Le fédéral doit imposer des déficits zéro à ces provinces

Cet article est intéressant, car il nous concerne.

À quoi, sert que le gouvernement fédéral se donne bonne apparence, en disant qu’il va atteindre un jour un déficit zéro, si les deux provinces les plus populeuses sont embourbés dans des déficits structurels.

Évidemment, nos journalistes canadiens ont toujours tendance à oublier la dette publique totale canadienne, qui est environ 1.1 trillions, elle est fondamentale, car il n’existe qu’un seul payeur à la fin, le peuple canadien.


Extrait de : Déficit zéro pour les régions ?, Isabelle Mouilleseaux, La Chronique Agora, Mardi 31 janvier 2012

Déficit zéro pour les régions ?

 "L'Espagne veut imposer un déficit zéro à ses régions, sous peine de sanctions".

C'était l'un des gros titres de L'Agefi d'hier... un titre qui m'interpelle. Voici pourquoi.

Stoppez l'hémorragie

Très fortement endettées, les régions espagnoles ont participé à hauteur des trois quarts du déficit budgétaire de l'Espagne en 2011. Dit autrement, 75% du déficit public du pays trouve ses racines au niveau régional.

N'oublions pas qu'un déficit public a en général deux sources majeures :

1.      le fonctionnement de l'Etat et

2.      le fonctionnement des collectivités locales.

Le premier se finance surtout sur les marchés financiers (émissions d'obligations), les collectivités se financent plutôt par le crédit bancaire.

Le constat du gouvernement espagnol est factuel et sans appel : à quoi bon se saigner au niveau national pour réduire le déficit, si au niveau local l'hémorragie des dépenses se poursuit...

Évidemment, elle a raison, donc, il faut que les provinces soient capables de résorber leurs déficits, sans toucher l’économie réel, tel que la compétitivité, un jour ou l’autre, ils vont être obligés d’imposer des programmes d’austérités, dans le secteur public qui est obèse et non efficace.

Vous remarquerez, que j’ai bien spécifié sans toucher l’économie réelle, M. Charest en refusant de réduire ces dépenses, a juste détruit un peu plus la compétitivité de nos entreprises et la richesse de son peuple.

Augmenter les taxes de tous bords n’aide en rien la richesse de son peuple, déjà elle est très mal en point, il y a juste enfoncé le clou plus profond dans le cercueil, préférant satisfaire son corps électoral que d’imposer efficacité et imputabilité dans son secteur public.

J'en profite pour faire une parenthèse...

Voici un point essentiel qui, de mon point de vue, s'applique à tout projet, quel qu'il soit. Qu'on parle de politique européenne, de gestion d'Etat, de stratégie d'entreprise, ou plus près de vous de projet professionnel ou personnel :

Un projet n'est viable et n'a de chance de réussir
que s'il est doté d'une cohérence globale.

Dit autrement, si toutes les personnes qui font partie de votre projet ne "rament" pas dans le même sens, votre projet est voué à l'échec ; un projet ne peut réussir que si toutes les parties prenantes y adhèrent et l'acceptent. Mieux : le font leur. De même, à un niveau strictement personnel votre projet personnel n'aboutira que si vos valeurs (au fond de vous-même) sont en cohérence avec votre objectif.

Mais revenons à l'Espagne.

Un premier pas...

Cette nécessité de "cohérence globale", les Espagnols sont en train d'en prendre conscience... C'est aussi cette cohésion globale, cette capacité à unir ses forces autour d'un projet, qui fait la réussite de l'Allemagne et de ses entreprises.

La grande différence entre les deux pays, est que pour l'instant le pouvoir central espagnol semble vouloir imposer la règle d'or à ses régions. Approche top-down... En Allemagne, le résultat sera obtenu par discussions, négociations, concessions et consensus. Cette méthode a ma préférence, de loin.

Et la France dans tout cela ?

Ne devrions-nous pas nous poser la question que se posent les Espagnols ? Car la France est dans la même situation : nous avons de nombreuses régions exsangues, embourbées dans la dette. Qui payera en cas de défaut d'une collectivité ? L'Etat, c'est-à-dire nous. Vous.

Sans aller jusque-là, le pouvoir central et les pouvoirs régionaux sont-ils capables d'intelligence politique pour ramer dans le même sens et faire avancer le pays tout entier ? Ou la politique politicienne et la recherche du pouvoir primeront-elles ?

La question se pose aussi au niveau national. En France, il n'y a pas de débat politique constructif, il n'y a que confrontation politique. La situation actuelle de la France nécessite une véritable révolution des mentalités des politiques, l'intérêt national devant primer sur l'intérêt du politique.

Soyez, assurez-vous, vous n'êtres pas par les seuls, ajouté une population
qui accepte les programmes d'austérités, tant aussi longtemps que le
paradigme s'applique (tous, sauf dans ma cour), situation parfaite
pour atteindre l'immobilisme total.


Extrait de : L'Espagne impose un déficit zéro à ses régions sous peine de sanctions, Par Isabelle Birambaux, à Madrid, L’Agefi, le 30/01/2012

Madrid menace les communautés autonomes d'intervention si celles-ci ne respectent pas une «règle d'or» pour limiter leurs dépenses

Les régions espagnoles seront obligées de respecter les limites du déficit établies dans la Constitution espagnole en septembre dernier sous peine de sanctions. Telle est la décision établie dans un avant-projet de loi sur la stabilité budgétaire des administrations publiques approuvé aujourd'hui en Conseil des ministres.

Les régions espagnoles qui ne respectent pas l'obligation de déficit zéro avant 2020 devront ainsi payer auprès de l'Union européenne des sanctions s'élevant à 0,2% de leur PIB.

Adoptée en septembre dernier, la règle d'or de stabilité budgétaire intégrée dans la Constitution avait fixé à 0,4% du PIB la limite de déficit structurel pour toutes les administrations publiques. Cet avant-projet de loi oblige donc les régions à juguler leur déficit d'ici à 2020. Fortement endettées suite à l'éclatement de la bulle immobilière, elles afficheraient un déficit situé entre 2,3% et 2,4% du PIB, soit bien au-dessus du taux de 1,3% fixé pour 2011. Les régions auraient constitué les trois quarts du dérapage du déficit public de l'Espagne l'an dernier, attendu à plus de 8% contre un objectif initial de 6%.

«Nous sommes le seul pays de la zone euro à avoir adopté une loi de cette nature et procédé à une réforme de sa constitution. C'est la seule facon de surmonter cette crise, de reprendre le chemin de la croissance et d'accéder aux financements dont a besoin notre économie», a indiqué Cristobal Montoro, ministre de la Fiscalité et des Administrations publiques.

Enrique Perez Hernandez, professeur d'économie, explique que l'obligation d'équilibre budgétaire sera accompagnée de trois mécanismes de correction:

«Les dépenses publiques espagnoles ne doivent pas être supérieures au PIB, la dette publique ne devra pas dépasser 60% du PIB et si ces règles ne sont pas respectées, il y aura des sanctions» qui devraient s'élever à 0,2% de leur PIB. «C'est une facon de dire aux créanciers que l'Etat espagnol ne va jamais permettre une faillite des régions».

Ces dernières devront désormais obtenir le feu vert du gouvernement central pour approuver leurs budgets et des inspecteurs seront envoyés dans les administrations territoriales en cas de non-respect de ces seuils. Ces mesures ont fait monter au créneau certaines communautés autonomes, comme la Catalogne, qui possèdent de larges compétences notamment en matière d'éducation et de santé

Au Canada, nos provinces sont responsables de la santé et de l’éducation, deux ministères où les coûts sont hors contrôlent par rapport au revenue de le la province, tant aussi longtemps qu’on va jouer à l’autruche aussi bien de la part du fédéral et du provincial, et on refuse de regarder le problème dans son ensemble, on n’attaquera pas les problèmes d’efficacité et d’imputabilité de ces deux ministères.