Canada : 1 454 milliards, en 2010, il paraît qu’il faut s’en réjouir !

Voici un exemple classique d’un économiste qui regarde un arbre sans regarder l’ensemble du problème, c’est chiffre son juste, mais il faut ajouter certaines nuances.

Dans cette analyse, il examine la dette publique du G7 et le Canada semble être le plus faible.

Un jour on a demandé à Nouriel Roubini que pensait-il de la dette canadienne par au rapport au G7 ?

Comme toujours avec un sens humoristique, il a fait l’analogie comme suit :

C’est comme une famille qui a du linge sale,
celle du Canada est moins sale.

Nouriel Roubini même si on le surnomme M. Doom :

·        A une qualité première c’est d’avoir une excellente analyse de synthèse, ce qui donne une bonne approximation de la situation économique actuelle et future.

·        J’aime mieux avoir un économiste qui est plus pessimiste que me trouver un économiste jovialiste et tout me pette en pleine face.

·       Deuxième qualité qu’il possède, c’est qu’il est indépendant financièrement, donc moins influencés par son employeur ou les clients qu’ils desserts.

Donc, examinons cet article, ne pas oublier que notre économiste travaille pour une banque, ils ont souvent tendance à avoir des lunettes roses.


Extrait de : L'endettement public canadien est le plus faible du G7, Rudy Le Cours, La Presse, 09 février 2012

Les avoirs financiers du système public de pensions réduisent considérablement la dette nette du Canada qui est de fait, et de loin, la plus faible des pays du G7.

Telle est la conclusion de Marc Pinsonneault, économiste principal à la Banque Nationale, après avoir homogénéisé les données canadiennes des comptes nationaux et comparé à celles des autres pays du G7.

La prise en compte des déficits des caisses de retraite des employés de l'État gonfle de 240 milliards de dollars la dette brute totale d'Ottawa, des provinces et des administrations locales pour la porter à quelque 1695 milliards. «Ainsi exprimée, la dette brute du gouvernement central ou celle de l'ensemble des administrations publiques du Canada sera surestimée par rapport à celle des pays où le passif net des caisses de retraite des employés de l'État n'est pas inclus dans le calcul», précise l'économiste.

En fait, il a raison, beaucoup de pays n'osent même pas parler de déficit
actuariel des fonds de pension dans leurs dettes, car ça déclencherait
une panique sur le marché obligataire.

Le cas de l’Allemagne en est un exemple

L’énorme dette cachée de l’Allemagne.

La majeur partie des dépenses prévues pour les retraités, les malades et les personnes dépendantes ne sont pas inclues dans le calcul.

L'Allemagne serait donc endettée à hauteur de 185 % de son produit intérieur brut et non pas 83 % comme officiellement annoncé. (1)

Par contre, les déficits actuariels sont souvent sous-évalués par rapport à la réalité économique, tel que faire des projections de rendements 7 à 8 %, quand les véritables rendements se situent 3 à 4%, donc, il y a une certaine fumisterie avec le montant de nos déficits actuariels.

States have over promised, under invested, overestimated rates of return and are now losing money in generally weak market conditions. Worse is going to come; after years of pandering, denial, evasion and distortion, some ugly truths can no longer be ignored.

The Boomers will not get all the pension payments they expect; other generations will pay more toward those reduced Boomer pensions than they want to pay or think is fair. None of this will be pretty, and there are no easy solutions to be found.(2)

The federal government’s net pension obligation under the fair-value approach stands at almost $208 billion – some $65 billion larger than reported in the Public Accounts; to keep pace with benefit accruals and stop the gap from growing, contributions in the latest fiscal year would have had to be almost double what was actually paid in.(3)

Comme il ne lui a pas été possible d'obtenir le montant de ce passif pour les autres pays, il l'exclut donc de la dette brute canadienne aux fins de comparaison. La dette brute est ainsi ramenée à 1454 milliards, en 2010. 

Elle équivaut à 85,1% de la taille de notre économie, ou de son produit intérieur brut (PIB). Aux États-Unis, c'est 94,2%, dans la zone euro 92,9% et, pour l'ensemble de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), 97,9% en moyenne.

Pour poursuivre l'analyse, M. Pinsonneault exclut de la dette brute de tous les pays comparés, la valeur de leurs avoirs financiers.

On obtient ainsi la nette dette.

Pour bien mesurer celle du Canada, toutefois, il faut tenir compte de la spécificité de son système public de retraites. Le Régime de pensions du Canada et le Régime des rentes du Québec (RPC-RRQ) sont capitalisés.

Leurs engagements envers les retraités présents et futurs n'augmenteront pas le fardeau fiscal. «Dans la majorité des pays, le système public de pensions utilise les cotisations des employés et des employeurs pour financer les paiements courants aux retraités», précise M. Pinsonneault.

Alors, ici, il a tendance à déraper, on a juste à remarquer les hausses constantes des employeurs et des employés pour le RRQ.

Avec le vieillissement de la population, ces cotisations ne suffiront plus dans quelques années. Ainsi, les premières données du Recensement 2011 nous ont appris hier que la population canadienne avait augmenté de 5,9% de 2006 à 2011, soit la hausse la plus forte du G7. La hausse n'est que de 2,8% en France, elle est nulle au Japon. En Allemagne, il y a même eu baisse de 0,8%.

Contrairement aux caisses de retraite des employés de l'État qui ont un passif net, les RPC-RRQ ont plutôt un avoir net de quelque 190 milliards qu'il faut soustraire de la dette nette aux fins de comparaisons internationales.

On constate ainsi que la dette nette des administrations publiques représente 30,4% du PIB au Canada, mais 52,2% en Allemagne, 53,9% au Royaume-Uni, 58,9% en France, 68,4% aux États-Unis, 98,6% en Italie et 116% au Japon. La moyenne de la zone euro est de 58,5%, celle de l'OCDE, de 58,1%.

Pour avoir une meilleure vision d'ensemble, l'économiste soustrait le ratio de la dette nette sur le PIB de celui de la dette brute. Il obtient ainsi le poids des avoirs financiers de l'État. Le plus lourd est au Canada avec 55,1%, comparativement à 25,8% aux États-Unis, 34,4% dans la zone euro et 39,8% dans l'OCDE.

«Les autorités canadiennes sont en mesure d'affirmer que l'endettement des administrations publiques au Canada est le plus faible parmi les pays du G7», démontre M. Pinsonneault.

Le seul problème avec le raisonnement de M. Pinsonneault, c'est qu'il assume que les régimes de prestations déterminées vont être payés dans leurs totalités, mais, malheureusement ce sont tous des modèles Ponzi, y compris celle du Canada.

Dans les faits, on le voit déjà, les pays qui s'approchent de l'insolvabilité renégocient les promesses, comme les prestations accordées et les avantages des futurs cotisants.

Donc, nos politiciens sachant très bien que ce sont des promesses insolvables
et quand le marché leurs dits, «ça suffit les vacances, » les promesses sautent.

En examinant sérieusement les pays du G7, ils sont tous sur le bord de l'insolvabilité.

1.      Les États-Unis impriment de l'argent pour payer les comptes-courants.

2.      Le Royaume-Uni est à son 3e QE, le plus taux de chômage et pauvreté jamais enregistrée.

3.      La France qui est en fait un gros modèle Ponzi, 36 ans de déficit budgétaire.

4.      L’Italie n’est plus capable de vendre ces bonds sur le marché, sauf par l’entremise de ces banques qui ont eu du crédit facile par la BCE.

5.      L'Allemagne qui se comporte comme la Chine, mais en Europe, avec une balance commerciale positive parce que les pays européens ne sont pas assez compétitifs et à tout moment l'euro risque d'éclater du à cette trop grande différence de compétitivité.

6.      Et le Japon qui va avoir tellement de petits vieux, que ça va être un centre d'attraction pour personne âgée seulement.

Oui, je d'accords, notre linge sale est moins sale que les autres, mais on a des foutus problèmes économiques quand notre voisin de proximité se comporte comme une future Chine.

Donc, ça ne sera pas rose non plus, pour les Canadiens.

Évidemment, si notre économiste avait écrit de tel propos, il ne serait plus employé à la Banque Nationale.