucune responsabilité dans la presque faillite de notre puissance publique. Ni ceux qui restent au chômage un poil plus longtemps que nécessaire pour retrouver un travail. Ni bien sûr, qui va chez le médecin pour une ordonnance en cas de petit virus sans gravité et sans traitement connu (ni nécessaire). Pas plus, non plus, qui prend un petit arrêt « maladie ».

Excluons tout de suite, bien sûr, qui pense que l’éducation et les études, doivent être « gratuites » (surtout « sociologie »), et que les logements des étudiants doivent être subventionnés. Ou que la culture doit être subsidiée, parce que primo, qu’aurait pu faire Van Gogh sans subventions ?, et secundo, les gens ne choisissent que de la sous-culture si l’État n’intervient pas, voyons !

Ne nous tournons pas plus vers qui veut avoir son France 2, France 3, France 4, France 5, France Ô, France 24, TV5, Arte, France Inter, France Info, Le Mouv’, Radio France Région, France Bleue, ni bien sûr vers qui pense que pour être vraiment indépendants, les médias doivent être financés par les autorités. N’est-ce pas Le Monde, Libération, le Figaro, l’Humanité, ou les impure players Mediapart, Rue89, Slate et consorts…

Même chose pour la Recherche qui, pour être intègre et de qualité, ne peut être que publique. On aura aussi la pudeur la plus élémentaire de ne pas pointer du doigt les coûts des milliers de décès causés, en hôpitaux, par du personnel qui ne peut pas se donner la peine de se laver les mains correctement.

Entièrement au dessus de tout soupçon également, et très clairement, les services publics et les 8 millions de personnes qui savent bien que leur métier, et leur intense production de prestations, doivent être rémunérés par l’État, et ne sauraient en aucun cas être assurés par la demande volontaire spontanée du consommateur. On écartera de même les intermittents du spectacle.

Seuls les populistes de la pire espèce accuseraient les régimes spéciaux de retraites, les préretraites à 52 ans des grandes entreprises, les logements publics de fonction, les associations subventionnées dans les domaines les plus variés, les 600.000 élus que compte le pays, soit un Français sur 100, qui prouvent bien que nos concitoyens sont les mieux représentés du monde, comme le veut notre rôle universellement reconnu de terre des droits de l’homme et de la démocratie.

Tout aussi insoupçonnables, les confortables monopoles de type EDF et SNCF ou duopoles tels Veolia – Suez (Générale – Lyonnaise). Les habitants qui réclament leur LGV. Et bien sûr les professions protégées, même si leur surcoût comprime la consommation, banquiers, notaires, taxis, pharmaciens et autres, ou les commerces pour qui l’État, c’est bien commode, interdit l’ouverture de nouveaux concurrents.

Enfin, pour en revenir à la question de Grunberg, non M. l’écrivain, les gens quels que soient leur revenus, ne prennent pas de responsabilités quand ils prennent des crédits pour leur logement, leur voiture, leur écran plat, leur Wii et les DS des petits, ou encore tout autre produit de première nécessité. Quel mauvais esprit que de le suggérer.

En un mot comme en cent, vous, moi, nous, les 99%, avec certitude, nous sommes innocents.