La naissance d’un(e) Chef politique idéal

Texte de Michel Pagé publié par Québec Droite


La naissance d’un(e) Chef  politique idéal; la résolution de l’ambiguïté de l’option souverainiste ; et l’arrimage de conditions gagnantes à la progression d’une société nationale viable et prospère…

·         La somme des problèmes est telle que le Québec et le Canada-français hors-Québec ne peuvent que difficilement se maintenir vitalement au-delà du seuil d’anglicisation de Montréal et de la région Hull/Ottawa résultant de la gestion du MICC et de la question linguistique du gouvernement du PLQ et de la politique d’immigration anglo-conforme du gouvernement canadien … Tout aura amené au bord d’une crise linguistique à Montréal et dans la région métropolitaine… Et un peuple fier se doit bien de réagir sainement… et espérer dans l’action concrète autre chose qu’une longue agonie…

Ces défis requièrent l’union des volontés, non la fragmentation des énergies… Le sens pratique et l’instinct de survie devraient guider à rechercher une cohésion constructive. Par pragmatisme, tout nationaliste progressiste devrait s’employer à avancer des consensus rassembleurs, non à rechercher d’autres invectives, d’autres querelles intestines...
... Ce climat d’invectives et d’entre-déchirements, fomentés ou entretenus,  de querelles stériles et de chicanes infantiles étend sur tout un labyrinthe de zizanies ... Les coups de gueule et de couteaux dans le dos, le peuple n’en veut plus. Ces attitudes et ces comportements ajoutent au cynisme ; et ils font de tous des perdants !

Plusieurs auront dénoncé les effets pervers du climat de dénigrements tous genres ; et  très positivement fait part de leurs souhaits d’une manière plus utile, plus positive de rechercher une résolution de situations de problèmes ( dont : http://www.vigile.net/Lettre-a-mon-vieil-ami-Vigile ; http://www.vigile.net/Vigile-ou-De-l-inintelligence, De l’inintelligence politique ; http://www.quebecdroite.com/2011/10/coalition-et-conscience-nationale.html : Attitudes positives et constructives, conditions à la solidarité et à la cohésion).

Ainsi, le Québec, l’ensemble de ses citoyens, a droit de retrouver une force politique "cohésive" constructive, urgemment. Un parti politique éclairé doit implicitement et clairement s’inspirer d’une conscience nationaliste progressiste qui attire et réunit par opposition au climat de chicanes qui repousse et éloigne tous les électeurs ou au sophisme des dernières années qui conduit au cynisme et à régression… 

Dans cette optique, je soumets trois éléments de réflexion :

1. Du chef et du leadership

Le « Chef » parfait, ça n’existe pas ; seul existe le désir de le parfaire.  Comment ? Par un soutien constructif dans l’épreuve, en cheminant en solidarité,  en halant en union vers un objectif de société. Ne jugez pas tant le chef que l’ensemble politique solidaire de sa mission profonde, que le peuple et sa capacité de croire en lui-même et d’agir dans l’intérêt du Bien commun…
De l’union de tous peut ressortir un corps sociétal fort qui fait office de chef fort, et de cette union naît le chef parfait, et en qui s’annulent les faiblesses des uns et des autres.  À la lumière de cette foi en quelque chose plus grand que soi, naît la lumière qui éclaire et fait apparaître un chef fort de toutes les forces réunies de tous et de chacun, au-delà des faiblesses de tous et de chacun lesquelles se transmutent alors en une forme distincte dont tirer avantage en tant que force créatrice…        .
           

2.  De la question pragmatique à savoir où va la politique québécoise  

 Les difficultés du PQ ( et éventuellement du CAQ, peut-on supputer) –à établir une union gagnante, à se libérer des querelles ouvertes, des dissensions et des coups de gueule ou de couteaux qui font fuir les gens de bonne volonté -  dépassent la seule question du chef. Ils découlent de la difficulté à définir un  projet souverainiste rassembleur et de l’incapacité à articuler un discours politique renouvelé  qui reflèterait les préoccupations concrètes des concitoyens; sans ne rien laisser tomber du devoir de gérance du gouvernement d’un peuple souverain qui se refuse à se laisser assimiler ou à se subordonner à la majorité anglophone…

À vrai dire, tout amène à conclure que dans le cadre confédéral - l’évolution démolinguistique régressive du Canada-français entre autres- seule une revendication autonomiste de la nation canadienne-française, dont le pôle d’attraction et l’élément moteur est le Québec, dans tous les domaines de juridiction influant sur la langue, la culture et l’immigration pourrait être de nature à mener à instaurer un régime juste et conforme à l’idée même de l’égalité entre deux nations, deux langues, deux cultures. À défaut, seule l’option de la souveraineté-association serait viable pour le Québec. Dans les deux cas, la gérance du gouvernement québécois se doit de gagner en cohérence, en qualité d’efficacité,  en sens moral  et toujours être guidée par l’idée supérieure que seule la conscience nationale ouverte (http://www.quebecdroite.com/2011/10/coalition-et-conscience-nationale.html ) peut conférer. Cette gérance, dans l’état actuel des choses, ne peut qu’être doublée de l’obligation d’opposer à la majorité anglophone et aux institutions fédérales une manière claire d’affirmer dans les faits et dans le domaine législatif l’autonomie ou la souveraineté ( l’autonomie pour les partisans du CAQ, et la souveraineté pour ceux du PQ et des fragments de la discorde) dans chacun des domaines précités; soit la politique linguistique, culturelle et d’immigration. Les contestations juridiques qui suivront ne pourront alors que se référer au ton de l’affirmation d’un peuple, d’une langue et d’une société distincte, qu’importe ce qu’on en dira, qu’importe ce qu’on nous fera[1]!

En aparté, et afin d’être bien clair, rappelons que :

·         le régime fédéral réunit dans son sein une dynamique normale de confrontations et de négociations : concertations ou affrontements sont possibles, ce sont deux faces opposées d’un même être nourri au même creuset. Ainsi le veut la Constitution canadienne, écrite et non-écrite; elle inscrit une dynamique de « give-and-take » et de déséquilibres évolutifs de pouvoirs et de juridictions provinciales et nationales…

·         ainsi, le statu quo professé par le parti libéral (PLQ) depuis quelques années ou la résolution de ne rien soulever qui puisse relever d’une affirmation autonomiste normale du CAQ constituent une sorte d’aveuglement coupable, qui au mieux peut conduire à une sorte de souffrance continue de la minorité, sans espoir de s’en libérer, hormis dans l’abdication de son identité …( ce qui pour le Coalition pour l’Avenir du Québec équivaudrait à substituer au  mot Avenir  un Destin final…)

… Redonner le Nord à un parti qui l’aurait perdu ou l’indiquer à un autre naissant qui aurait oublié que le système fédéral oblige la nation canadienne-française à  des revendications autonomistes indispensables pour compenser le déséquilibre entre une majorité et une minorité...

L’un et l’autre ne peuvent, s’ils ont une âme, être utiles s’ils n’entretiennent pas leur conscience nationale de la force des marqueurs identitaires : la langue, la culture, le patrimoine et la culture religieuse judéo-chrétienne, l’Histoire; s’ils n’ont pas la lucidité nécessaire de comprendre viscéralement que la vitalité de la société distincte stable et viable ramène à un devoir de transmission de ces marqueurs identitaires à ses enfants, et aux nouveaux-arrivant engagés dans un processus normal d’intégration positive. 

3. La solidarité d’un peuple, son avenir

Que l’on soit de droite, de gauche de centre ou que sais-je?, au-delà des ambivalences et des faiblesses, les citoyens retrouveront bien la farouche fierté de dire qu’au Québec rien ne doit mourir, tout doit se perpétuer, et  de  transmettre : langue, culture religieuse, culture, coutumes, patrimoine, courage… ; et qu’ils sauront inviter inclusivement les nouveaux arrivants au défi d’un avenir valeureux en français… ; sans annihiler les valeurs qui ont marqué leur Histoire du sceau de la résilience…

Car: « Un peuple qui n’a pas la conscience de transmettre sa langue, ses valeurs et son patrimoine est un peuple perdu, qui a perdu le Nord, littéralement ! " MP

En définitive

À relecture des options générales des partis  politiques, il semble donc que le PQ  (libéré de ses querelles et des ses entre-déchirements…)  constitue encore la voie de coalition la plus viable, le CAQ s’excluant de lui-même par son rejet arbitraire de la dynamique autonomiste normale et saine…


Michel Pagé

Montréal, janvier 2012-02-01MP

copyright



[1] Note : Vous avez juridiquement tort parce que vous êtes politiquement minoritaires. » Cette citation de Saint-Just s'est appliquée pendant des siècles sur le mode suivant : « Vous avez tort, parce que vous êtes spirituellement minoritaires. » Le rapport de forces entre le pouvoir papal et ses ouailles est ainsi jalonné de querelles théologiques tout autant que de martyrs. Lorsqu'en 1209, les croisés massacrent les cathares, soit quelque 20 000 hommes, femmes et enfants, y compris en les achevant dans les églises où ils croyaient se réfugier, le légat Amaury aurait eu cette injonction tristement célèbre [.réf. Les hérétiques le 01/03/2003 par Historia dans Spécial n°82.]