Alcan un simple squelette de lui-même

Pauvre Alcan elle se fait drôlement malmenée, elle est vendue à la pièce, car ça s’insère mal dans le modèle d’affaire de Rio-Tinto.

En fait Rio-Tinto c’est un gros extracteur de fer, rien de compliquer, on creuse et on exporte et avec une marge bénéficiaire d’au moins 30 à 40%, car ils ont un quasi-oligopole avec BHP.

Évidemment, nous n'avions pas un ministre Brad Wall comme la Saskatchewan, le ministre est devenue un héros populaire en se mettant en travers du chemin le gouvernement Harper et des élites économiques ontariennes pour empêcher la vente de la société Potash Corps à des intérêts australiens, et, il a gagné sa bataille, pour protéger les intérêts de sa province et de son peuple.

Tandis que, Charest était tellement empêtré avec ces scandales de la construction et les financements douteux de son parti, qu’il n’a même pas levé le petit doigt pour empêcher la transaction.

Oui, bravo, pour la mondialisation, car M. Tom Albanese avait eu tellement de pression de ces actionnaires pour qu’ils achètent quelques choses ou sans cela qu’il distribue ces dizaines de milliards de profit en dividende, pourquoi pas Alcan !

On voit, le beau résultat, un Alcan qui était un fleuron du Canada, est devenu un simple squelette de lui-même.

Petit conseil aux gens d'Alma, ne soyez pas trop intransigeant, ça ne prendrait pas grands choses pour trouver n’importe quelle une excuse pour fermer l’usine, un conseil avisé.


Extrait de : Rio Tinto regrette encore l'achat d'Alcan, Hélène Baril, La Presse, 17 février 2012

Quatre ans après avoir acheté Alcan, Rio Tinto a encore des raisons de regretter d'avoir payé très cher pour se faire une place dans le secteur de l'aluminium.

Rio Tinto Alcan a fini la dernière moitié de l'exercice 2011 avec un petit profit d'exploitation de 63 millions US. Pour l'exercice complet, la division aluminium affiche un profit de 442 millions US, en baisse de 28% par rapport à l'exercice précédent.

Cette performance se compare à des profits de 12,8 milliards US de la division du fer, en hausse de 26%.

Une radiation de 8,9 milliards US inscrite à la fin de 2011 sur la valeur d'Alcan a fait plonger Rio Tinto dans le rouge pour la dernière moitié de l'exercice et forcé le président et chef de la direction, Tom Albanese, et le responsable des finances, Guy Elliott, à renoncer à leurs primes annuelles.

C'est la deuxième fois que Rio Tinto doit radier la valeur d'Alcan, si bien que l'entreprise achetée pour 38 milliards ne vaut plus aujourd'hui que la moitié de cette somme dans ses livres.

Une telle dévaluation pourrait ressusciter l'intérêt de la concurrence pour ce qui reste d'Alcan au sein de Rio Tinto, estime Yvan Allaire, président du conseil de l'Institut pour la gouvernance des organisations publiques et privées et professeur de stratégie.

Alcoa, notamment, dont la première offre d'achat pour Alcan avait conduit à la surenchère de Rio Tinto, pourrait tenter une autre approche auprès de Rio Tinto.

Encore faut-il que le géant minier regrette assez cette acquisition pour vouloir la revendre si rapidement. «Ils regrettent surtout le prix qu'ils ont payé», estime Yvan Allaire.

Toujours dans les plans

Selon lui, Rio Tinto s'est remis à investir dans sa division aluminium, notamment dans l'expansion de l'usine de Kitimat en Colombie-Britannique, ce qui indique qu'elle s'y intéresse toujours.

Aussi, l'aluminium étant un produit moins cyclique que les métaux de base, l'acquisition d'Alcan apporte une certaine diversification à Rio Tinto, estime-t-il.

En même temps, Rio Tinto a pris les grands moyens pour augmenter la rentabilité de Rio Tinto Alcan. Elle a commencé par se départir de toutes les activités d'emballage et de fabrication pour se concentrer uniquement sur la production de bauxite, d'alumine et de métal primaire.

Rio Tinto a aussi annoncé son intention de vendre ou fermer toutes les usines du secteur de l'aluminium dont la rentabilité lui paraît insuffisante. Au total, 13 mines, raffineries et alumineries ont été sorties du bilan de Rio Tinto en attendant de connaître leur sort.

Le géant minier s'est également donné comme objectif de doubler la marge bénéficiaire brute de sa division aluminium, pour la porter à 40%. Yvan Allaire estime que c'est ambitieux, mais possible. La performance d'Alcan, avant d'être avalée par Rio Tinto, était de cet ordre-là, selon lui.

Une perte pour le Québec

Rio Tinto a de bonnes raisons de regretter l'acquisition d'Alcan, le Québec aussi. Ce qui reste d'Alcan n'a plus rien à voir avec ce que l'entreprise était avant son acquisition. Le professeur Allaire estime que le Québec a perdu au change, notamment un siège social important et les activités qui gravitent autour.

La division aluminium de Rio Tinto est aussi en concurrence avec les autres activités beaucoup plus rentables de Rio Tinto, dans le fer et le cuivre surtout, pour obtenir du capital de développement. «Tous les projets qui auront pour effet de réduire les coûts obtiendront l'intérêt du siège social», prévoit-il.

Pour le reste, c'est moins sûr.