Le déclin du système manufacturier Canadien (6)


Extrait de: ‘La concurrence américaine (2) : Est-ce la faute du huard ?’, Le blogue de Pierre Duhamel, 8 février 2012

Les beaux emplois créés dans les années 1990 ont disparu. En fait, on s’est aperçu que plusieurs de ces emplois étaient artificiels et reposaient sur un avantage strictement conjoncturel, c’est-à-dire une devise sous-évaluée. Dorénavant, pour concurrencer les manufacturiers américains, il faut être plus innovateurs et plus productifs, car nous jouons à arme égale avec un dollar canadien essentiellement à parité avec le billet vert.

C’est ce combat que nous sommes peut-être en train de perdre.

Depuis la fin de la récession, les entreprises américaines ont augmenté de 26 % leurs achats en achats d’équipements, rapportait un article du New York Times il y a quelques mois.

Que se passait-il au Canada et au Québec pendant ce temps ? Décontenancés par la montée rapide du huard et voyant leur profitabilité diminuer, les dirigeants d’entreprises manufacturières  ont diminué les investissements.

·         En 2008, les fabricants canadiens investissaient 19,9 milliards de dollars en immobilisations, matériel et outillage.

·         Ces investissements ont diminué à 14,3 milliards de dollars en 2009 pour remonter légèrement à 14,8 milliards en 2010.

·         Le même phénomène a été observé dans le secteur manufacturier québécois alors que les immobilisations et les achats de matériel et d’outillage, qui étaient de 4,1 milliards de dollars en 2008, ont chuté à 3,1 milliards de dollars en 2009 et à 2,8 milliards de dollars en 2010.

Maintenant, essayons d’expliquer, pourquoi les investissements privés diminuent à chaque année au Canada.

La raison est relativement simple :

Vous n’avez pas convaincu les entrepreneurs –exportateurs
que le climat d’affaires est approprié.

Quels sont les trois intervenants qui essaient normalement de motiver les investissements:

1.      Les économistes qui ressemblent à un chef cuisiner qui est en train d’écrire un livre de recettes sans n’avoir jamais goûté ces plats.

2.      Un politicien qui dépense l’argent et le crédit du peuple sans être imputable.

3.      Le journaliste qui est limité par ces propos éditoriaux à cause de son employeur.

Le problème à la base ce n’est pas vous, qui faites le chèque et allez dépenser des millions pour améliorer la productivité tout en étant responsable vis-à-vis de la banque, c’est nous !

Ces trois intervenants à tout le respect que je leur doit, non jamais créer de la richesse, tandis que l'entrepreneur est confronté régulièrement avec la compétition mondiale. Alors, il a drôlement une meilleure idée des difficultés qui se présente que l’ensemble de ces trois intervenants qui n’ont aucun risque à prendre.

M. les politiciens, ce que vous faites depuis des années, juste du bruit pour bien paraître devant la population, par contre, vous n'avez pas le courage politique pour régler les problèmes fondamentaux de la compétitivité canadienne et encore moins celle du Québec, qui lui est un cas foncièrement pathétique.

Ajouter celle de la mondialisation, qui à tout moment, on risque d'être confronté avec un ‘Copycat chinois' à 30 % de notre coût ou un produit américain d'aussi bonne qualité, mais moins cher.

Vous avez échoué lamentablement, c'est pour cela que les investissements privés diminuent chaque année, vous pouvez leurrer la population, mais pas l'entrepreneur, car n'oublions pas, il est le vrai générateur de richesse et connaît très bien les failles du système, alors pas de passe droite avec nous.

Tant aussi longtemps que le climat d’affaires ne sera pas sain, et c’est loin d’être évident, quand il n’y a plus de frontières, il y a beaucoup de situations que le pays n’a même plus le contrôle.

La mondialisation : une vraie boîte de Pandore s’est ouverte et personne n’a le courage de la refermer et comme le Canada est loin d’être concurrentiel, alors l’entrepreneur exportateur dit non. On est bien prêt à se battre, mais pas avec des dés pipés.

Par contre, on peut très bien faire comme certains entrepreneurs, jouer la carte de la délocalisation au maximum.

Celestica l'a très bien compris d'ailleurs, mais, malheureusement ça ne fait pas beaucoup d'emplois canadiens.

if you can't beat them, join them

Celestica, offshore success.

One-third of the Chinese workers at Celestica’s Suzhou plant are engineers, and the Canadian company has a research and design facility in Shanghai.

·           China’s manufacturing sector is quickly moving up the value chain.

·           China’s advantage over other manufacturers remains cost.

·           But local universities now produce more than enough qualified engineers to staff the plant.