Can U.S. Banks Handle the Stress?

Vous savez que le marché dérivé est en pleine croissance.

Il y a des assurances sur tout, dévaluation de la monnaie, risque d’ouragan, insolvabilité des États, risque que M. Obama à un rhume durant la période des fêtes.

Et bien sûr, il y a des assurances contre les banques, surtout ceux qui ont vendu des assurances pour protéger les clients contre le potentiel d’un pays qui fait défaut de paiement, exemple les Goldman Sachs.

Et comme d’habitude, notre système financier, toujours aussi débridé a vendu des assurances sans avoir les fonds nécessaires.

Le vidéo est intéressant, les CDS contre les banques américaines augmentent, je comprends, si certains pays périphériques européens font défaut de paiement, les banques américaines  qui n’ont jamais eu les fonds nécessaires vont passer dans le cyclone.

C’est, pour cela que M. Obama s’énerve, le système financier américain risque de tomber aussi.

Can U.S. Banks Handle the Stress?

With another round of bank stress tests on the horizon, which banks are likely to make the grade? WSJ 'Heard on the Street' columnist David Reilly stops on Mean Street to look at the numbers.

The Wall Street Journal, 11/28/2011


 

 

Évaluation en mathématiques, en sciences et en lecture


Classement sous la moyenne canadienne en lecture et en sciences

Classement scholaire canadien


Extrait de : Les élèves canadiens bons en mathématiques, le Québec à la traîne en lecture, Radio-Canada, 28 novembre 2011

RRapport de l’évaluation pancanadienneNeuf élèves canadiens sur dix répondent aux attentes en mathématiques selon le dernier rapport du Conseil des ministres de l'Éducation qui porte sur l'évaluation pancanadienne de cette matière, ainsi que les sciences et la lecture.

Le document rendu public lundi précise que les connaissances de 32 000 élèves de 2e secondaire ont été testées en 2010. Les étudiants du Québec et de l'Ontario se classent au-dessus de la moyenne nationale en mathématiques, alors que ceux du Nouveau-Brunswick présentent des résultats inférieurs à la moyenne.

Résultat mathématique

En sciences, l'Alberta et l'Ontario ont été les seules provinces à se classer au-dessus de la moyenne nationale.

Résultat en sciences

La première place en lecture revient à l'Ontario, qui obtient une avance significative sur l'Alberta, suivie de près par la Colombie-Britannique. Les autres provinces se situent sous la moyenne nationale.

Résultat en lecture

Selon le directeur du Conseil des ministres de l'Éducation, Andrew Parkin, les résultats nationaux sont encourageants et indiquent qu'il n'y a pas d'érosion de la performance au pays.

Le même rapport révèle que, globalement, les filles surclassent les garçons en lecture et en sciences, mais qu'il n'y a pas de différence significative entre les deux sexes en mathématiques.

Le prochain rapport, prévu en 2013, se penchera sur les connaissances des élèves en sciences.

Nouvelles mesures pour améliorer la lecture au Québec

Les élèves québécois sont champions en mathématiques, mais il en est autrement de la lecture, compétence pour laquelle ils se classent septièmes au pays. Chez les élèves francophones, on observe même une chute brutale des résultats entre 2007 et 2010, comme le montre le graphique ci-dessous. Chez les élèves anglophones, au contraire, les résultats de 2010 sont identiques à ceux de 2007.

Score moyen

La ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, a pris acte des conclusions de ce rapport et dévoilé lundi de nouvelles mesures visant à améliorer la note du Québec sur ce plan.

Le programme du préscolaire et du premier cycle du primaire sera ajusté et « une liste de mots à enseigner » viendra uniformiser le vocabulaire à maîtriser au premier cycle.

Une nouvelle épreuve de lecture sera désormais obligatoire pour les élèves de la quatrième année du primaire, et la recherche en matière d'acquisition de compétences en lecture sera intensifiée, a expliqué Mme Beauchamp.


 

Rien ne va plus dans la zone euro

Voici, un exemple classique, d’un texte qui ne serait pas susceptible d’apparaître dans les médias traditionnels.


Rien ne va plus dans la zone euro

Ainsi que nous le répétons inlassablement, après avoir ruiné la plupart des Etats européens qui l’on adopté dans la mesure :

·        il a permis leur surendettement quasi illimité à l’abri du supposé “parapluie” allemand, qui ne sera pas mis en place parce que l’Allemagne n’acceptera pas la mutualisation des dettes étatiques européennes (via la création d’euro bonds) au risque d’avoir à payer finalement la note elle-même;

·        l’euro provoque maintenant la ruine des investisseurs étant donné que les marchés d’obligations et d’actions européens s’écroulent puisque ni la BCE ni la Bundesbank n’accepteront d’agir comme prêteur en dernier ressort (c’est-à-dire d’acheter de façon illimitée les émissions obligataires passées, actuelles et futures des Etats européens qui ne peuvent plus se financer sur les marchés à des taux corrects), ce qui leur est formellement interdit tant par leurs statuts que par les traités européens en vigueur, même si la BCE a déjà scandaleusement violé ce principe à hauteur de quelques 230 milliards d’euros.

·        L’euro ruinera ensuite les détenteurs de cette monnaie parce que tout indique que sa baisse contre le dollar US principalement (pour le moment controlée parce que limitée par les interventions des banques centrales en particulier de la Banque Nationale Suisse) finira par s’accélérer au moins en direction des 1,30 puis des 1,20.

·        Et comme si cela ne suffisait pas, au lieu d’organiser le démantèlement ordonné de la zone euro et la restructuration des dettes publiques des PIIGS, les politiciens s’acharnent à mettre en place toutes sortes de combinaisons financières qui coûteront très cher mais ne résoudront pas la crise de la dette européenne et toutes sortes de plans de rigueur qui achèveront de casser le peu de croissance économique qui reste chez les 17 États-membres de la zone euro.

Alors que les deux questions prioritaires (d’ailleurs liées l’une avec l’autre) à traiter sont :

1.      Celles de la réduction du chômage de masse et

2.      De la désindustrialisation dans l’UE dont personne ne parle.

3.      Sans compter que l’indispensable recapitalisation des grandes banques privées européennes est passée à la trappe, ce qui veut dire que les Etats devront vraisemblablement les nationaliser (alors qu’il faudrait liquider toutes celles qui ne sont plus viables) et perdre ainsi leurs ultimes capacités budgétaires.

Tout cela se faisant sans consulter les peuples, c’est-à-dire dans
l’absence totale de transparence démocratique.

L’ensemble de la “construction” supra-nationale européenne menée contre les États-Nations par des pseudo “élites”, au profit des grandes banques privées supposées “too big to fail” et d’une petite oligarchie financière, a failli parce que les Merkel, Sarkozy et autres Barroso comme leurs prédécesseurs récents ont été incapables de faire autre chose que d’agiter du vent en promettant d’ailleurs tout et son contraire ! On ne peut que reconnaitre rétrospectivement qu’en matière européenne c’est Charles de Gaulle qui avait raison et Jean Monnet qui avait tort…

En outre, la crise européenne contamine progressivement les autres pays occidentaux (USA, Grande-Bretagne, les 10 États-membres de l’UE ayant conservé leurs monnaies nationales, les pays de l’Est européen, le Japon, etc.) puisque tous les marchés d’actions, des matières premières et des métaux précieux (exprimés en dollars US) chutent au fur et à mesure que la monnaie US monte par défaut.

Tant que les politiciens européens n’admettront pas que :

L’UE n’a pas besoin d’une monnaie unique ni d’un Super-État centralisé mais seulement d’un marché commun, il est probable que la crise continuera sans l’on puisse envisager pour le moment le moyen d’y mettre un terme.

D’autant que la réforme des traités européens, dans le sens d’un fédéralisme total, dans laquelle certains voient à tort la planche de salut, ne pourra pas se mettre en place rapidement :

1.      Parce que les peuples n’en veulent pas et

2.      que l’Allemagne n’y consentira que s’il s’agit d’imposer des disciplines budgétaires et fiscales très strictes que

3.      la plupart des Etats utilisant l’euro, en particulier les PIIGS et la France, sont incapables de mettre en œuvre rapidement même en renonçant à toute souveraineté nationale.

C’est tellement évident, que je demande si nos politiciens vivent sur une autre planète, le marché financier et le peuple n’attendront pas 10 ans, avant que l’économie revienne, ils vont faire sauter la baraque, bien avant !

D’une façon générale, en Europe comme aux USA et au Japon, la hausse massive des dettes publiques n’est plus soutenable, ce qui veut dire que les politiques inflationnistes de Quantitative Easing et de création monétaire ex nihilo (qui ont favorisé les bulles des actifs financiers) ne sont plus praticables puisqu’elles se résument à créer encore plus de nouvelles dettes pour rembourser les précédentes avec de la fausse monnaie.

Le “credit crunch” déflationniste va donc s’aggraver puisque c’est ainsi que nécessairement finissent toutes les expériences keynésiennes et de monnaies fiduciaires de papier non gagées sur un actif réel lorsque la voie de l’hyper-inflation n’est pas praticable.

Quant à la Suisse, dont la Banque nationale (BNS) s’est lancée dans la tentative insensée de fixer un plancher pour l’euro/CHF à 1,20 afin d’éviter toute nouvelle appréciation de sa monnaie au moment où le monde entier va vouloir vendre le plus d’euros possible, elle risque d’y perdre des centaines de milliards en assurant la contrepartie de ces ventes jusqu’à être submergée par une avalanche d’euros qui mettra fin à l’expérience et propulsera alors à nouveau le franc suisse à des niveaux stratosphériques. Ce qui administrera la preuve qu’aucune banque centrale ne peut créer de façon illimitée de la monnaie ex nihilo pour maintenir le taux de change qui lui convient, dans le contexte international des taux de change flottants; exercice fantastiquement coûteux mais futile auquel s’emploie depuis des années sans aucun succès la Banque du Japon avec des moyens bien supérieurs à ceux de la BNS sans parvenir à faire baisser le yen.

Source : Rien ne va plus dans la zone euro,
Piere Leconte, Forum monétaire de Genève, 26 nov. 2011


Comment la finance contrôle le débat économique

Je vous ai maintes fois dis que les débats sont biaisés dans les médias traditionnels.

Souvent les propriétaires de ces médias font partie du 1 %, ou les journalistes n’ont pas le temps de vérifier l’information ou sa pertinence, plus facile de faire du copier-coller.

Prenez l’exemple de l’euro, on ne parle que de sauver les banques avec les prêts douteux des pays périphériques européens.

Mais on parle rarement de l'origine du problème, les différences majeures de compétitivité entre les pays dans l'Euro, qui est une des causes majeures de sa problématique.

Pourquoi, ce débat limité, parce que le milieu financier contrôle en partie les médias par sphère d’influence.

Une chance que les blogues font contrepoids et quelques médias rebelles.

Le texte est long, mais la section ‘« A la soupe »’ est intéressante.


Comment la finance contrôle le débat économique

La crise fait rage, mais le débat n’avance pas. La seule solution qui émerge, se serrer la ceinture pour payer les banques. Mais n’est ce pas la définition même de la crise : « quand le vieux se meurt et que le jeune hésite à naître » ?

Sauf que cette fois la formule d’Antonio Gramsci ne fonctionne pas : les économistes hétérodoxes, les Lordon, Sapir, Gréau… ont des solutions. Le vrai problème : ils ne sont pas entendus. Est-ce surprenant ? La finance contrôle le débat économique.

Y'en a que pour les banquiers

Qui nous a informé sur la crise cet été ? Essentiellement des banquiers. En août, dix articles du Monde traitent du fond du problème dans les pages débat. Sur ces 10 articles, 16 citations proviennent d’individus liés aux institutions financières, et 6 d'individus non liés directement à la finance. 76,6 % de citations pour les financiers, c'est beaucoup pour les responsables de la crise. Le Monde n’est pas le seul. Le 11 Août, le Nouvel Obs titre sur : « Les incendiaires. Comment ils nous plongé dans la crise ». Là encore les banquiers ne sont pas les incendiaires, mais les experts ! Anton Brender, autrefois réputé de gauche, directeur des études économiques de Dexia Asset Management – vu les performances de son entreprise on s’attendrait à davantage d’humilité – dispose de deux pages pour clamer que :

« Ce ne sont pas les marchés qui sont en cause mais l’impuissance politique »

Géniale novlangue : les marchés remplacent les banques, car ce sont elles qui spéculent contre l’euro.

Mais comment un économiste pourrait-il cracher dans la main qui le nourrit ?

1.      Pourquoi les journalistes sont-ils si prompts à gober pareilles mystifications ?

Leur réponse est invariable : « On n’a pas le temps ».

Et c’est le génie des banques de l’avoir compris, comme l’explique une journaliste de l’Expansion : « Les banquiers savent répondre vite, ils sont payés pour ça. Ce qui n’est pas le cas des universitaires qui réfléchissent, et dont les nuances sont difficiles à retranscrire ». Et c’est vrai, la pression est importante. Au Monde, une journaliste économique a signé 29 articles au mois d’août, soit plus d’un par jour travaillé, une autre en a signé 18, et ce n’est pas le journal le plus mal doté.

De plus les banques ont compris que la presse est le média de référence. Les télévisions et les radios viennent y puiser leur inspiration. Ainsi la télé permet aux banques de faire entendre leurs voix bien plus loin que le simple cercle des lecteurs. Une pierre, deux coups.

Un enseignant peut cacher un supplétif du système financier

Le système peut être un peu plus complexe. Le 12 août, en pleine déroute financière, l’Autorité des Marchés Financiers interdit la vente à découvert pendant 15 jours, pour vérifier si la décision réduit la volatilité des marchés. A mi-parcours Le Monde enquête. Verdict publié le 20 août :

« La suspension des « ventes à découvert » ne permet par
d’éviter de lourdes chutes en Bourse »

. Cette fois-ci, c’est du sérieux, seul un banquier juge que l’ « on ne peut pas arrêter tous les bandits ». Chapeau ! La journaliste a interrogé deux professeurs de l’Edhec, une des plus célèbres écoles de gestion françaises. Interdire les ventes à découvert est « au mieux démagogique, au pire dangereux ». La messe est dite. Sauf que l’on découvre, moyennant deux clics sur Google, que le laboratoire de ces deux spécialistes est financé par la banque Rothschild. Et là, de clics en clics, on apprend que le même labo vend de la formation aux professionnels… 2 000 euros pour deux jours et par participant, logement non compris. Excusez du peu. Si vous avez dix élèves… A ce prix-là, mieux vaut éviter de se fâcher avec ses clients. Les ventes à découvert sont très rémunératrices pour les institutions financières. On reste sur la toile et l’on découvre que l’un des experts est aussi le patron de l’Edhec, Noël Armenc pour lequel « le débat entre marché et science n'a pas lieu d'être dans une grande école de commerce ! ». Circulez, pas de débat. Dommage.

« Aucun n’est directement corrompu mais la plupart
sont payés par les banques… »

Reste la télévision et la radio... Là pas d’experts inconnus, pas de seconds couteaux, seules les stars sont invitées, comme Elie Cohen que les chaînes se disputent, lui qui, en juin, nous expliquait que la crise était derrière nous.

En dehors de ce genre de fantaisiste, pour avoir accès à ces médias les banques prennent comme consultants des professeurs d’école prestigieuses : Ulm, Sciences Po Paris, Dauphine et Polytechnique. Difficile de résister. Même les plus grands ont accepté cette compromission. Michel Aglietta, par exemple, conseille Groupama Asset Management. Lequel précise à la fin de ses livres qu’il est rémunéré par cette institution. Tout le monde ne le fait pas. Daniel Cohen par exemple signale très rarement qu’il travaille pour la banque Lazard. Il préfère rappeler qu’il forme les futurs Jean Paul Sartre de la rue d’Ulm, réservant son engagement chez Lazard aux lecteurs de Challenges.

Pourquoi se cacher quand on est entre amis ?

Pour l’ordinaire, les institutions financières embauchent des seconds rôles. Anton Brender s’est retrouvé directeur des études économiques de Dexia, Jean Paul Betbéze sévit au Crédit Lyonnais puis au Crédit Agricole. En choisissant de passer du côté obscur de la force, nos hommes sont moins demandés pour les grands médias, mais ils vont pouvoir porter la bonne parole parmi les importants. Jean-Luc Gréau, qui a œuvré pour le Medef, rappelle que le débat économique sert aussi à prendre des décisions politiques. Et là aussi les banquiers ont souhaité être présents. Sur les trois économistes qui siègent au prestigieux Siècle, deux, Christian de Boissieu et Daniel Cohen, sont liés à des banques et siègent au Conseil d’Analyse Economique.

Ce Conseil d’Analyse Economique, créé par Lionel Jospin, est aussi une citadelle imprenable de la planète finance. L’enjeu est de taille. Le CAE conseille le premier ministre. La finance monopolise cet accès à l’oreille du gouvernement. Sur les 28 membres, 19 sont directement ou indirectement liés à la finance. La Société Générale, le Crédit Agricole, HSBC et Natixis sont ainsi représentés directement par leurs subordonnés. On découvre à la lecture des CV des membres que l’on peut être professeur à Dauphine et Conseiller du Directoire de La Compagnie financière Rothschild comme Jean-Hervé Lorenzi. Les jeunes ne sont pas en reste. Augustin Landier enseigne à la Toulouse School of Economics, mais a aussi créé un hedge fund. A Claire Derville qui lui demandait si on avait raison de penser que les fonds spéculatifs avait fomenté cette crise, il rétorque :

« Non... Au contraire, en corrigeant les excès des marchés, ils contribuent à les assainir. Mais c’est vrai qu’en étant obligé de liquider leurs positions…, ils ont amplifié la spirale baissière. Ce sont les victimes collatérales de la crise du crédit »

. Il fallait oser présenter les fonds spéculatifs comme des victimes de la crise... Le président du Conseil a aussi ses pudeurs, et on le comprend, notre homme est gourmant, il ne mange pas à un seul râtelier. Le CV de Christian de Boissieu qui affiche ses titres universitaires, ferait rougir de jalousie n’importe quel colonel de retour d’Afghanistan : économiste de l’année, lauréat à deux reprises, puis des titres en anglais non traduits, total respect… Mais notre président oublie de préciser qu’il conseille aussi un hedge fund, excusez du peu, le Crédit Agricole, qu’il siège au conseil de surveillance d’une banque privée, une paille, et la liste est encore plus longue.

« A la soupe »

·         Les banques sont les premiers employeurs d’économistes.

·         Les débouchés pour les économistes sont très réduits.

·         Traditionnellement, l’enseignement arrivait en tête et il existe quelques postes dans la fonction publique.

Aujourd’hui les banques ont énormément augmenté leurs effectifs : dans les salles de marché, les risques pays, les services marketing…

Il est fréquent de passer du public au privé.

Les conditions de travail sont meilleures, les salaires aussi, entre 4000 euros par mois pour un économiste confirmé et 15 000 euros pour une star, bien plus qu’un agrégé d’économie en fin de carrière. Et voilà nos économistes dans le toboggan.

Evidemment quand ils passent au privé, ils se jurent bien de ne pas changer. Sauf que Philippe Labarde, dans sa longue et belle carrière qui l’a mené du service économique du Monde à France Inter se souvient d’évolutions :

« Quand celui–là travaillait dans un organisme public, il n’avait pas le même discours que depuis qu’il dirige le service d’une grande banque ».

Evidemment personne n’a envie de revenir en arrière.

Le paradoxe de cette histoire c’est que les économistes ont inventé un terme pour expliquer cette « laisse » qui n’annonce pas son nom.

Le salaire d’efficience

C’est à Joseph Stiglitz que l’on doit :  « le salaire d’efficience ».

Sa description est relativement simple :

Comment s’assurer de la fidélité de ses salariés ?

Il suffit de les payer un peu au-dessus du marché, et par peur de perdre ce petit avantage, ils fourniront un maximum d’efforts et se comporteront en chiens fidèles.

Comme d’habitude c’est ceinture et bretelles, il est évidemment interdit de dire du mal de son employeur, voir des clients de son employeur, États ou autres.

Le chemin est étroit. Antoine Brunet, un ancien de chez HBC, nous affirme avoir signé une clause qui lui interdisait de publier des livres sans l’autorisation de sa hiérarchie. Il existe des cas de licenciements.

Un économiste que nous avons rencontré nous a expliqué sa situation : sa banque s’est séparé de lui pour avoir dit du mal de la Chine. Comme il a négocié son départ, il refuse que l’on cite son nom.

Donc, quand vous écoutez l’opinion d’un économiste, prenez-le, toujours comme un GROS GRAIN DE SEL, essayer de vérifier qui est son employeur ou quel client qui pourrait bien desservir.

Source : Comment la finance contrôle le débat économique,
Bertrand Rothé, Polémia, 28 Novembre 2011


 

Les 10 principaux défis des sociétés minières

Rapport intéressant dans son ensemble pour l’industrie minière, extrait du rapport :  À l’affût des tendances de 2012.

La section 3 est intéressante, on constate que les pays utilisent plusieurs méthodes pour obtenir plus de revenus provenant de l’exploitation minière.


À l’affût des tendances de 2012À l’affût des tendances de 2012

Les 10 principaux défis des sociétés minières pour l’année à venir

« Au moment où l’industrialisation s’accélère dans de nombreux pays dont les populations aspirent à un niveau de vie supérieur, l’industrie minière est appelée à jouer un rôle plus visible sur la scène mondiale. L’époque où les fluctuations des prix des produits de base intéressaient seulement quelques analystes spécialisés est bel et bien révolue. À l’heure actuelle, les activités minières font quotidiennement la manchette, partout dans le monde.

Cette visibilité accrue s’accompagne de plus grandes responsabilités. »


1.   Coûts d’exploitation

Tout ce qui monte ne redescend pas nécessairement

« La plupart des entreprises fondent leurs plans sur l’hypothèse que leurs prévisions pour l’année à venir comportent une marge d’erreur de 5 % à 10 %, pas de 50 %.

Pourtant, les facteurs qui influent sur l’industrie minière mondiale atteignent de nouveaux extrêmes qui obligent les sociétés à envisager des scénarios plus radicaux que jamais auparavant. »

« La hausse des prix des produits de base crée des pénuries d’équipement, de maindoeuvre et dautres intrants clés, doù une augmentation des coûts. Les sociétés minières doivent donc trouver un point d’équilibre entre la nécessité d’accroître leur production pour répondre à la demande et l’obligation de contenir leurs coûts. »

« Les sociétés minières ne peuvent se permettre de se lancer dans d’importants projets d’immobilisations sans d’abord comprendre la nature des travaux d’infrastructure concurrents en cours dans les pays où elles sont actives.

L’industrialisation massive draine en effet des ressources cruciales partout dans le monde, ce qui pourrait faire grimper les coûts des projets d’immobilisations au point de les rendre non viables s’ils ne sont pas bien gérés. »


2.   Le chaos des prix des produits de base

Pas de stabilité possible sans transparence

« À cause de la voracité de l’appétit chinois pour les produits  de base, bien des analystes sont convaincus que les prix des produits de base sont élevés et le resteront malgré quelques épisodes baissiers.

Il importe cependant de bien comprendre que les événements en Chine ne se déroulent pas de manière linéaire, ce qui rend des prévisions de ce genre particulièrement hasardeuses. »


3.   Le secteur minier dans la mire du fisc

Protéger ses bénéfices

Les bénéfices du secteur des ressources séduisent depuis longtemps les administrations publiques partout dans le monde.

Cette convoitise est d’autant plus grande que de nombreux pays peinent à rembourser une dette publique affligée de gigantisme.

Au cours de la dernière année seulement,

a)     Les redevances minières ont augmenté :  en Australie, au Chili, au Pérou, en Afrique du Sud, au Ghana, en Tanzanie et au Burkina Faso

b)     tandis que de nouveaux droits à l’exportation ont été instaurés en Inde, au Kazakhstan et en Russie.

c)      En Indonésie, le plus important exportateur mondial de charbon thermique maritime, les sociétés minières sont désormais tenues d’aider le pays à respecter ses engagements énergétiques si elles veulent avoir accès au lucratif marché d’exportation asiatique.

d)     Plus préoccupant encore, des rumeurs de participation plus marquée de  l’État dans le secteur minier circulent dans des pays aussi différents que le Venezuela, l’Afrique du Sud, la Guinée et la Mongolie.

Nous constatons que les autorités ne se contentent plus d’adopter de nouvelles lois pour accroître leurs recettes fiscales.

e)     Outre les redevances minières, qui en règle générale sont proportionnelles au chiffre d’affaires plutôt qu’au bénéfice.

f)       De nombreuses administrations publiques ont en effet commencé à lever un impôt sur les bénéfices exceptionnels, et à prélever des primes sur les découvertes, des rentes de ressources, des droits de permis, des quotas d’autochtonisation, des droits environnementaux et des frais de remise en état.

Dans le cadre de ce mouvement généralisé de nationalisme des ressources, certains pays menacent même actuellement de renégocier des accords de stabilité juridique et financière déjà signés, ce qui réduit à néant tous les efforts de projections financières des sociétés minières et accroît le risque politique.

Les entreprises doivent également s’engager afin de pouvoir influer sur les politiques publiques. Elles doivent notamment éviter de se limiter à des efforts décousus de lobbying.

En parlant d’une seule voix, les dirigeants regroupés des sociétés minières peuvent convaincre les administrations publiques d’examiner non seulement les effets importants à court terme de leurs politiques fiscales sur les recettes publiques nationales, mais aussi les pertes à long terme possibles si les sociétés minières décidaient de rediriger leurs investissements ailleurs.

Un peu de chantage fiscal, ça aide toujours comme argument.

« Partout dans le monde, les autorités publiques réévaluent aujourd’hui leur approche des activités minières. Il n’est plus simplement question de taxes et d’impôts. Il est aussi question des efforts déployés par les administrations publiques pour prendre une place plus importante dans tous les secteurs de l’industrie. Au fil du temps, les entreprises minières pourraient en venir à investir dans une région donnée, non plus seulement en fonction de leur stabilité politique, mais aussi en fonction de la stabilité de leur régime fiscal. »


4.   Agitation du milieu

Pour une responsabilité sociale accrue des entreprises

Plus les activités minières font la manchette à l’échelle mondiale, plus les actionnaires sont confrontés à une poussée de l’activisme.

En 2011 seulement, des travailleurs miniers ont fait la grève en Australie, en Afrique du Sud, en Indonésie, au Chili et en Argentine.

Pourtant, bon nombre de ces travailleurs figurent parmi les salariés les mieux rémunérés dans le monde.

De plus, les mouvements communautaires s’activent. En plus d’exiger une augmentation des investissements locaux, les intervenants communautaires revendiquent un dialogue ouvert et transparent, des engagements sociaux à plus long terme et une amélioration du bilan environnemental.

Les sociétés incapables de relever ce défi risquent de se heurter à une opposition beaucoup plus affirmée et d’éprouver des difficultés à faire approuver leurs projets, voire s’exposent à des émeutes similaires à celles qui ont éclaté en Papouasie-NouvelleGuinée et et au Pérou au cours de la dernière année.

« Pour une entreprise, investir dans la responsabilité sociale se traduit par une capacité accrue de mener à terme ses projets rapidement et d’éviter les arrêts de production imputables à une éventuelle agitation sociale. Pour mieux éviter et gérer ces problèmes, les minières pourraient devoir mobiliser les mêmes technologies de communication mobiles qu’utilisent les collectivités cibles. »

« Souvent, les investissements d’une société minière dans une collectivité ne répondent pas à toutes les exigences des intervenants. Dans certains cas, cela dénote une contradiction entre les intentions de l’entreprise et les résultats obtenus. Les stratégies de mobilisation communautaire se raffinent et les collectivités s’attendent désormais à plus que de simples engagements financiers. Elles exigent des dirigeants des sociétés minières un dialogue véritable afin de mieux comprendre les besoins des citoyens et que des représentants locaux participent au processus de planification. »


5.   Problèmes de maindœuvre

Rétablir un équilibre délicat

« Les nouvelles mines se trouvent dans des régions de plus en plus reculées. Les sociétés minières doivent trouver un moyen de rendre ces emplacements plus attrayants pour les familles.

L’expérience démontre que même si les travailleurs sont parfois disposés à faire en avion la navette entre leur lieu de travail et leur lieu de résidence, il est rare qu’ils consentent à le faire de manière permanente. Si l’industrie minière collabore et participe à la construction dans les collectivités d’installations plus permanentes comme les écoles, les hôpitaux, les logements et les infrastructures nécessaires aux familles, la stabilisation éventuelle de la maind’oeuvre deviendra un objectif plus probable. »


6.   Les aléas des projets d’immobilisations

Un risque qui augmente au même rythme que l’écart entre l’offre et la demande.

« D’ici quelques années, l’escalade des coûts, les pénuries de talents et la construction concurrente d’infrastructures feront en sorte qu’il sera très difficile pour les sociétés minières de mener à terme leurs projets d’immobilisations dans le respect des délais et des budgets établis.

Les retards et dépassements de coûts représentent un risque majeur pour les sociétés minières, car ils sont de nature à effaroucher des investisseurs potentiels. Pour surmonter cette difficulté, les sociétés minières doivent faire preuve d’innovation dans la gestion de leurs projets d’immobilisations, et s’efforcer de réduire leurs coûts par une plus grande collaboration dans l’industrie et une automatisation plus poussée. »


7.   Financement non conventionnel

À financement nouveau, niveau de connaissances supérieur

Chaque année qui passe, il devient de plus en plus clair que la crise financière mondiale a complètement modifié les règles du jeu en matière de financement. Dans de nombreux territoires, sauf peutêtre en Australie, le crédit demeure coûteux et difficile à obtenir, surtout pour les entreprises désireuses d’assurer leur croissance par des incursions sur des marchés plus risqués, par des alliances avec des partenaires à un stade plus précoce de leu développement ou par des investissements dans l’exploitation de produits de base qui sortent de leur sphère habituelle de compétences.

Pour connaître du succès, les sociétés minières doivent absolument établir les liens dont elles ont besoin pour accéder aux marchés étrangers et en venir à une meilleure compréhension de ces régions. Dans leur quête mondiale de nouvelles sources de revenus, les entreprises qui prennent le temps de se familiariser avec les marchés locaux afin de mieux les comprendre, qui adoptent de nouvelles méthodes commerciales et qui présentent des analyses de rentabilisation capables de séduire des bailleurs de fonds inhabituels partent avec une longueur d’avance.


8.   Toujours plus gros

Quand diversification rime avec multiplication des risques

Les grandes sociétés minières, dont les réserves de liquidités sont importantes, intensifient leur présence sur les marchés internationaux en finançant de nouveaux projets d’immobilisations et en accélérant leurs activités de fusions et acquisitions. Les plus petites sociétés minières, qui ont déjà été à l’avantgarde de lexpansion mondiale, sont en effet désormais devenues des proies vulnérables, car la crise de la dette a laissé bon nombre d’entre elles dans une situation financière désastreuse.

La multiplication des fusions et acquisitions qui alimente la croissance des grandes entreprises et qui est en voie de créer un vide sur les marchés intermédiaires en est un signe manifeste.

Et plus, ils vont être gros, plus qu’ils vont faire du chantage fiscal, ou se départir de certaines usines (comme Alcan), car ce n’est plus dans leur modèle d’affaire.

Pour leur part, les investisseurs chinois continuent de regarder avec convoitise le bassin de ressources mondiales, d’où l’augmentation fulgurante des investissements chinois sur tous les marchés du monde.

Facile d'acheter les ressources minières avec des fonds souverains, et la Chine a profité du dumping social et d'une sous-évaluation de leur monnaie pour acquérir des trillions de réserves, dues à des balances commerciales fort excédentaires avec les pays industriels, que nos financiers et multinationales ont provoqués en faisant du lobbying intense auprès de nos politiciens.

9.   La volatilité est la nouvelle norme

Prévoir l’imprévisible

« Une entreprise doit réfléchir aux incidents susceptibles de causer des dommages catastrophiques à son exploitation.

À défaut de bien comprendre les risques, il est en effet  impossible d’enrayer les scénarios catastrophes. En toute honnêteté, il faut reconnaître que la plupart des sociétés minières comptent déjà sur des activités hautement complexes de conception de scénarios. Il leur suffit donc d’élargir leur réflexion à la prévision d’événements plus extrêmes pour pouvoir y réagir. »

10.      La course à la réglementation la plus stricte

La loi du plus fort

Les sociétés minières n’échappent pas aux pressions des organismes de réglementation. Ces dernières années, cependant, les autorités nationales partout dans le monde ont enrichi leur arsenal, et l’industrie minière figure dans la mire d’un bon nombre d’entre elles.

Ces tendances inexorables accroissent les besoins des sociétés minières de revoir leurs procédures de conformité à la réglementation, une tâche particulièrement importante pour les entreprises qui investissent dans des collectivités réparties aux quatre coins du monde. Tout dépendant de la manière dont ces investissements sont structurés, les organismes de réglementation pourraient en effet les percevoir comme des potsdevin plutôt que comme des investissements légitimes.

Conclusion :

« Chaque année qui passe, les sociétés minières devront consacrer de plus en plus de temps afin de rehausser la qualité de leurs relations avec les administrations publiques et la communauté. Cet effort est beaucoup plus qu’un simple exercice de marketing. Les communautés souhaitent s’adresser directement aux dirigeants des entreprises et participer aux futurs projets de développement.

Les administrations publiques doivent comprendre le rôle que les sociétés minières joueront dans leurs sphères d’influence. Pour mériter leur permis d’exploitation, les sociétés minières doivent mobiliser les communautés locales d’une manière beaucoup plus intime qu’auparavant. »