Hydro-Québec a octroyé de nombreux contrats sans appel d'offres

Puisque l'on parle de transparence, essayons d'examiner la gestion de notre fleuron étatique : Hydro-Québec.

Ils semblent qu’il y a beaucoup de contrats accordés gré à gré, après on se demande pourquoi le vérificateur général n’a pas eu d’invitation.

Un petit détail, je crois que c’est encore le peuple qui en est propriétaire, mais dîtes-vous dans une province la plus corrompue de l’Amérique du Nord.

Hydro-Québec et transparence ne sont pas des synonymes


Extrait de : Hydro-Québec a octroyé de nombreux contrats sans appel d'offres, Radio-Canada, 7 décembre 2011

Exclusif - La vaste majorité des contrats octroyés par Hydro-Québec pour le fonctionnement de la centrale nucléaire de Gentilly-2 entre 2000 et 2010 l'ont été sans appel d'offres.

C'est ce qui ressort d'une compilation des contrats effectuée par Radio-Canada, qui met aussi en relief d'importants écarts entre la valeur des contrats à l'attribution et les montants versés par Hydro-Québec.

Sur les 291 contrats recensés, la majorité, 61 %, ont été octroyés de gré à gré, c'est-à-dire en négociant directement avec le fournisseur.

Trente pour cent de ces contrats ont été octroyés à la suite d'appels d'offres restreints, c'est-à-dire auprès d'un petit nombre de fournisseurs. Hydro-Québec a notamment eu recours à ce mode d'attribution pour la construction d'armoires de rangement, pour le pavage d'une voie d'accès et pour le déneigement du terrain de la centrale.

« Il peut y avoir des raisons qui justifient qu'on procède au gré au gré, mais quand ça devient la majorité des contrats, il y a un problème avec le système d'appel d'offres », affirme Éric Montpetit, professeur d'administration publique à Université de Montréal.

Hydro-Québec défend sa politique d'acquisition

« On est dans le domaine du nucléaire. C'est tout à fait normal, on fait affaire avec des expertises spécialisées », explique la porte-parole d'Hydro-Québec, Marie-Hélène Deveault.

Un professeur de génie nucléaire de l'École polytechnique de Montréal, Guy Marleau, exprime quant à lui des réserves. « Le nucléaire pourrait avoir le dos large pour une partie des contrats qui ont été négociés, entre autres tous les contrats d'entretien de la centrale », dit-il.

Un écart de 19 % existe en moyenne entre la valeur des contrats à l'attribution et le montant versé par Hydro-Québec, mais certains écarts sont plus importants. Ainsi, un contrat pour la fourniture de disjoncteurs est passé de 223 000 $ à 668 000 $.

Hydro-Québec a aussi déboursé 4,3 millions de dollars pour un contrat de pavage initialement évalué à moins de 3 millions de dollars. « Ce sont des écarts, mais pas nécessairement des dépassements de coûts », soutient Marie-Hélène Deveault.

Hydro-Québec soutient que les contrats ont été simplement bonifiés, mais les experts consultés émettent des réserves. Ils voudraient qu'Hydro-Québec donne plus de détails.

« C'est impossible de se faire une idée sur la base du peu d'information qui est disponible. Même en étant un spécialiste du nucléaire, il y a un certain nombre de coûts que je ne pourrais pas expliquer », déplore Guy Marleau.

Hydro-Québec soutient que l'octroi des contrats pour la centrale nucléaire de Gentilly-2 est strictement encadré et fait l'objet d'un suivi rigoureux, mais il refuse de dévoiler le contenu de ces contrats.