Le fossé de la retraite

Article, qui ne présente pas grand-chose de nouveau, tout en ne disant pas ce qui se passe ailleurs dans le monde pour corriger la situation.

L’État-Providence tire à sa fin !


Extrait de : Budget de Montréal 2012: le fossé de la retraite, Sophie Cousineau, La Presse, 01 décembre 2011

(Montréal) Pour les propriétaires de Montréal, le choc ne sera pas trop difficile à encaisser. En 2012, la hausse de leur facture d'impôt et de taxes se limitera à 3% en moyenne - exception faite des arrondissements qui ajoutent leur petite touche personnelle.

À peu de choses près, cela équivaut à l'inflation. Rien à voir avec les augmentations salées annoncées par le maire Gérald Tremblay depuis sa réélection en 2009. Après huit années de gel des impôts fonciers, les Montréalais ont goûté au rattrapage fiscal à la vitesse grand V.

Mais tout cela s'additionne. Montréal récolte la palme de la charge fiscale la plus élevée chez les grandes villes du Québec. Ce qui suscite bien de la grogne et des contestations d'évaluation municipale.

Ce qui détruit la compétitivité de la ville entre autres.

Pour canaliser la colère, le maire Tremblay s'est trouvé un bouc émissaire. Il cible les régimes de retraite des 22 000 employés de la Ville, dont les coûts ont quintuplé en 10 ans. C'est ce qui expliquerait la hausse de la charge fiscale des Montréalais, selon lui.

Ce n'est évidemment pas la seule raison pour les hausses d'impôt, vu la gestion douteuse des contrats publics au cours des dernières années. Mais le maire Tremblay a raison de pointer ces régimes de retraite.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Près de 610 millions de dollars; voilà la somme que la Ville consacrera à ces régimes en 2012.

C'est plus que le budget pour les transports en commun et les pistes cyclables. Plus que la somme allouée aux activités culturelles et sportives. Et pas loin derrière le budget du service de police et de sécurité incendie, le plus gros poste budgétaire de Montréal.

En fait, les régimes de retraite grugent 13% du budget total de 4,7 milliards de dollars. Et la progression des coûts est si rapide qu'elle explique la moitié de la hausse des dépenses de 5,2% attendue en 2012.

Dénoncez les marchés financiers en dents de scie. Décriez les taux d'intérêt au plancher. Mais la situation se résume en un mot: intenable.

 «Les taxes foncières ont atteint leur limite», dit le maire Tremblay.

Son administration espère réduire de 50 millions par année les coûts de ces régimes au cours de ses négociations avec les syndicats de la Ville. La plupart des contrats de travail expirent le 31 décembre 2012.

Chaude sera l'année. Car il n'y a aucun moyen plaisant d'atteindre cette cible. L'administration Tremblay-Applebaum envisage trois recours.

Relever l'âge

Le premier: relever l'âge auquel les employés de la Ville peuvent partir à la retraite sans subir de conséquences financières, des pénalités actuarielles dans le jargon. Le maire refuse de préciser cet âge, de négocier en public. Mais dans les coulisses, on parle de reporter de cinq ans l'âge de la retraite avec tous les bénéfices.

L'âge de la retraite varie d'un groupe de travailleurs à un autre, les policiers pouvant rendre leur arme de service vers 45 ans. Cependant, l'âge moyen de la retraite des cols blancs de la Ville de Montréal se situe actuellement à 60 ans. C'est tôt.

Savez-vous en Europe, la moyenne c’est au moins 40 ans de service, pour avoir pleine pension, drôlement loin par rapport à 30 ans de service.

Pourquoi, on a rien fait?  Parce que nos politiciens ont préférés à transporter
le problème à plus tard.

Réformes retarites

Source :  Un pays paralysé

Augmenter les cotisations des employés

Le deuxième: augmenter les cotisations des employés. Actuellement, leurs contributions ne couvrent que 30% des coûts des régimes, le solde étant assumé par la Ville. L'administration Tremblay-Applebaum souhaite qu'employeurs et employé contribuent aux régimes en parts égales.

C’est déjà insolvable à 50 %, imaginez à 30 %, des politiciens tellement pleutres qui ont laissé la situation.

On ne sait plus comment s’en sortir, évidemment une bonne partie de la fonction publique et des employés municipaux croyant avoir une retraite dorée sans mettre d’effort, en transférant la responsabilité sur le dos d’une population, de plus en plus pauvre et d’une précarité évidente lors de leur propre retraite.

Répartir plus équitablement les risques

Le troisième: répartir plus équitablement les risques. Employeur et employés partagent les surplus des caisses de retraite. En revanche, c'est la Ville de Montréal qui ramasse la note lorsque les rendements ne sont plus au rendez-vous.

Le maire Tremblay a illustré son propos par cet exemple d'une précision révélatrice. Normalement, les salariés de la Ville reçoivent un crédit de rente qui équivaut à 2% de leur salaire pour chaque année de service. Quoi qu'il arrive en Bourse.

Dorénavant - car il n'est pas question de toucher au passé -, ce crédit de rente serait réduit à 1,5%. Le solde de 0,5% serait seulement versé lorsque les régimes connaissent de bons rendements. Autrement, cette partie variable serait moindre, voire nulle.

En cas de débâcle boursière, la Ville de Montréal aurait donc une porte de sortie. Techniquement, cela reste ce que l'on appelle des régimes à prestations déterminées, même si seulement les trois quarts de la rente de retraite sont garantis.

 «Ce sont des demandes légitimes», plaide le maire Tremblay.

Secteur privé retraiteEn fait, il ne devrait pas avoir aucun risque, ce n’est pas au peuple de subir toute variation de marché, de démographie, ou du taux de mortalité,  seule une prestation à cotisation déterminée serait acceptable, tous compromis ne seraient encore une simple fumisterie.

On savait que les régimes de prestations déterminées étaient un gouffre financier, le secteur privé s'est retirés de tels régimes, aux États-Unis en 1979, 65 % des entreprises privées avait un tel régime, en 2009, seulement 7 %, et en 2011 tout probables pas plus de 5 %.  

Ce qui est insolvable pour le secteur privé est aussi insolvable pour le public, la différence, c'est que les entreprises risquent de faire faillite si elle ne corrige pas la situation, pour le public, nos politiciens carriéristes, donc, ne pensant pas plus loin que leur bout de leur nez, donc pas plus de quatre ans, n'ont pas assumé leur responsabilité en gérant les finances en bon père de famille.

Ce copinage entre les politiciens et les syndicats, ne doit pas être assumés par le peuple, d’autant plus c’est une iniquité flagrante de distribution de richesse entre le secteur public et privé et pour toutes les futures générations.

Pour les travailleurs syndiqués de la Ville, les changements envisagés sont majeurs et pénibles. Mais, en même temps, ils sont plus timides que ceux que subissent les employés du secteur privé. Cela, c'est quand ils ont un régime de retraite complémentaire!

Seulement le tiers des travailleurs du Québec (35%) ont ce privilège, selon des données de 2005. Et depuis la crise financière, la pression est forte pour convertir les régimes de retraite avec revenus garantis en régimes à cotisations déterminées, où seule la ponction sur le chèque de paie est connue.

Dans le contexte, il y a quelque chose d'indécent à refiler la facture de la retraite des employés de la Ville à des propriétaires qui se demandent comment ils vont assurer leurs vieux jours.

Ce n’est pas juste indécent, c’est tout à fait illégitime.

Surtout que les employés municipaux sont significativement mieux traités que les fonctionnaires du gouvernement du Québec et les employés du secteur privé, selon l'Institut de la statistique du Québec.

Pas besoin de verser dans la démagogie pour constater cette iniquité, ce fossé.

Les négociations actuelles avec certains groupes d'employés (cadres, cols bleus) vont «raisonnablement bien», a noté le maire Tremblay. Chez les policiers et les pompiers, par contre, il n'y a qu'une «ouverture». Traduction: cela accroche.

Reste à voir si l'administration Tremblay-Applebaum tiendra son bout. Car si le passé nous a enseigné quelque chose, c'est que le fusil sur la cuisse et la hache à la ceinture sont des armes de négociation redoutables.

Le marché financier va faire de la pression sur le Québec, pour améliorer ces finances, la pression initiale se fera à trois niveaux, comme le Québec est déjà surtaxé, il faudra réduire les dépenses:

1.      Réduire les services sociaux.

2.      Réduire la masse salariale du secteur public dans son ensemble.

3.      Réduire les conditions des futures retraites et implanter une forme de taxe de solidarité sur les retraites déjà accordées pour établir un meilleur équilibre de distribution de richesse.

Bienvenue dans la réalité économique !