Écarts de revenu des Québécois selon différents quintiles

On entend souvent dire que le Québec fait relativement mieux que les autres provinces au bas de la distribution des revenus. Est-ce bien le cas? Par ailleurs, que dire des ménages se situant au milieu et en haut de la distribution?

DISTRIBUTION DE L’ÉCART NET D’IMPÔTS ET TRANSFERTS AVEC LE QUÉBEC SELON LE QUINTILE DE LA DISTRIBUTION DES REVENUS EN 2009

Prospérité2012-8

Les données présentées au tableau 5 portent sur le revenu après impôts et transferts (provinciaux et fédéraux) et ajusté au coût de la vie. Ce revenu est celui qui est le plus directement relié aux possibilités réelles de consommation.

Vis-à-vis des provinces les plus riches, la bonne performance relative du Québec s’arrête cependant aux 20 % les plus pauvres de ses citoyens.

Pour l’ensemble des autres quintiles de la distribution des revenus, soit pour 80 % de la population, le Québec se fait distancer. En outre, le retard du Québec croît au fur et à mesure que l’on avance dans l’échelle des revenus. Cette situation est préoccupante à plusieurs égards.

Ensuite, sachant que la majeure partie des impôts est payée par les ménages appartenant aux quintiles les plus élevés de la distribution, cela illustre parfaitement le problème fiscal auquel est confronté le gouvernement du Québec.

Évidemment avec des impôts les plus régressifs, on ne motivent pas les jeunes,
qualifiés, rêvant d'avenir de rester au Québec.
 

En quête de travail ou de perspectives de carrière, entre deux diplômés d'université au chômage, c'est le plus qualifié qui émigrera, celui qui reste sera le moins aventureux,
le moins expérimenté, le moins qualifié.

Les élites bien formées sont parmi les contribuables les plus susceptibles de payer des impôts élevés. En quittant le Québec, elles ne vont donc pas arranger
les affaires de l'État.

À plus long terme, le départ des plus qualifiés menace la croissance en
portant préjudice à toute la richesse collective.

Migration Québec - 2

Devant l'impasse économique qui se présente, on risque comme en Espagne et en Grèce d'avoir une sérieuse augmentation du solde migratoire, car les jeunes vont voter avec leurs pieds, augmentant ainsi le % du nombre de personnes à charge, par rapport à ceux qui génèrent des revenus.

CONCLUSION

Par rapport au reste du pays, le Québec a donc un réel problème de revenu et ce problème a des conséquences tout aussi personnelles que collectives. Ce problème de revenu a notamment pour causes une productivité du travail déficiente, laquelle se reflète dans une rémunération horaire plus faible, ainsi que dans un nombre d’heures travaillées par emploi moins élevé que dans les autres provinces. Le Québec doit donc débattre sérieusement de ses manières de faire qui ont pu concourir à créer une telle situation. À défaut d’engager sans tabou ce débat, le Québec pourrait malheureusement courir le risque de se retrouver un jour au dernier rang des provinces canadiennes en ce qui concerne le revenu et le niveau de vie de ses citoyens.

Il est encore gentil, mais devant plus de 244 milliards de dettes publiques, avec une
province qui s’appauvrit chaque année, on va frapper le
mur avant 10 ans.

Donc, c’est le marché obligataire qui va nous frapper, et vous n’avez rien vus.

Et vive l’État-Providence dans toute sa splendeur et dans sa décadence.