Moins de publication : mi-mai à la fin d’août

Pour la période estivale moins de publication de carnet : À partir de mi-mai à la fin d’août

Chaque année, durant la période estivale, je publie beaucoup moins de carnets, profitant de la température clémente, de mon jardin et de longue randonnée avec mon chien.

Vitesse de croisière à la normale à partir de septembre.

Q.D.

3.6 Pauvre, est-ce notre avenir ?

Cahier spécial : Croissances et inégalités dues à la mondialisation

Il faut se défaire de l’image du clochard qui choisit ou, plutôt, se laisse aller à vivre en marge de la société. Le pauvre de ce début du XXIe siècle n’est pas un marginal assumant un choix de vie alternatif. « Les pauvres d’aujourd’hui ne sont pas des gens à part. Souvent ils travaillent ou cherchent un emploi, ont des enfants, vivent des his­toires de couple qui parfois ne se terminent pas bien », écrit Denis Clerc.

À rebours de scandaleux clichés, le pauvre n’est pas un paresseux ou un profiteur s’installant confortablement dans l’assistanat. Au contraire, conformément à un slo­gan à succès, le pauvre souhaite « travailler plus pour gagner plus ». S’il est chômeur, il cherche un emploi ; s’il a un CDD, il veut un CDI ; s’il est employé à temps partiel, il aspire à un temps complet. En réalité, le pauvre était souvent une personne ordinaire avant de connaître un accident de parcours. Il avait un emploi, mais l’a perdu. Il vivait en couple, puis s’est séparé de son conjoint.

Ces deux ruptures - professionnelles ou familiales - expliquent la plupart des bascule­ments dans la pauvreté. Certes, la responsabilité individuelle peut toujours être invo­quée. Personne n’est jamais entièrement victime de la fatalité. Mais la forme de la société, les valeurs promues par ses élites, l’esprit des lois et les choix économiques et sociaux existent aussi et ils ont un impact réel sur la vie des gens. Aujourd’hui, les idées qui modèlent la société sont celles de la révolution libertarienne qui, sous couvert de liberté, érige l’instabilité et la fluidité et la compétitivité au rang de valeurs suprêmes.

C’est bien cette idéologie qui a fait sauter toutes les institutions qui apportaient aux hommes et aux femmes des repères et des cadres protecteurs.

Aujourd’hui, chacun est plus libre et plus mobile, mais aussi plus vulnérable.

L’emploi à vie, c’est fini ! Le mariage aussi… Tout est devenu précaire, mouvant, liquide. Tout est permis mais rien n’est jamais acquis. Les gourous du néo-management et les magazines féminins sont d’accord sur ce point : la vie est désormais un combat et gare à la baisse de perfor­mance ! D’où l’incroyable essor du coaching ! Il existe des coachs pour tout : le travail, les loisirs, l’éducation, la séduction, le couple, etc.

Dans ce maelstrom généralisé, certains parviennent à s’adapter. D’autres chutent. Tou­tefois, chacun sent bien que les catégories sont poreuses. Tout le monde connaît, dans sa famille ou dans son entourage proche, une ou des histoires de basculement soudain dans une pauvreté plus ou moins aigüe. Du coup, la crainte de la paupérisation gagne peu à peu la société toute entière, à commencer par les classes moyennes.

Cette crainte d’une paupérisation généralisée est-elle justifiée ? Plusieurs tendances lourdes incitent à répondre « oui ».

Comme on l’a vu :

La part croissante des emplois précaires, la stagnation du pouvoir d’achat et le déclassement d’une large frange des classes moyennes sont des réalités incontournables et dynamiques qui ne sont pas en­ core arrivées à leur terme.

Est-ce à dire que la paupérisation est nécessairement notre avenir ? La réponse est « non » si nous refusons de laisser faire. D’abord, parce qu’il faut reconnaître que la France est un pays, malgré les dérives de ces dernières années, égalitaire. Mais surtout, les phénomènes des dernières années ne constituent nulle­ment des fatalités tombées du ciel. Elles résultent des choix politiques, économiques et sociaux qui ont été faits, depuis plus de vingt ans, en faveur d’une mondialisation dérégulée et d’une financiarisation de l’économie. D’autres choix peuvent être faits que nous exposerons dans la deuxième partie de ce livre. La poursuite de la crise financière en crise économique les rend même inéluctables. Cette remise en cause et l’arbitrage en faveur d’un nouveau modèle de croissance peuvent nous conduire à une société plus solidaire et plus juste, moins assistée, à la condition de donner à chacun la chance de pouvoir travailler.


Banques alimentaires Canada

Nous sommes privilégiés en tant qu'organisme de bienfaisance de taille modeste d'avoir des membres et des donateurs qui appuient nos efforts en matière d'éducation du public et de recherche. Tous nos rapports et enquêtes partagent l'objectif d'en finir avec la faim au Canada.

Au Canada, la faim est dans une large mesure un problème occulté. De nombreux Canadiens sont tout simplement inconscients du fait qu'un très grand nombre d'hommes, de femmes et d'enfants se couchent souvent sur leur faim.

Qui a faim au Canada?

Bien que tous soient à risque d'insécurité alimentaire à un moment ou l'autre de leur vie, certains groupes sont particulièrement vulnérables:

Les travailleurs
Les personnes ayant un emploi constituent, à 11,4 p. cent, le troisième groupe en importance parmi les clients de banques alimentaires. De l'évidence anecdotique révèle que la majorité des clients de banques alimentaires ayant un emploi ont des emplois faiblement rémunérés. La perte d'emplois à plein temps au cours de la récente récession et l'expansion de l'économie faiblement rémunérée a engendré plus de travailleurs qui ne réussissent pas à subvenir à leurs besoins essentiels et à ceux de leurs familles.

Les enfants
Les enfants continuent à être surreprésentés parmi les utilisateurs de banques alimentaires au Canada. Cette année, 37,8 p. cent des clients de banques alimentaires étaient âgés de moins de 18 ans. La pauvreté infantile est restée au même niveau depuis deux décennies, en dépit du fait que le gouvernement fédéral s'est engagé à éliminer la pauvreté infantile avant l'année 2000. La pauvreté infantile est reliée directement au niveau du revenu des ménages. Les familles ayant des enfants constituent plus de 50 p. cent des utilisateurs de banques alimentaires.

Les familles avec enfants
Plus de la moitié des familles qui se tournent vers les banques alimentaires pour l'aide sont des familles avec enfants. Les familles monoparentales demeurent toujours un des groupes les plus économiquement vulnérables du Canada. Il est probable que de nombreux utilisateurs de banques alimentaires qui vivent dans un état de monoparentalité (27,5 p. cent) sont des femmes selon le Bilan-Faim 2010. D'après Statistique Canada quatre-vingt p. cent des familles monoparentale sont dirigées par des femmes.

Canadiens ruraux
Malgré le fait que de nombreuses communautés rurales canadiennes sont situées dans des régions d'agriculture d'importance, la faim est la réalité de dizaines de milliers de résidents ruraux. Plus de la moitié des banques alimentaires participant au sondage Bilan-Faim 2010 sont situées dans les communautés rurales (définies comme étant des populations de moins de 10 000 personnes).

Les personnes ayant des handicapés
Ceux qui reçoivent des prestations pour personnes ayant des incapacités ont constitué maintenant le deuxième groupe en importance au parmi les clients de banques alimentaires, selon le rapport Bilan-Faim 2010 (15 p. cent). Il s'agit d'un exemple de plus de la crise plus vaste d'une aide sociale inadéquate au Canada. Les mesures de soutien aux personnes ayant des incapacités sont manifestement insuffisantes. Si les taux de prestations et les programmes actuels à l'intention de personnes ayant des incapacités ne s'améliorent pas, nous nous attendons à voir un accroissement de l'insécurité alimentaire au sein de ce groupe démographique puisque la société canadienne vieillit rapidement et que l'espérance de vie augmente.

Les aînés
Les aînés qui font appel à des banques alimentaires à travers le pays constituent une triste réalité. Le Bilan-Faim 2010 rapporte que les aînés représentent 7,2 p. cent des utilisateurs dans un mois typique de 2010
.

Les prestataires d'aide sociale
Les personnes qui reçoivent de l'aide sociale comme principale source de revenu demeurent le plus important groupe d'utilisateurs de banques alimentaires. Cette année, 50,5 p. cent des clients de banques alimentaires au Canada étaient prestataires d'aide sociale. Cela porte à croire que les taux de bien-être social au Canada sont insuffisants pour assurer la sécurité alimentaire aux Canadiens à faible revenu. D'après le Conseil national de bien-être social, les taux d'aide sociale au Canada continuent à chuter sous le seuil de la pauvreté, selon les seuils de faible revenu (SFR) de Statistique Canada.

Source : Banque alimentaire Canada


BILAN-FAIM 2010

Combien de personnes obtiennent de l’aide?

- Nombre de personnes aidées par une banque alimentaire en mars 2010 : 867 948 - le plus haut niveau enregistré

- Personnes aidées par des banques alimentaires pour la première fois :
80 150
- 9 % du total

- Changement dans l’utilisation des banques alimentaires depuis 2009 :
+ 9 %


- Changement dans l’utilisation des banques alimentaires depuis 2000 :
+ 19 %

- Nombre de repas servis par des banques alimentaires en mars 2010 :
3 459 544 - 6,4 % plus qu'en mars 2009

- Nombre de banques alimentaires au Canada :
900+ banques alimentaires et 2 900+ organismes affiliés


- Provinces ayant connu les plus fortes augmentations de l’utilisation par rapport à 2009 :

- Manitoba :
+ 21 %
- Saskatchewan : + 20 %
- Île-du-Prince-Édouard :
+ 13 %
- Québec : + 12 %
- Nouvelle-Écosse : + 11 %
- Alberta : + 10 %

- Nombre de provinces et de territoires sans aucune banque alimentaire :
0

- Années écoulées depuis l’ouverture à Edmonton de la 1ere banque alimentaire au Canada :
29

Qui les banques alimentaires aident-elles?

38 % des personnes aidées sont des enfants et des jeunes

51 % des ménages aidés sont des familles avec des enfants


38 % sont des célibataires

11 % sont des couples sans enfant

17 % des ménages aidés reçoivent un revenu tiré d’un emploi actuel ou récent

15 % bénéficient d’un soutien de revenu lié à une invalidité

7 % ont un revenu de pension

51 % reçoivent des prestations de l’aide sociale

85 % vivent dans des logements locatifs

6 % sont propriétaires de leur propre maison

Comment les banques alimentaires canadiennes font-elles face à la demande croissante


27 % des banques alimentaires n’ont pas de financement approprié

31 % des banques alimentaires n’ont pas assez de nourriture pour faire face à la demande

50 % des banques alimentaires ont dû distribuer moins de nourriture que d’habitude

57 % ont acheté plus de denrées alimentaires que d’habitude pour répondre à la demande

Près de 50 % des banques alimentaires au Canada n’ont pas de personnel rémunéré


15%
disent avoir de la difficulté à recruter suffisamment de bénévoles pour gérer les activités quotidiennes

Source : Banque alimentaire Canada


Table des matières

Pouvoir d'achat et conditions de vie dans la mondialisation

1. UNE CLASSE MOYENNE TIRÉ VERS LE BAS        

1.1 J’ai un pouvoir d’achat qui stagne et même un niveau de vie qui régresse

1.2 J’ai de plus en plus de dépenses contraintes

1.3 Je travaille plus car nous faisons la semaine de… 70 heures !

1.4 Je dépends d’un travail subventionné

1.5 Je suis stressé et dans une situation précaire

1.6 Vivre à crédit sur les générations à venir, est-ce un avenir ?

2. LES PSEUDO-GAGNANTS

2.1 J’ai cru à tort faire partie du « club des winners »

2.2 J’ai gagné comme consommateur… mais tout perdu comme producteur !

2.3 Je suis un cadre en pleine crise de sens            

2.4 Je suis un cadre ou un patron au bord de la crise de nerf

2.5 Je suis un père inquiet pour l’avenir et celui de mes enfants

2.6 Je profite à fond du système… mais jusqu’à quand ?

3. LES VRAIS PERDANTS

3.1 Je suis jeune et je ne peux pas faire de projet d’avenir

3.2 J’ai perdu mon emploi, mes indemnités fondent

3.3 Je suis un travailleur pauvre abonné aux emplois précaires

3.4 Je vis dans une famille nombreuse mais pauvre               

3.5 Je suis seul et je dois élever un ou des enfants

3.6 Pauvre, est-ce notre avenir ?

Le document original des auteurs (PDF) : Pouvoir d’achat et conditions de vie dans la mondialisation

Le document de Québec Droite (PDF) : Croissances et inégalités dues à la mondialisation


3.4–3.5, Famille nombreuse & monoparentale mais pauvre

Cahier spécial : Croissances et inégalités dues à la mondialisation

Avoir des enfants rend un fier service à une société dont les équilibres sont menacés par un vieillissement démographique accéléré. Mais pour les familles concernées, ce n’est pas un bon calcul économique. En effet, elles sont, plus que les autres, exposées à la pauvreté. Alors que les ménages de trois enfants et plus représentent 12.7 % de la population française, ils constituent près de 20 % des personnes en situation de pau­vreté. Mis à part les familles monoparentales qui avaient en 2007 un taux de pauvreté de 30,2 %, ces ménages sont proportionnellement les plus pauvres.

La présence d’enfants constitue bel et bien un facteur aggravant de la pauvre­té.

Dans les familles, où il y a 4 enfants et plus, le taux de pauvreté était de 34 %, seulement dépassé par le taux de pauvreté des familles monoparentales ayant trois enfants et plus.

Ces familles de 4 enfants et plus, dites très nombreuses, sont d’ailleurs passées de 12 % de l’ensemble des familles en 1975 à 4,1 % en 2005 et pour cause…. Ce sont les familles, où un seul travaille, mis à part toujours celle où tout le monde est au chômage, qui connaissent le taux de pauvreté le plus élevé. Le fait que la mère de famille se soit arrêtée de “travailler“ pour s’occuper des enfants en est souvent la cause : 36 % des mères de famille travaillent après la naissance leur troisième enfant contre 69 % au premier. Ces mères permettront les futures retraites par leurs enfants mais elles n’auront pas de droit à la retraite…

Cette pauvreté des familles nombreuses a pour conséquence l’extension de la pauvreté aux enfants. En 2007 : “17,9 % des personnes de moins de 18 ans sont pauvres, contre 13,4 % de la population totale. 2,4 millions d’enfants vivent dans ces ménages dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté “. La cause en est bien sûr l’insuffisance des revenus des parents, en raison d’un chômage qui se prolonge, d’un temps partiel subi ou de salaires trop faibles pour faire face aux dépenses entraînées par la présence d’enfants. “C’est dans les ménages inactifs ou souffrant du chômage que la pauvreté des enfants est la plus fréquente : le taux de pauvreté est de 66,2 % lorsque les deux parents sont au chômage et il est supérieur à 75 % lorsque le parent est seul et sans emploi. Au contraire, vivre avec deux parents actifs occupés préserve de la pauvreté : seulement 4,8 % d’entre eux sont dans cette situation.“

Ce constat pose la question du démantèlement constant des allocations familiales. Certes celles-ci permettent d’amortir le choc, mais pas de rétablir quasiment, comme c’était le cas initialement, la parité du niveau de vie avec les ménages qui ont décidé d’avoir moins d’enfants ou pas d’enfants du tout. Actuellement, on estime que les di­verses allocations familiales ne couvrent qu’environ 15 % des dépenses qu’entraînent les enfants, contre 65 % à la fin des années 40.

Il s’agit là d’une grande injustice à l’égard des couples qui font le choix de contribuer plus que d’autres au renouvellement des générations, mais aussi à l’égard des enfants.

Comme l’écrit Louis Maurin : « les enfants des familles les plus pauvres vivent dans l’insécurité économique et sociale, et demeurent à l’écart des normes de confort dont bénéficient les autres. Ce manque de moyens se répercute sur leur scolarité et réduit leurs chances de réussite, ou réclame des efforts beaucoup plus importants pour ob­tenir les mêmes résultats ».

En laissant ainsi les familles nombreuses se paupériser, voire sombrer dans la misère, nous faisons un très mauvais calcul.

·         D’abord, parce que cette iniquité contribue à inci­ter les ménages français à réduire leur fertilité, au moment même où le fléchissement démographique menace l’équilibre de nos comptes sociaux et celui de la société tout entière.

·         Ensuite parce que les enfants, grandissant dans des familles pauvres, accu­mulent des handicaps sociaux.

·         Une fois parvenus à l’âge adulte, ils seront donc moins bien armés pour affronter la vie et plus vulnérables à la pauvreté.

Ne pas soutenir les familles nombreuses, et s’accommoder de les voir élever leurs enfants dans des conditions précaires, contribue donc à baisser les bras devant la reproduction, voire l’extension, de la pauvreté au fil des générations. Dans les deux cas, il s’agit d’un mau­vais calcul pour l’avenir.


3.5 Je suis seul et je dois élever un ou des enfants

Dans nos sociétés, l’autonomie, la fluidité et la mobilité ne sont pas seulement vantées dans la vie professionnelle. Elles le sont aussi dans la vie privée et amoureuse et dans la déliquescence des solidarités même familiales. Il y a là une analogie bien perçue par divers sociologues et même par un écrivain comme Michel Houellebecq. Deux de ses romans sont consacrés à la description clinique des conséquences de cette « extension du domaine de la lutte » débouchant sur une société atomisée composée de « par­ticules élémentaires ». Quand vous êtes une particule élémentaire, vous vivez seuls, seuls la vie est triste !

Loin du fameux slogan « tous ensemble ! » et des incantations à la convivialité, la so­litude est bel et bien l’un des traits de l’époque. Cette atomisation sociale est aussi un facteur déterminant de la progression de la pauvreté. Lorsque l’on vit en couple, on peut faire face ensemble aux dépenses contraintes (logements, électricité, etc.) dont on a vu qu’elles avaient pris une place prépondérante dans le budget des ménages. Avec deux loyers au lieu d’un, le divorce débouche mécaniquement sur une baisse de niveau de vie. Et lorsque le divorce se produit au sein de couples dont les deux membres devaient travailler pour s’en sortir, il se traduit irrémédiablement par un basculement dans la pauvreté, voire la grande pauvreté de deux nouveaux ménages.

Cette situation de fragilité et de pauvreté se vérifie dans les familles monoparentales : “Le nombre de familles monoparentales ne cesse de croître depuis quarante ans. Elles sont aujourd’hui 2,5 fois plus nombreuses qu’en 1968. En 2005, 17,7 % des enfants de moins de 25 ans vivent dans une famille monoparentale, contre 7,7 % en 1968. Les ruptures d’unions plus fréquentes sont à l’origine de cette croissance. Auparavant, les familles monoparentales étaient la conséquence du décès précoce d’un des parents, le plus souvent du père. En 1962, 55 % des parents à la tête d’une famille monoparentale étaient veufs ; en 2005, ils sont moins de 10 %. Selon l’enquête « Étude de l’histoire familiale » de 1999, neuf familles monoparentales sur dix le sont parce que les parents vivent séparément. Parfois, les parents n’ont même jamais vécu ensemble : 15 % des familles monoparentales se sont formées ainsi “.

En 2008, 30 % des familles monoparentales soit plus de 1,6 million personnes vivaient sous le seuil de pauvreté. Ici encore, les difficultés sont corrélées à l’emploi et au nombre d’enfants à charge : “Les mères de famille monoparentale sont moins diplômées que celles qui vivent en couple : 23 % ont un diplôme du supérieur, contre 30 % pour les mères de famille vivant en couple. Elles sont souvent dans une situation moins favorable sur le marché du travail. Elles doivent en effet surmonter à la fois les contraintes liées à leur situation de mères seules − la garde d’enfants en particulier − et l’impossibilité de compter sur le revenu d’un conjoint pour subvenir aux besoins de la famille “.

La situation extrêmement précaire de ces parents isolés et de leurs enfants est la face noire de la société, fluide et instable, qui s’est instaurée dans nos pays au cours du dernier demi-siècle sous l’influence des idées libertariennes. Nous en ignorons les conséquences à long terme mais nous en avons déjà des signes. Pour les mesurer, il conviendra en effet de suivre, dans les années à venir, la trajectoire des nombreux enfants qui ont grandi dans ces ménages extrêmement fragilisés.


Table des matières

Pouvoir d'achat et conditions de vie dans la mondialisation

1. UNE CLASSE MOYENNE TIRÉ VERS LE BAS        

1.1 J’ai un pouvoir d’achat qui stagne et même un niveau de vie qui régresse

1.2 J’ai de plus en plus de dépenses contraintes

1.3 Je travaille plus car nous faisons la semaine de… 70 heures !

1.4 Je dépends d’un travail subventionné

1.5 Je suis stressé et dans une situation précaire

1.6 Vivre à crédit sur les générations à venir, est-ce un avenir ?

2. LES PSEUDO-GAGNANTS

2.1 J’ai cru à tort faire partie du « club des winners »

2.2 J’ai gagné comme consommateur… mais tout perdu comme producteur !

2.3 Je suis un cadre en pleine crise de sens            

2.4 Je suis un cadre ou un patron au bord de la crise de nerf

2.5 Je suis un père inquiet pour l’avenir et celui de mes enfants

2.6 Je profite à fond du système… mais jusqu’à quand ?

3. LES VRAIS PERDANTS

3.1 Je suis jeune et je ne peux pas faire de projet d’avenir

3.2 J’ai perdu mon emploi, mes indemnités fondent

3.3 Je suis un travailleur pauvre abonné aux emplois précaires

3.4 Je vis dans une famille nombreuse mais pauvre             

3.5 Je suis seul et je dois élever un ou des enfants

3.6 Pauvre, est-ce notre avenir ?

Le document original des auteurs (PDF) : Pouvoir d’achat et conditions de vie dans la mondialisation

Le document de Québec Droite (PDF) : Croissances et inégalités dues à la mondialisation


3.3 Je suis un travailleur pauvre abonné aux emplois précaires

Cahier spécial : Croissances et inégalités dues à la mondialisation

Dans la France soumise à la mondialisation dérégulée, travailler ne protège plus de la pauvreté. Certes et heureusement, les personnes actives (actifs occupés ou cherchant un emploi) ont un niveau de vie supérieur à celui des inactifs, mais seulement de 10 %.

Par­mi les ménages qui ont un emploi soit

·         57 % sur 26,7 millions de ménages

·         37,4 % sont pauvres monétairement,

·         54,8 % sont pauvres en conditions de vie et

·         35,7 % cumulent ces deux conditions.

L’emploi paupérisant

Si on regarde non pas les ménages mais les personnes, elles sont près de 2 millions de personnes actives occupées vivant au-dessous du seuil de pauvreté. L’extension de ce que l’on appelle « l’emploi paupérisant » est donc devenue, depuis une dizaine d’années, le principal facteur d’aggravation de la pauvreté.

En effet, la dégradation de l’emploi ne se limite pas à la seule explosion du chômage. « L’ensemble du marché du travail paraît déséquilibré, écrit Louis Maurin.

En 2007, 3 millions d’actifs, soit 13 % des salariés, disposaient d’un statut précaire – intérim, CDD ou contrat d’apprentissage. Ceci sans comptabiliser les indépendants, dont toute une partie peu favorisée vit aussi dans des conditions de grande instabilité.

La valeur pour l’actionnaire

Pour comprendre ce phénomène massif, il nous faut revenir sur les mécanismes fon­damentalement pervers liés au modèle de « la valeur pour l’actionnaire ». Ce modèle a servi de moteur à la reprise de la croissance après les crises du début des années 80 et s’est traduit, d’un coté, par la mise en place du « low cost » et, de l’autre, par la mon­dialisation « libertarienne ».

C’est cet ensemble qui, avec son cortège de moins disant social et de moins disant fiscal, triomphe aujourd’hui en toute impunité et porte en lui, pour un pays comme la France, une destruction massive d’emplois industriels et, surtout, une dégradation étendue de la qualité des emplois. Bref, c’est à lui que l’on doit une partie importante de la destruction des bases de la production de richesse en France : un travail convenablement rémunéré par la vente de ses produits.

Cost killers

En effet, dans cette logique de compétitivité élargie et de recherche d’économies, les managers qui font prime sur le marché sont des « cost killers ». Ils s’appuient pour cela sur deux mécanismes centraux.

1.      D’une part, un ajustement continuel des coûts de la main-d’oeuvre, en externalisant de plus en plus d’activités et en réduisant ainsi la part des coûts salariaux fixes pour les emplois restants (emplois à durée indéterminée avec des rémunérations fixes) est mis en place.

2.      D’autre part, il est procédé à une élimination de la main-d’oeuvre jugée non compétitive et des emplois dont la contribution à de la production de valeur est également jugée insuffisante. Il en résulte une disparition des « petits boulots », qui se situaient, autrefois, à la périphérie des processus productifs, accessibles donc à des personnes peu qualifiés, et l’apparition de nouveaux « petits boulots » mais cette fois au coeur des processus productifs.

Ces derniers sont offerts à des travailleurs plus compétents, qui espèrent, à travers eux, accéder à des empois stables et à plein temps, mais dont les espérances se voient singulièrement réduites. En effet, ces nouveaux emplois précaires sont régulièrement maintenus, voire étendus par le management contemporain, au nom de flexibilité et de la mobilité.


Corporate Profits Soaring Thanks to Record Unemployment

 

The global recession increased unemployment in every country, but the American experience is unparalleled. According to a July OECD report, the U.S. accounted for half of all job losses among the 31 richest countries from 2007 to mid-2010.

 

Corporate Profits Soaring Thanks to Record Unemployment

 

The private sector has not only been the chief source of massive dislocation in the labor market, but it is also a beneficiary. Over the past two years, productivity has soared while unit labor costs have plummeted. By imposing layoffs and wage concessions, U.S. companies are supplying their own demand for a tractable labor market.

 

Aside from job fairs, large corporations have been conspicuously absent from the tepid jobs recovery. But they are leading the profit recovery. Part of the reason is the expansion of overseas sales, but the profit recovery is primarily coming off the backs of American workers.

 

Conservative analysts seized on the report as proof of President Obama’s agenda to redistribute wealth from, in their words, those ‘pulling the cart’ to those ‘simply riding in it’.

 

Their accusation withstands the evidence—only it’s corporate executives and wealthy investors enjoying the free ride.

 

Corporate executives have found a simple formula: the less they contribute to the economy, the more they keep for themselves and shareholders.

 

The Fed’s Flow of Funds reveals corporate profits represented a near record 11.2% of national income in the second quarter.

 

Non-financial companies have amassed nearly two-trillion in cash, representing 11% of total assets, a sixty year high. Companies have not deployed the cash on hiring as weak demand and excess capacity plague most industries.

 

Companies invested roughly $262 billion in equipment and software investment in the third quarter. That compares with nearly $80 billion in share buybacks.

 

Source: Corporate Profits Soaring Thanks to Record Unemployment, Février 2011


 

Men are disappearing from the workplace in ways that don't always register on the official unemployment rate

 

Behind the headlines, though, statistics on jobs are far less encouraging. Yes, job growth has picked up somewhat. Yet an equally important reason for the lower jobless rate is that many people, men in particular, have simply given up looking for work and are no longer counted among the unemployed. Some sit at home. Some have become homeless. Rather than paying taxes on labor income, they are drawing government benefits, or relying on family and friends for support.

 

Economists are concerned that the recovery will extend an ominous trend of disengagement for male workers that stretches back six decades.

 

The share of American men aged 16 to 64 who are employed has fallen in a sawtooth pattern, from nearly 85 percent in the early 1950s to less than 65 percent now.

US Decades & Progress

As the chart above shows, the rate falls steeply in recessions and does not get back to its previous high in recoveries. (Women's employment-to-population ratio has trended higher over the years.)

 

The downward ratchet for men could be more severe this time because the slump has been worse. "I'm quite worried," says David Autor, an economist at the Massachusetts Institute of Technology.

 

Absence from the labor market is bad for men, their families, the economy, and government finances, says Autor. "It's really a significant concern for a whole host of reasons," he says.

 

Source: The Hidden Job Crisis for American Men



Table des matières

Pouvoir d'achat et conditions de vie dans la mondialisation

1. UNE CLASSE MOYENNE TIRÉ VERS LE BAS        

1.1 J’ai un pouvoir d’achat qui stagne et même un niveau de vie qui régresse

1.2 J’ai de plus en plus de dépenses contraintes

1.3 Je travaille plus car nous faisons la semaine de… 70 heures !

1.4 Je dépends d’un travail subventionné

1.5 Je suis stressé et dans une situation précaire

1.6 Vivre à crédit sur les générations à venir, est-ce un avenir ?

2. LES PSEUDO-GAGNANTS

2.1 J’ai cru à tort faire partie du « club des winners »

2.2 J’ai gagné comme consommateur… mais tout perdu comme producteur !

2.3 Je suis un cadre en pleine crise de sens            

2.4 Je suis un cadre ou un patron au bord de la crise de nerf

2.5 Je suis un père inquiet pour l’avenir et celui de mes enfants

2.6 Je profite à fond du système… mais jusqu’à quand ?

3. LES VRAIS PERDANTS

3.1 Je suis jeune et je ne peux pas faire de projet d’avenir

3.2 J’ai perdu mon emploi, mes indemnités fondent

3.3 Je suis un travailleur pauvre abonné aux emplois précaires

3.4 Je vis dans une famille nombreuse mais pauvre               

3.5 Je suis seul et je dois élever un ou des enfants

3.6 Pauvre, est-ce notre avenir ?

Le document original des auteurs (PDF) : Pouvoir d’achat et conditions de vie dans la mondialisation

Le document de Québec Droite (PDF) : Croissances et inégalités dues à la mondialisation