L’immobilisme d’un État-Providence : le peuple !

David et moi, on est souvent sur la même longueur d’onde.

Évidemment, nos politiciens vivent au-dessus de la réalité.

Au lieu de faire face aux vrais problèmes, tel que les déficits structurels depuis des décennies, on applique une gouvernance d'imbécile à courte vue:

Celle d’emprunter aussi longtemps que les agences de notations nous indiquent
que les vacances sont finies, avec toutes les conséquences.

Ajouter, un peuple et un ensemble d'entrepreneurs, le premier ont reçu des cadeaux avec des services et des privilèges au-dessus de notre capacité financière et le second reçoit des subventions, que beaucoup d'entre eux ne seraient plus en affaires, sans ces subventions.

Nos chers politiciens ne sont pas fous, ils ont acheté des votes, alors, le quatrième facteur de l’immobilisme est le peuple, lui-même, car ils ne veulent pas perdre aucun privilège, sachant très bien que la province fonce tout droit dans un mur.

Comportement classique des États-Providences

Ensuite, nos chers politiciens vont pleurer devant nous, disant, que ce n'étaient pas de leurs fautes.

N’est-ce pas pathétique ?


Extrait de : À en pleurer, David Descôteaux, Argent, 6 décembre 2011

Une vidéo circule sur Internet. On y voit une ministre italienne éclater en sanglots pendant qu’elle annonce une réforme des régimes de retraite. L’Italie est fauchée. Le gouvernement va augmenter le nombre d’années de cotisation, et repousser l’âge de la retraite, notamment. Le premier ministre doit terminer l’allocution de la dame, trop « émotionnée » pour poursuivre.

Cette réforme sera insuffisante pour sauver les finances publiques de l’Italie, qui foncent vers la catastrophe. Mais qu’une ministre soit incapable d’annoncer à ses citoyens, sans pleurer, des sacrifices bien modestes (vu l’ampleur du problème)? Ça en dit long sur les défis qui nous attendent, tous.

L’île des insouciants 

Mais j’oubliais. Ici sur notre île, rien de tout cela peut nous arriver. Ici c’est business as usual. Nos déficits, notre dette galopante, nos régimes de retraite dans le rouge… Tous ces irritants vont disparaître comme par magie.

Prenez Gérald Tremblay à Montréal. La dette de sa ville bouffe 17 % des revenus annuels. Les régimes de retraite font le tic-tac d’une bombe à retardement. M. Tremblay va-t-il se serrer la ceinture? Non. Il prévoit embaucher des dizaines de fonctionnaires de plus cette année. Il va plutôt serrer la ceinture de ses citoyens, à coups de hausses de taxes.

Prenez Jean Charest ou Michelle Courchesne, à Québec. La dette grossit plus vite chaque année (une douzaine de milliards en 2011, au minimum). Pas seulement à cause des infrastructures — le gouvernement paye l’épicerie avec sa carte de crédit. Les coûts de santé explosent, et le trou des régimes de retraite se creuse. Qu’entend faire Mme Courchesne? Y « réfléchir ». Rien ne se fera avant l’élection de 2012, bien sûr. La priorité : se faire réélire. Faut pas froisser quiconque d’ici là.

Prenez Stephen Harper, à Ottawa. Malgré ses discours de « droite fiscale », il endette le pays plus vite que tout autre premier ministre avant lui. La bureaucratie québécoise est un yacht à côté du paquebot fédéral, qu’Harper n’est même pas capable de faire virer de 10 degrés. Sous les conservateurs, les dépenses et les déficits battent des records. Un retour en récession, et c’est la catastrophe budgétaire.

Snif, snif

Retour en Italie. L’AFP cite un chef syndical qui déchire sa chemise : le gouvernement italien « n’a pas calculé l’impact social » du plan d’austérité. Faux. Ce que le gouvernement — tous les gouvernements — n’a pas calculé, c’est l’impact social inévitable d’une gestion à courte vue pendant des décennies. À dépenser plus que ses revenus, et à promettre mer et monde à chaque groupe d’intérêt. Quand la facture arrive, l’austérité n’est pas un choix.

Et plus nos politiciens, ici, continuent de croire que nous sommes sur une île, que notre carte de crédit Gold est illimitée, plus nous dressons la table pour une cure d’austérité sévère. Si nous continuons de laisser nos politiciens repousser à plus tard la moindre réforme, par manque de couilles ou par opportunisme, ne soyez pas surpris. Chez nous aussi, ça va pleurer.